En direct

A Clichy-Batignolles, de nouvelles formes émergent

M. C. |  le 23/02/2018  |  ParisInternational

Conception architecturale -

Avec son parc urbain et les tours qui le bordent, le quartier Clichy-Batignolles à Paris (XVIIe ) a comme un petit air de Central Park à New York. Petit, car une différence de taille les distingue : la hauteur de ses immeubles de logements. Outre-Atlantique, elle culmine actuellement à 425 m, tandis qu'à deux pas du périphérique, elle est plafonnée à 50 m. François Grether, architecte- urbaniste de ce morceau de ville de 54 hectares, se souvient avoir travaillé sur deux projets d'aménagement, l'un à 37 m - le gabarit parisien -, l'autre à 50 m. « A densité et programmation égales, les deux étaient praticables, compare-t-il. Toutefois, en montant, les silhouettes devenaient moins massives, plus aérées. On gagnait aussi de la distance entre les bâtiments, des vues et des ouvertures sur le ciel. » « Nous ne voulions pas reproduire un quartier de tours rectilignes comme le XIIIe arrondissement des années 1960-1970, mais comportant des “émergences” qui allaient progressivement chercher la hauteur », précise Catherine Centlivre, responsable d'opérations au sein de Paris Batignolles Aménagement (PBA). Contrairement à la partie est du parc Martin-Luther-King, le secteur ouest a fait l'objet d'un atelier de conception afin d'as-surer une cohérence architecturale d'ensemble. Pour la première fois, toutes les équipes de maîtrise d'ouvrage et de maîtrise d'œuvre ont collaboré.

« Les immeubles y sont tous différents, mais ils jouent une même partition », estime Jean-François Danon, directeur général de PBA. Aujourd'hui, sept tours redessinent la skyline de ce quartier du nord-ouest de Paris, entre l'ancien tissu haussmannien et le tout nouveau palais de justice qui grimpe à 160 m. Leurs livraisons s'échelonneront d'ici à la fin de l'année, excepté pour la pointe sud qui attendra 2019. En tout, 3 400 logements auront été construits (50 % d'habitat social, 30 % en accession et 20 % en loyers maîtrisés). Et les étages les plus élevés ne seront pas réservés aux plus fortunés.

Des surprises à tous les étages. A chaque lot son binôme d'architectes et sa vision de l'immeuble d'habitation en hauteur. L'équipe TVK/Tolila + Gilliland propose trois émergences en béton de 50 m - avec toit-terrasse à 28 m - autour d'un jardin arboré. « Les tours peuvent être mal perçues quand elles se répètent d'étage en étage, souligne l'architecte Antoine Viger-Kohler. Notre équipe a donc réfléchi à un changement d'état progressif entre le sol et le ciel pour offrir différentes perceptions des bâtiments dans le paysage proche et lointain. » Ce principe a été décliné en trois modèles : le « plissé » avec ses façades en accordéon, le « twisté » avec ses loggias décalées, et enfin le « ciselé » avec ses sous-faces de balcons en pointes de diamant. Les futurs occupants adopteront peut-être ces surnoms pour indiquer où ils habitent…

Dans la même volonté de non-répétition, le duo AAVP/Aires Mateus a joué sur la « surprise » à tous les étages de leurs « fausses tours » blanches et noires. De petites maisons s'imbriquent ici ou là dans l'exosquelette en béton. Les poteaux des balcons ne sont pas alignés d'un niveau sur l'autre, et de profondes failles s'intercalent entre les volumes. « Tous ces dispositifs brouillent la lecture du bâtiment, fracturent sa masse et lui donnent une échelle à la fois urbaine et humaine », souligne l'architecte Vincent Parreira.

Les agences Itar et Fresh ont, elles, « mis le paquet sur les espaces privatifs extérieurs », selon l'architecte Ingrid Taillandier. Il faut dire que depuis toutes ces tours, à tous les étages, le panorama sur le parc, la colline de Montmartre et les principaux monuments de Paris est unique. Dans celle conçue par le tandem, les séjours se prolongent à l'est et à l'ouest par des balcons biseautés dont la disposition en quinconce laisse le ciel dégagé pour le voisin du dessous. Un barreaudage en aluminium doré filtre les regards indiscrets, freine le vent et atténue la sensation de vertige. Les appartements d'angle bénéficient d'une vaste baie vitrée avec un rebord où s'asseoir. Selon Ingrid Taillandier, « habiter en hauteur, c'est être en relation directe avec le grand paysage ».

PHOTO - 11586_711506_k2_k1_1694531.jpg
PHOTO - 11586_711506_k2_k1_1694531.jpg
PHOTO - 11586_711506_k3_k1_1694533.jpg
PHOTO - 11586_711506_k3_k1_1694533.jpg
PHOTO - 11586_711506_k4_k1_1694534.jpg
PHOTO - 11586_711506_k4_k1_1694534.jpg

Commentaires

A Clichy-Batignolles, de nouvelles formes émergent

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Presse - Vente au n°

Prix : 37.00 €

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookiesOKEn savoir plusX