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A Grenoble, il y a autant de ruptures que de quartiers

Propos recueillis par Hubert Lempereur. Juillet 2007. |  le 01/09/2007  |  transportCollectivités localesArchitecture

Entretien avec Michel Destot, maire de Grenoble. Né en 1946 à Malo-les-Bains (59). Maire (PS) de Grenoble depuis 1995, Député de l’Isère depuis 1988. Président du Groupement des Autorités Responsables de Transport (GART).

Vous êtes ingénieur dans le domaine du nucléaire…

De formation, nul n’est parfait !

On connaît votre engagement en faveur du rayonnement scientifique de Grenoble. Mais on connaît moins le regard que vous portez sur l’architecture de votre ville.

La spécificité de Grenoble c’est avant tout d’être située à la croisée des vallées de l’Isère et du Drac, entre les massifs de la Chartreuse et du Vercors, ce qui a contenu son développement et rendu le foncier rare et cher. Par ailleurs, Grenoble est au fond d’une cuvette. Cumulé aux effets de la densité, cela pose de sérieux problèmes thermiques et de pollution, poussant plus qu’ailleurs à une politique vertueuse de développement durable. Parallèlement, Grenoble a connu un mouvement démographique important dans le contexte de son essor économique, scientifique et technologique. Grenoble a ainsi toujours couru après son développement. Aujourd’hui encore, il subsiste deux retards : en matière de logements – il en manque une bonne dizaine de milliers sur l’agglomération –, et en matière de désenclavement, notamment ferroviaire.

La politique grenobloise a pourtant été pionnière concernant la desserte en transports en commun.

Absolument. De même, on est une des communes dans laquelle il y a le plus d’équipements socio-éducatifs, sportifs, avec une densité exceptionnelle sur le plan associatif. Les observateurs sont toujours frappés par son dynamisme. Il y a même des gens qui, quand ils ne sont pas revenus depuis vingt ans, ne la reconnaissent pas : des lignes de tramway, des équipements, des quartiers nouveaux, des réhabilitations ambitieuses, etc. Le revers de la médaille, c’est que cela n’a pas toujours une grande unité.

Mais, c’est aussi une qualité…

C’est un peu comme dans un musée, à un moment l’art est contemporain, cinquante ans après il est moderne, et puis un siècle après il est ancien, eh bien il faudrait pouvoir visiter Grenoble avec un guide. On ne comprend pas Grenoble sans lecture historique. Quand vous allez à Bordeaux, à Toulouse, vous n’avez pas besoin de décoder. Paris est la plus belle ville du monde à cause de cela : vous pouvez la traverser, il n’y a que peu de rupture entre les quartiers. A Grenoble, il y a autant de ruptures que de quartiers. Je crois qu’il y a vraiment nécessité de retisser toute cette matière urbaine, de la remailler. Pour ce faire, on est parti, en anticipant sur la fameuse Loi SRU, avec l’idée qu’on ne peut avoir une unité, une cohérence territoriale, sans cohésion sociale. Et la politique de déplacement est la meilleure base pour essayer de retisser l’ensemble des quartiers. On a donc poussé sur le réseau de transports en commun en site propre, à travers le tramway, les bus, à travers toute une politique assez forte, pour qu’il n’y ait aucun quartier-ghetto, en tout cas pas parce que non relié aux autres et au centre. C’est de ce point de vue une chance de bénéficier d’une ville compacte. Grenoble est la troisième ville la plus dense de France, après Paris et Boulogne-Billancourt. C’est une ville de 160 000 habitants, au nœud d’une agglomération de 400 000, qu’on peut pratiquement traverser à pied !

Quel est le lien entre l’essaimage culturel, l’imaginaire propre d’un programme [...]

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