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A l’Assemblée nationale, Jean Nouvel plaide pour la reconnaissance de l’architecte
L'architecte Jean Nouvel, ici fin 2013, a été auditionné par la mission d'information sur la création architecturale. - © © Milena Chessa

A l’Assemblée nationale, Jean Nouvel plaide pour la reconnaissance de l’architecte

M-D.A |  le 06/02/2014  |  nouvelArchitectureCommunicationCultureFrance

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Installée en décembre dernier, la mission d’information sur la création architecturale poursuit ses auditions et recevait, le jeudi 6 février au matin, le concepteur du musée du Quai Branly et de la Fondation Cartier ainsi que Catherine Jacquot et Denis Dessus, présidente et vice-président du Conseil national de l’Ordre. Une séance où il fut question autant de règlementation et de « règles sensibles ».

Lorsqu’il vient à l’Assemblée nationale, le lieu même de la fabrication des règles, Jean Nouvel interroge : « peuvent-elles, ces règles, être sensibles de temps en temps ? » Alors qu’il était entendu ce matin du jeudi 6 février par les membres de la mission d’information sur la création architecturale, l’homme est en effet d’abord venu défendre sa vision humaniste et contextuelle de la discipline et dénoncer un certain nombre de « diktats ».

Quelques minutes auparavant, cette nouvelle séance de la mission lancée en décembre dernier par la commission des Affaires culturelles et de l’Education de l’Assemblée avait permis à Catherine Jacquot, la nouvelle présidente du Conseil national de l’ordre des Architectes (CNOA) et à son vice-président, Denis Dessus, de lister méthodiquement l’ensemble des sujets d’inquiétude de la profession. Devant le président de la commission, Patrick Bloche, et les députés Sophie Dessus et Pierre Léautey, les représentants des architectes ont ainsi évoqué les conséquences des différentes lois récemment ou prochainement en discussion (ALUR, Métropoles, Patrimoine...), l’insuffisance de la formation continue, la question récurrente du seuil au-delà duquel il est obligatoire de faire appel à un architecte mais encore de la faible rémunération moyenne de ce dernier en France. « La moitié de nos confrères ont un revenu du niveau du SMIC », a ainsi noté Catherine Jacquot alors que les députés pointaient le paradoxe entre ces difficultés financières des maîtres d’œuvre et leur nombre, proportionnellement au nombre d’habitants, inférieur à la moyenne observée en Europe.

« Métier humilié »

Plus généralement, c’est le manque de reconnaissance de la profession qu’a fustigé Jean Nouvel estimant, avec lyrisme, que « c’est un métier humilié ». Rappelant son parcours, qui lui autorise « une certaine vue du paysage », il a alerté les députés sur une «évolution terrible : aujourd’hui on demande à l’architecte de dessiner une façade sur des principes préétablis. Je ne vois plus qui va défendre l’intérêt général. Il faut redonner à ce métier une vocation et un sens ».

Interrogé sur le poids des normes, Jean Nouvel a prédit que « dans 20 ou 30 ans, on détruira tous ces frigos avec des petites fenêtres, immeubles construits caricaturalement pour suivre les normes thermiques ». Il a souligné, notamment au sujet des règlements d’accessibilité, que « l’acte de construire suppose d’intégrer un certain nombre de paramètres contradictoires mais si on accumule l’ensemble des contraintes, tout est interdit ».

« Prix global »

Abordant la question qui fâche des coûts de construction, Jean Nouvel a rappelé son respect pour les entreprises du bâtiment – « c’est un métier noble » - avant de critiquer « le système des majors » et la « recherche de rentabilité maximale », en égratignant au passage le principe du PPP (Partenariat public-privé). Et l’architecte a plaidé pour la prise en compte du « prix global » : « il ne faut pas s’arrêter au seul coût de production mais intégrer d’emblée la durabilité des matériaux, l’économie en matière de chauffage sur le long terme, etc. Bref, il faut calculer le coût d’un bâtiment sur vingt ans. Ce serait la seule façon de permettre une application rapide des normes écologiques ».

Autant de sujets qui continueront d’être abordés, disséqués voire contestés lors des séances hebdomadaires de la mission qui va poursuivre ses travaux jusqu’au mois de juin prochain. La prochaine réunion, le 13 février, permettra d’entendre Patrick Colombier, le président du Syndicat de l’architecture, Jean François Chenais, son vice-président chargé du secteur social, Marc Dauber, son vice-président chargé de l’enseignement et de la recherche ainsi que Marie-Françoise Manière, la présidente de l’Union nationale des syndicats français d’architectes (UNSFA).

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