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« 90% de nos jeunes sortent de leur formation avec un emploi », Patrick Aimon, président du GCCP
Patrick Aimon, Président du GCCP - © Vincent Leloup/Le Moniteur

« 90% de nos jeunes sortent de leur formation avec un emploi », Patrick Aimon, président du GCCP

Floriane Dumazert |  le 12/06/2013  |  Second œuvreApprentissage BTPTravailTechniqueEurope

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Cette année, la Fête de Printemps se tiendra le 12 juin. A cette occasion, Patrick Aimon, Président du Syndicat des entreprises de Génie Climatique et de Couverture Plomberie, rappelle l’importance des formations en apprentissage. Des voies « royales » qui souffrent encore de la réticence des parents et de l’Education nationale.

Traditionnellement, la Fête de Printemps est l’occasion de mettre les jeunes à l’honneur. Ce sera encore le cas cette année ?


Patrick Aimon :
Bien sûr ! La 21e édition de la Fête de Printemps ne dérogera pas à la tradition. Nous mettons à l’honneur les jeunes nouveaux embauchés, qu’ils aient obtenu un BEP, un CAP, un Bac Pro, un BTS ou encore qu’ils soient de futurs ingénieurs. Nous prônons l’ascenseur social, l’idée que nos étudiants qui démarrent avec une caisse à outils puissent devenir patron. Nous avons plaisir à parler d’ascenseur social, surtout dans nos professions liées aux énergies renouvelables. D’ailleurs, je rappelle souvent qu’en Allemagne, le PDG de Mercedes a un CAP Mécano (Jürgen Schrempp, P-DG de DaimlerChrysler de 1995 à 2005).

Vous semblez axer cette Fête de Printemps sur l’apprentissage.


P.A. :
Effectivement, c’est une question politique. Aujourd'hui, les responsables politiques plébiscitent l’apprentissage. Nous avons un CFA qui forme quelques 500 apprentis par an. Le bâtiment, précurseur en la matière, fait office d’exemple. Nous voulons montrer qu’il est possible de réussir même si on quitte le cursus de l’enseignement général.

Est-ce que l’outil de formation de la profession tourne à plein régime ?


P.A. : Oui ! Chaque année, nous recevons plus de 1000 candidatures et nous ne sélectionnons que 300 étudiants. Donc la sélection est sévère. Dans notre CFA Maximilien Perret (à Alfortville), toutes les sections sont complètes, toujours. Beaucoup de jeunes cherchent à travailler dans ce milieu. Et plus de 90 % de ces jeunes sortent de cette formation avec un emploi.

Est-ce à dire que l’enseignement professionnel a définitivement trouvé sa place ?


P.A. : Pas vraiment. Les parents privilégient le cursus classique, au détriment de formations telles que les CAP. Je me souviens d’un proviseur qui était venu avec ses étudiants en visite sur un stand de présentation de salles de bain luxueuses. Il a dit à ses étudiants : « plombier, c’est si vous ne travaillez pas à l’école ». Nous considérons encore que les métiers manuels sont symboles d’échec. C’est dommage, car aujourd’hui, les professions qui embauchent sont les professions de terrain. En plus, dans nos formations, nous offrons des possibilités d’évolution par la formation continue. J’aime parler d’ « escalier social », l’idée étant  qu’on peut progresser mais qu’il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton. C’est pour cela que je ne parle pas d’ « ascenseur social ».

Comment faire évoluer les mentalités vis-à-vis de l’apprentissage ?


P.A. : C’est précisément un des objectifs de la fête de Printemps : faire évoluer les mentalités. En parallèle, nous organisons des visites dans les écoles, des interventions pour sensibiliser les jeunes aux formations du bâtiment. A 15 ans, les jeunes ne savent pas quels métiers ils veulent faire. Donc ils ont tendance à être sous l’influence de leurs parents ou de l’école, qui ne les incitent pas à suivre un apprentissage dans le bâtiment. Alors nous les confortons : le bâtiment n’est pas une voie de garage, mais bien une voie royale. C’est pourquoi cette année, nous lançons l’ « Altern’Dating » à la Fête de printemps. Les jeunes qui cherchent des entreprises pour poursuivre leurs études en alternance se présenteront aux dirigeants dans des entretiens individuels. Nos entreprises ont besoin de jeunes entreprenants !

Parler d’un « métier d’avenir » dans le contexte difficile que traverse le BTP, n’est-ce pas trop optimiste ?


P.A. : Encore une fois, c’est une question politique. Quels sont les vecteurs de croissance dans notre pays ? C’est la croissance verte et le grenelle de l’environnement. L’avenir, c’est l’économie d’énergie. Alors, certes aujourd’hui, la crise économique inhibe cette croissance. Mais elle ne va pas durer éternellement. Les métiers d’avenir sont liés à l’eau et à l’énergie, et ce sont nos métiers !

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