Réalisations

A 75 ans l’Empire State Building de New York retrouve une seconde jeunesse

King Kong en avait fait l’escalade, restée fameuse dans l’histoire du cinéma, les extra-terrestres l’avaient réduit en pile de gravats, et il est redevenu l’une des principales attractions de New York, recevant plus de 3,5 millions de visiteurs par an.

L’Empire State Building, qui célèbre lundi son 75e anniversaire, a acquis une seconde jeunesse en redevenant le plus haut gratte-ciel new-yorkais depuis la destruction des tours jumelles du World Trade Center dans les attentats du 11 septembre 2001. Et sa célèbre silhouette en fait l’un des monuments les plus connus au monde, avec la tour Eiffel et le Taj Mahal.
Tout en étant sur le plan architectural moins spectaculaire que son célèbre rival Art Deco, le Chrysler Building, et sans avoir le charme du Rockefeller Center, au centre de Manhattan, l’Empire State -longtemps l’immeuble le plus haut du monde avec ses 381 mètres-, a capturé l’imagination des foules et a attiré depuis son achèvement en 1931, 110 millions de visiteurs.

Il n’avait que deux ans, lorsque King Kong y avait trouvé refuge, entamant une durable idylle entre Hollywood et le célèbre gratte-ciel. C’est à l’observatoire du 86e étage que Cary Grant avait attendu en vain Deborah Kerr dans la comédie romantique « Elle et Lui » et que Tom Hanks avait retrouvé Meg Ryan dans « Nuits Blanches à Seattle ».

Mais dans l’histoire de l’empire State Building, le drame côtoie aussi souvent la romance.
Quelques semaines avant l’achèvement du gratte-ciel, un charpentier participant à la construction s’était jeté dans le vide depuis le 78e étage, devenant le premier d’une longue liste de désespérés attirés par la chute la plus haute de New York.
Le nombre des candidats au suicide avait proliféré durant la Grande dépression des années 30 puis pendant les années 40, jusqu’à ce que les autorités fassent installer des grilles anti-suicide en décembre 1947. En février 2006, un jeune désespéré y a néanmoins réussi son suicide, en se jetant d’une fenêtre après avoir pénétré dans des bureaux vides au 66e étage.
Il y a quelques jours le personnel de sécurité de l’immeuble a empêché de justesse un cascadeur, qui avait réussi à escalader les grilles anti-suicide, de sauter en parachute depuis le 86e étage.

Le premier coup de pioche à l’Empire State avait été donné quelques jours après le fameux « Jeudi Noir » du 24 octobre 1929, ayant sonné le début de la Grande dépression. Mais malgré la crise économique, le projet était rapidement devenu un symbole d’optimisme dans l’avenir, avec des équipes de construction rivalisant entre elles, pour bâtir 5 étages par semaine. Le gratte-ciel avait été achevé en 13 mois.
« Il serait difficile d’imaginer un immeuble ayant eu autant d’importance symbolique dans le paysage urbain américain », estime l’auteur Mark Kingwell qui vient d’y consacrer un livre.

Et pourtant en dépit de son symbolisme, l’Empire State avait eu beaucoup de mal à remplir sa fonction initiale, celle d’un immeuble de bureaux. Il était resté aux trois quarts non-occupé jusqu’aux années 40, ce qui lui avait valu le sobriquet d' »Empty (vide) State Building ».
En 1945, il avait connu une chaude alerte lorsqu’un bombardier B-25 avait accidentellement percuté le gratte-ciel à hauteur du 80e étage. 14 personnes avaient été tuées dans la catastrophe.
Giles Hewitt (AFP)

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