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A Briançon, les friches militaires s’ouvrent aux entreprises
Aménagement de l'ancienne caserne Berwick - © © Cabinet Rovagna
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A Briançon, les friches militaires s’ouvrent aux entreprises

le 17/07/2013  |  TravailERPHautes-AlpesInternationalIsère

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L’étape du 17 juillet relie Embrun à Chorges. Cette année encore, le Tour ignore Briançon. Mais le Tour de France de la Construction y fait un détour. « Altipolis », une pépinière d’entreprises vient d’ouvrir ses portes dans un des bâtiments du quartier Berwick. Le chantier d’un hôtel d’entreprises va suivre dans ces anciennes casernes situées en plein cœur de ville.

Une pépinière et un hôtel d’entreprises dans une ancienne caserne : à Briançon (12 000 habitants), durement touchée par les restructurations militaires ces dernières années (départ du 159ème RIA à la fin des années 90, fermeture du Centre national d’aguerrissement en montagne en 2008), la Ville fait le pari de la redynamisation économique pour compenser la perte de 120 emplois directs (et à près autant d’emplois indirects) sur son territoire. Dans l’emprise de l’ancien quartier Berwick (10 ha de foncier tombés dans l’escarcelle de la ville avec le quartier Colaud suite à ces départs), la communauté de communes du Briançonnais, maître d’ouvrage, a inauguré le 12 juillet « Altipolis », une pépinière d’entreprise réalisée au terme de 18 mois de chantier et grâce à un investissement de 1,7 millions d’euros HT, financés grâce au contrat de redynamisation de site de défense (CRSD), passé avec l’Armée.

« Sur les 35 places offertes, 28 sont déjà occupées dont deux par des entreprises italiennes ; des porteurs de projets dans des secteurs très diversifiés que nous allons pouvoir accompagner » se réjouit le maire de Briançon, Gérard Fromm.

Un signal de forme ovoïde

Installée dans le « bâtiment 007 » de Berwick, cette pépinière sera aussi le signal du renouveau urbain et économique du site. Lauréat du concours lancé par la communauté de communes, l’architecte briançonnais Alessandro Rovagna (avec les bureaux d’études Batimetco, Alpes Energie et MG Concept) a en effet adjoint au bâtiment militaire existant et après démolition d’un autre bâtiment, une extension de forme ovoïde qui rompt avec l’architecture simple et austère du bâti militaire. « Cette silhouette qui s’élève symbolise la naissance et la croissance des entreprises qui s’établiront ici » explique-t-il. Réalisée sur une ossature bois, cette extension, qui a également été rendue nécessaire pour les régler les problèmes de sécurité et d’accessibilité de ces bureaux, est habillée de panneaux de zinc et servira à accueillir des salles de réunion collectives. « Malgré deux bâtiments de structure très différente, l’ensemble répond aux critères de la RT 2012 et sera éligible au label BBC » précise Alessandro Rovagna. Ainsi une chaudière à pellet bois permet de chauffer l’ensemble, des panneaux photovoltaïques en toiture de l’extension produisent de l’électricité, des brises soleil en façade permettent de gérer les apports solaires…

Un hôtel d'entreprises en ossature bois

Prochaine étape : la création d’un hôtel d’entreprises sur deux niveaux permettant de créer quatre ateliers, un bureau mutualisé et des bureaux loués à des entreprises. Relié par une coursive au niveau 1 de la pépinière, ce projet a été confié par la communauté de communes du Briançonnais, également maître d’ouvrage de cette opération, au cabinet Solea / Jérôme Voutier. Les travaux de ce bâtiment, qui sera une création neuve, en ossature bois, sont prévus en septembre 2013 et la livraison en juin 2014 (consultations des entreprises en juin-juillet 2013). Coût de cette opération : 1, 142 euros HT, un projet également financé dans le cadre du CRSD. Ces deux premiers aménagements du quartier Berwick préfigurent la transformation à plus long terme de ce quartier destiné, dans le cadre d’une ZAC en cours de mise au point par la ville, à accueillir un important programme de logements et d’équipements publics.

A l'occasion de l'étape Gap>Alpes d'Huez du 18 juillet, visitez le chantier de captage des eaux thermales, à Monestier-Clermont.









Francis Bernard-Reymond (Bernard-Reymond Matériaux, Gap) : chercheur de produits et de solutions techniques

    

Francis Bernard-Reymond, Bernard-Reymond Matériaux (Gap)
Francis Bernard-Reymond, Bernard-Reymond Matériaux (Gap) - © © BigMat




Le point de vente historique de Bernard-Reymond Matériaux, celui par lequel tout a commencé, est ouvert en 1941 dans une petite rue du centre ville de Gap, capitale des Hautes-Alpes (05), par Maurice et Léon Bernard-Reymond. On y vend du bois, du charbon, du fioul et un peu de matériaux. En 1968, l’affaire devient un pur négoce en matériaux. Elle est récupérée par Francis Bernard-Reymond, fils de Maurice, en 1978, déménage sur la zone artisanale de la ville en 1981 et passe sous pavillon BigMat en 1989. Voilà pour l’histoire ancienne, place à l’histoire récente.

Mais d’abord, ceci : Francis Bernard-Reymond, qui reprendra l’affaire derrière son père et son oncle, entre dans le commerce familial à 22 ans, après des études de commerce à Grenoble. A l’époque, le point de vente fait travailler quatre personnes. Il débute comme chauffeur et prend progressivement des responsabilités. Le métier lui plait, il a grandi dedans. Après le déménagement sur la zone artisanale de Gap, qui permet de multiplier par cinq la surface disponible (7000 m2), c’est lui qui aménage le dépôt et développe l’affaire. L’époque est propice, le bâtiment évolue bien : il pave la cour, crée un stock couvert, un libre-service de 600 m2, aménage un show-room Parquet Menuiserie de 300 m2 et un stock conséquent, nécessaire dans ce département géographiquement excentré, où les délais de livraison sont plus longs qu’ailleurs. Progressivement, le point de vente se spécialise en bois et bois-panneaux, secteur qui représente aujourd’hui 30 % du chiffre d’affaires. Mais vient le moment où il n’est plus possible de pousser les murs et où, l’espace, saturé, ne permet plus de développer et de progresser… Nous sommes en 2004 et Francis Bernard-Reymond ouvre un deuxième dépôt, à Châteauvieux, une commune située au sud de Gap, à quelques kilomètres seulement. Malgré tout, les zones de chalandise sont différentes, la ville séparant les deux dépôts, qui « travaillent » ensemble, d’autant que l’un – Châteauvieux – stocke pour l’autre, notamment les matériaux lourds et les produits de travaux publics.

C’est à cette époque-là que se produit l’inattendu. Alors que, la soixantaine passée, Francis Bernard-Reymond commence à se sentir un peu seul, sa fille Lucile, de retour du Québec où elle a décroché son diplôme d’HEC Montréal, lui fait part de son envie de travailler dans l’affaire familiale. « Je ne m’y attendais pas du tout. » Lucile commence par suivre la première promotion de la formation « Chef d’entreprise » de l’école BigMat. Depuis, père et fille sont associés – puisque Lucile rachète les parts des autres membres de la famille – et la succession est assurée. « Sans elle, j’aurais sans doute vendu. » A lui, les produits et le commerce, à elle la gestion financière et les ressources humaines. Ensemble, ils ouvrent le troisième point de vente Bernard-Reymond Matériaux à Embrun, entre Gap et Briançon. Inauguré en mai 2012, celui-ci emploie quatre personnes et abrite également un grand libre-service de 600 m2. De ce monde du bâtiment, Lucile dit qu’il sain et agréable. C’est une entrepreneuse : elle veut développer l’entreprise, qui emploie quarante personnes aujourd’hui, et « la faire vivre ».

Comment réussit-on dans ce métier ? C’est une question de passion, de contacts et de « ressenti du marché ». Bernard-Reymond Matériaux se différencie avec le service, comme beaucoup de BigMat. Ce métier, très polyvalent, ne consiste pas seulement à mettre en stock ce que les clients vont acheter : « Nous sommes des chercheurs. » Des chercheurs de produits et de solutions techniques.

Avec une vingtaine d’entreprises Francis Bernard-Reymond sponsorise le club Elite Hautes-Alpes présidé par l’ancien champion de ski et coureur automobile Luc Alphand. Sa vocation : promouvoir le département par le sport et suivre les jeunes sportifs vers une carrière nationale ou internationale. Ici, c’est la montagne, la neige, le ski… qui prédomine, et le tourisme, été comme hiver. Le département, qui compte 137000 habitants, n’est pas riche en industries. Les particuliers, et parmi eux les auto constructeurs, représentent au moins 40 % de la clientèle de Bernard-Reymond Matériaux. Bien sûr, il y a les artisans, mais aussi les agriculteurs qui complètent souvent leurs revenus en ouvrant un gîte.

Marianne Tournier

Pour en savoir plus, venez découvrir le Tour de France des régions BigMat sur http://www.letourbigmat2013.fr



 Retour au Tour de France de la construction 2013

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