Projets

A Angers, un immeuble en bois va pousser jusqu’à 40 m de haut [diaporama]

Mots clés : Architecture - Bois - Enfance et famille - Urbanisme - aménagement urbain

Conçu par Calq architecture et Lina Ghotmeh pour le groupe Duval, ce programme mixte intergénérationnel a été lauréat de l’appel à manifestation d’intérêt national «Immeuble à vivre en bois» organisé par Adivbois et le Puca. Un permis de construire devrait être déposé au printemps.

C’est sur les rives de l’étang Saint-Nicolas, l’un des points culminants de la ville, que sera construit ce programme mixte de 6 600 m2 qui comprendra 58 appartements en accession libre, 34 dédiés aux personnes âges, une halte-garderie de 30 berceaux et un parking de 70 places. L’ensemble comprendra sept plots allant du R+4 au R+9.

 

Lamellé-croisé

 

L’originalité de cette opération est avant tout dans son mode constructif en panneaux bois structurels de type CLT. «Les refends en CLT permettent un meilleur contreventement, en particulier pour les niveaux les plus hauts. Seuls les cages d’escalier et d’ascenseur seront en béton, ainsi que le rez-de-chaussée afin que les reports de charges soient rendus plus faciles» justifie l’architecte Emmanuel Quin, fondateur du cabinet Calq, récompensé notamment par l’Equerre d’Argent en 2014 pour la Cité des métiers Hermès à Pantin. Calq compte parmi les agences françaises pionnières dans l’utilisation du bois. Elle est d’ailleurs membre fondateur du label BBCA pour promouvoir la construction bas carbone.

 

Insertion dans l’environnement

 

«Les façades seront couvertes d’un bardage à claire-voie qui donnera un aspect chaleureux à l’immeuble, créant ainsi une transition douce avec le paysage voisin» complète l’architecte franco-libanaise Lina Ghotmeh, fondatrice du cabinet LGA qui a acquis une renommée internationale grâce à des projets iconiques tels le Musée national Estonien, Grand prix Afex 2016 et nommé pour le prix Mies Van der Rohe 2017. De fait, l’utilisation du bois permettra une intégration parfaite du bâtiment dans l’environnement boisé de l’étang Saint-Nicolas.

Un immeuble en bois à la lisière d’un bois. Et comme pour compléter ce tableau parfait, le bâtiment baptisé fort logiquement «Le bois d’Angers» sera raccordé au réseau de chauffage urbain… alimenté par une chaufferie bois.

 

Cher bois…

 

Si les atouts du bois ne sont plus à démontrer dans l’habitat, reste un bémol: le surcoût de l’opération, estimé par le promoteur Duval à 15%, soit un budget global de 8 millions d’euros hors taxes. Avec un prix de vente d’environ 2 800 euros TTC/m2 habitable, l’équation économique a été compliquée à résoudre. «C’est aussi un véritable enjeu commercial. Le bois est un sujet sur lequel il va falloir argumenter afin de faire taire la fable des trois petits cochons» a déclaré Nathalie Azaïs, directeur régional Grand Ouest de la promotion immobilière du groupe Duval. «Mais ce projet va nous permettre d’être mieux à l’écoute des nouvelles tendances» reconnaît-elle. Car, d’année en année, le bois s’impose dans la construction. Tout particulièrement à Angers d’ailleurs. «Depuis 1999, nous accueillons le salon Maison Bois et plusieurs réalisations angevines ont été primées au Prix national de la construction bois dont, l’Office public de l’habitat Angers Loire Habitat en 2015» assure Christophe Béchu, maire d’Angers qui rappelle que la métropole abrite un formidable tissu économique œuvrant dans la filière bois-construction. Si les études ont été réalisées avec l’entreprise orléanaise OBM, rien n’est joué et les entreprises locales seront consultées assure-t-on. Un permis de construire devrait être déposé en mars prochain en vue de lancer les travaux au deuxième trimestre 2019 avec l’objectif de livrer le bâtiment au quatrième trimestre 2020.

 

Focus

Deux lauréats pour un seul gagnant

En 2O16, la Ville d’Angers a été retenue pour accueillir un «Immeuble à Vivre en Bois» dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt national organisé par le Plan Urbanisme, Construction et Architecture (Puca), et l’Association pour le Développement d’Immeubles à Vivre en Bois (ADIVBois). Avec Grenoble, Le Havre et Saint-Herblain, Angers fait partie des villes retenues dans le cadre de cette consultation nationale.

Particularité du site angevin, deux équipes ont été retenues: «Les bois d’Angers», par Calq Architecture et Lina Ghotmeh Architecture avec le constructeur OBM, mais également le tandem ligérien composé de Johanne Guichard (GOA) et de Laurent Rossez (AIA Life Designers) avec «L’étang d’art», un projet avec une tour signal en R+9.

Le projet «Les Bois d’Angers» a été préféré pour son traitement des rez-de-chaussée et son épannelage jugé plus discret.

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X