En direct

A Bordeaux, ça marche !

bertrand escolin |  le 31/01/2014  |  Bas-RhinGironde

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Bas-Rhin
Gironde
Valider
Mobilités douces -

Le plus ancien des modes doux retrouve sa place dans la ville, comme l’a confirmé le colloque « Le piéton au cœur de la ville », qui s’est tenu à Strasbourg en octobre. Exemple avec Bordeaux, invitée aux débats.

Comme la plupart des grandes villes, Bordeaux a payé son tribut au « tout voiture » des années 1960 : rocade périphérique, voies sur berges au sud, quais transformés en autoroute urbaine, stationnement de surface sur toutes les places du centre-ville, quartier sur dalle (Mériadeck). La rupture entre les années Chaban-Delmas (député-maire de 1947 à 1995) et Juppé (maire depuis 1995) a des faces très visibles : restauration des quais, aménagements du tramway sur les deux rives de la Garonne, mais aussi, fait marquant, le retour massif des piétons en ville. « C’est une rupture culturelle qui a permis de développer, partout dans la ville, les espaces piétons, là où l’espace public était essentiellement occupé par la circulation et le stationnement », explique Michel Duchène, adjoint au maire chargé de la prospective et de la stratégie urbaine, de la circulation et du stationnement.

Après deux décennies de cette politique, un premier constat s’impose : l’augmentation extraordinaire des espaces piétons, notamment le long du tramway, sur les grandes places et sur les quais, revus en vaste promenade urbaine par le paysagiste Michel Corajoud. En quelques années, le visage de la ville a totalement changé. Avec 75 ha, le secteur à autorisation d’accès (bornes résidents), est le plus important d’Europe. La suppression de la circulation de transit en centre-ville a enclenché un changement des habitudes : outre l’explosion des déplacements en vélos, le centre-ville de Bordeaux, d’après la dernière enquête ménage disponible, connaît un taux record de déplacements à pied : sur 3,91 déplacements par habitant et par jour, le déplacement piéton du centre de Bordeaux représente 1,94 (0,77 dans l’ensemble de l’agglomération).

Priorités d’intervention

Comment obtient-on ces résultats ? Bien sûr, en intégrant cette priorité dans les aménagements du tramway. La ville, relativement plate, aux artères larges, s’y prête. Aidée par les architectes urbanistes Wilmotte et Fortier, la collectivité a recours, pour les trottoirs, aux dépressions charretières - un abaissement systématique des trottoirs aux angles des rues et passages piétons -, aux potelets antistationnement, aux trottoirs de plain-pied sur tout le secteur piéton. Le plus gros travail consiste dans le déplacement systématique du mobilier urbain. « Cela a l’air de rien, mais il a fallu convaincre les services techniques de dégager les trottoirs pour les poussettes et les handicapés, donc de pousser le mobilier urbain, alors que, dans leur logique, il fallait le protéger des coups en le mettant au cœur de l’espace piéton », témoigne l’élu.
Pour organiser les priorités d’intervention, la voirie a été classée selon ses caractéristiques accidentogènes : « Tous les boulevards ont été équipés d’îlots centraux, abrités par des barrières, qui servent de refuge aux piétons qui traversent les cours. Sur toutes les voies classées en priorité haute, c’est l’ensemble de l’espace public qui a été requalifié. Un plan d’élimination des obstacles qui réduisent la visibilité des piétons et des voitures (panneaux publicitaires) est en cours d’achèvement », explique l’élu. Le coût global est difficile à évaluer : sur les grandes places et les quais, ce sont les opérations d’aménagement de plusieurs dizaines de millions d’euros qui ont intégré cette politique piétonne.
Les quartiers nouveaux ne sont pas en reste. Sur les Bassins à flot, les sentes dessinées par l’architecte urbaniste Nicolas Michelin traverseront les nouveaux îlots, reliant ce quartier à la ville. Une réinterprétation de ces voies étroites dont la ville historique fourmille.

PHOTO - 765262.BR.jpg
PHOTO - 765262.BR.jpg - © Perrogon / Andia
Le VIP, parcours « vélo intermodalité piéton »

« Slow fast », la ville à 10 km/h, théorisée par Bernard Reichen se concrétisera sur le secteur gare Saint-Jean/Belcier, un nouveau quartier mixte et durable de 160 hectares. Car si l’arrivée du TGV, en 2017, et sa nouvelle gare génèrent une nouvelle dynamique pour le quartier, l’architecte urbaniste défend pour celui-ci « le contre-pied de la grande vitesse, rejoignant l’ambition de l’aménageur de réduire la part modale de la voiture à 20 % et d’accroître celle du piéton à 30 % ». A cette fin a été imaginée une boucle VIP (vélo, intermodalité piéton), parcours vert cernant ce territoire de 3 km de long, qui sera structurée autour de l’usage du vélo et la pratique de la marche.

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Éclairage des espaces extérieurs

Éclairage des espaces extérieurs

Date de parution : 05/2019

Voir

DICOBAT Visuel

DICOBAT Visuel

Date de parution : 05/2019

Voir

L'assurance construction

L'assurance construction

Date de parution : 04/2019

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur