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A 650 ans, le pont Charles de Prague retrouve une nouvelle jeunesse
PHOTO - HOR Prague.eps - © peter horree/agence ana

A 650 ans, le pont Charles de Prague retrouve une nouvelle jeunesse

francis gouge |  le 14/11/2008  |  EuropePatrimoineEducationTravaux publicsRénovation

Le pont Charles, l’édifice le plus célèbre de Prague, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, est en cours de restauration depuis l’an dernier. Les travaux devraient durer jusqu’en 2020. Sa première pierre fut posée en 1357 par Charles IV de Bohême, empereur germanique, et il fallut attendre 1402 pour en voir l’achèvement. Seul pont de la ville jusqu’en 1841, ce n’est qu’en 1870 ans qu’il fut baptisé de son nom actuel. Long de 516 m, large de 9,50 m, ses 16 piliers lui permettent de franchir la rivière Vltava – plus connue sous son nom allemand de Moldau – pour relier la vieille ville (Staré Mesto) au quartier de Mala Strana, colline où se trouvent le château royal et la cathédrale.

Chaque extrémité du pont est gardée par une tour, qui faisait office d’arc de triomphe lorsque les rois passaient dessous lors de leur couronnement. La tour côté vieille ville, haute de 47 m, est un chef-d’œuvre gothique. Trente statues, pesant chacune de 3 à 8 tonnes, en majorité à caractère religieux et d’époque baroque, forment une haie d’honneur. Au cours de ses 650 ans d’existence, le pont a résisté aux inondations (la dernière, l’une des plus importantes, en 2002). En revanche, les 4 millions de touristes qui l’empruntent chaque année sont une menace : emportés comme souvenirs, 1 000 pavés disparaissent par an, ainsi que de nombreux morceaux de statues, certains touristes n’hésitant pas à leur casser un doigt !

Mais le pont est atteint dans sa structure même, qui souffre de problèmes d’infiltrations. Elle est constituée à l’extérieur de pierres de taille – du grès –, l’intérieur des arches et piles étant rempli d’une maçonnerie faite d’agrégats divers, sorte de mortier. Une rénovation a été effectuée de 1965 à 1974. « Elle n’a pas été très efficace », estime Vladimir Tvrznik, ingénieur au bureau d’études britannique Mott MacDonald, responsable de la restauration en cours. Abîmé par la circulation automobile (avant qu’elle ne soit interdite en 1965), le pavage avait été refait ainsi que les parapets. Mais l’étanchéité, mal conçue, a empêché l’eau de s’évacuer et le taux d’humidité a augmenté dans l’ouvrage, accentuant les effets destructeurs du gel et dégel. « Bien que l’ouvrage, de part sa qualité constructive, soit quasiment indestructible, on ne pouvait pas laisser ce processus perdurer », explique Vladimir Tvrznik. Mott MacDonald, associé à la faculté de Prague et à l’Institut des monuments historiques, a été chargé en 2002 d’effectuer un diagnostic et de proposer des solutions. Le bureau d’études est désormais maître d’œuvre, et la ville maître d’ouvrage.

60 000 pierres examinées

Les travaux seront effectués en deux tranches. La première, réalisée d’août 2007 à juin 2010 par une filiale de Vinci, SMP Constructions de Ponts de Prague, porte sur la structure : réfection du tablier, restauration de la balustrade (1) et des deux rampes d’accès. L’étanchéité a été confiée à Duomis, filiale de la britannique Stirling Lloyd, seule à avoir accepté la garantie de 30 ans exigée pour son intervention. Les travaux s’effectuent par tranches correspondant à l’intervalle entre deux piles et à une demi-largeur afin de ménager un corridor pour les piétons, tourisme oblige. L’éclairage historique au gaz sera remis en état, avec remplacement à l’identique des réverbères défectueux. Les statues, grignotées et noircies par la pollution, et amputées par les touristes, seront rénovées et remplacées par des copies. Cette 1re tranche de 8 millions d’euros sera financée par la ville qui « considère que c’est son devoir et son honneur de s’occuper de cet élément majeur de son patrimoine urbain », affirme Radka Bürgermeisterova, chargée de la préparation du projet chez Mott MacDonald.

En 2e tranche, les pierres abîmées seront remplacées. Un appel d’offres sera lancé en 2011 pour une fin des travaux en 2020. La faculté de biologie de l’université Charles de Prague a examiné les 8 000 pierres des parapets. Les 52 000 autres, sur les piles et arches, sont en cours d’examen. Chaque pierre est photographiée et numérotée, avec des informations (âge, origine, type de grès, degré et type d’usure, présence de moisissures...) qui entrent dans une banque de données. « On ne rénovera que le nécessaire », indique Vladimir Tvrznik. Et le maire, Pavel Bem, d’ajouter : « Le meilleur cadeau que nous puissions faire au pont est de mener des réparations qui lui permettront de fonctionner encore pour les 650 prochaines années. »

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