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A Bure, les ingénieurs creusent les techniques d'enfouissement des déchets nucléaires
Un essai de scellement « pleine échelle » à base de bentonite, réalisé dans le cadre des expérimentations menées par l'Andra. - © © ANDRA

A Bure, les ingénieurs creusent les techniques d'enfouissement des déchets nucléaires

Anthony Laurent |  le 28/04/2017  |  Conception-réalisationTravaux sans tranchéeSoutènementEnergieMeuse

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Plusieurs méthodes d'excavation et de soutènement des galeries sont testées à 500 m sous terre. Objectif : créer un centre de stockage unique au monde.

S'en remettre à la géologie pour gérer les déchets nucléaires les plus dangereux. Telle est la raison d'être du projet de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) qui devrait voir le jour à l'horizon 2025 à la limite des départements de la Meuse et de la Haute-Marne. Pour concevoir et construire cette installation sans équivalent dans le monde, l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) procède, depuis janvier 2007, à plusieurs expérimentations techniques par 500 m de profondeur. L'objectif de ce laboratoire souterrain, situé sous les communes de Bure et Saudron ? Evaluer les propriétés de confinement et le comportement de la roche hôte - de l'argilite, mélange d'argile et de quartz, datant de 160 millions d'années - et tester, in situ , plusieurs méthodes de creusement et de soutènement. Pour cela, un réseau de 1,6 km de galeries expérimentales instrumentées - achevé à plus de 90 % aujourd'hui - est réalisé. Il préfigurera ce que seront les 250 km de galeries de Cigéo, qui s'étendront alors, à 5,5 km de là, sur une emprise souterraine gigantesque de 15 km2.

Confinement « multibarrière »

Autorisé, sous certaines conditions, par la loi relative à la gestion durable des matières et des déchets radioactifs votée le 28 juin 2006, le stockage des déchets nucléaires en couche géologique profonde repose sur le principe de la « multibarrière » : la roche hôte comme les structures de génie civil souterraines ouvragées ont pour fonction de confiner les déchets, tout en ralentissant au maximum la diffusion et la migration de certains radio nucléides dans le sous-sol, le temps que leur radio activité décroisse et devienne ainsi comparable à la radio activité naturelle. « Les propriétés physico chimiques de l'argilite offrent plusieurs avantages en termes de sûreté. D'une part, la très faible porosité de la roche induit des circulations d'eau extrêmement lentes, voire quasiment nulles. D'autre part, la composition chimique intrinsèque de l'argilite et celle de l'eau piègent naturellement certains radio éléments », indique Frédéric Plas, le directeur de la R & D de l'Andra.

A partir de 2025 et durant plusieurs milliers d'années, Cigéo abritera au moins 240 000 colis, soit plus de 85 000 m3 de déchets. Ils seront stockés, selon leur taux de radioactivité, dans différentes alvéoles (les espaces de stockage à proprement parler). Ainsi, les déchets de moyenne activité à vie longue (MAVL), issus du fonctionnement des installations nucléaires françaises, seront entreposés dans des alvéoles de 65 à 85 m2 de section pour 500 m de long. Les déchets de haute activité à vie longue (HA), produits du retraitement des combustibles. Les effets de la chaleur émise par les déchets sur la roche hôte, la composition des bouchons de scellement des galeries et des alvéoles, le risque d'incendie dû aux machines et aux équipements, la cogestion d'un chantier avec une zone nucléaire (lors de l'extension progressive de Cigéo) comptent parmi les autres interrogations que les ingénieurs s'efforcent de résoudre. « Nous travaillons véritablement dans un laboratoire. Nous avançons pas à pas, en nous enrichissant continuellement de nos retours d'expérience », conclut Frédéric Plas.

Maîtrise d'ouvrage : Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Maîtrise d'œuvre : Groupement Antea Group, BG Ingénieurs Conseils. Entreprise : Eiffage Travaux Publics. Montant : 973 millions d'euros.

25O km de galeries

1O millions m3 de déblais

85 OOO m3 de déchets stockés

1,6 km de galeries expérimentales

72 OOO m3 de déblais

Cet article est tiré du Moniteur du 28 avril 2017


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