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8 initiatives pour rendre la ville plus durable

le 12/11/2010  |  Développement durableAménagementCôtes-d’ArmorEuropeFrance

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1 Améliorer les performances thermiques des quartiers anciens

En moyenne, un bâtiment construit avant 1975 consomme entre 200 et 400 kWh/m2.an. Réduire l’empreinte écologique du tissu urbain suppose donc de stopper ce gaspillage énergétique. Au voisinage du nouveau quartier de la Confluence, sur la presqu’île lyonnaise, la communauté urbaine a lancé, en mars 2010, les premières études sur le quartier Sainte-Blandine. Si ce travail comporte un volet sur l’adaptation des espaces publics au changement climatique, la priorité porte sur l’écorénovation. Quatre bâtiments (dont trois gérés par des bailleurs sociaux) ont été retenus pour en tester la viabilité. Il s’agit d’abord d’évaluer la faisabilité technique sur des typologies variées (collectifs des années 1960, maisons de ville, immeubles anciens…), mais aussi d’en mesurer les effets architecturaux, notamment dans la mise en œuvre de l’isolation par l’extérieur. Enfin, le financement de tels travaux, surtout dans les copropriétés populaires, reste une question à laquelle cette étude, pilotée par la Spla Lyon Confluence et confiée aux bureaux d’études Tribal, Hespul et Enertech, devra répondre. Les premiers travaux sur les bâtiments tests seront lancés d’ici à 2012, avec l’idée de les généraliser au quartier Sainte-Blandine qui comporte au total 4 000 logements.

2 Utiliser l’eau de mer pour chauffer ou rafraîchir les bâtiments

L’eau de mer a une inertie thermique importante. En Méditerranée, à une profondeur de 5 m, sa température s’élève à environ 15 °C en hiver, et à 22 °C en été. Le différentiel avec la température de l’air ambiant peut être utilisé pour réchauffer ou refroidir des logements et des bureaux, pour peu qu’ils soient situés sur le littoral. Cette technologie, dite « boucle à eau de mer », capte l’eau à une profondeur de quelques mètres et la fait remonter par un système de pompes dans un échangeur thermique où elle transmet ses frigories, ou ses calories, à un autre circuit qui vient tempérer les bâtiments.

Une boucle à eau de mer a été installée en 2009 à La Seyne-sur-Mer (Var), qui alimente un ensemble de logements et de bureaux de plus de 50 000 m2. Mais le projet Euroméditerranée 2 (14 000 logements et 500 000 m2 de bureaux), à Marseille, prévoit de développer cette technologie à une échelle encore inédite, et ainsi de réduire jusqu’à 75 % la consommation d’énergie liée au chauffage et à la climatisation.

3 Développerdes jardins et des espaces de nature sur les toits

Différentes pistes sont aujourd’hui explorées pour développer en toiture, des espaces de nature, équipements sportifs ou aires de jardinage dans les villes qui en manquent cruellement. Les vertus de ces aménagements : optimisation du foncier, enrichissement de la biodiversité, amélioration de la qualité de l’air, désaturation des réseaux d’assainissement… Le gymnase de la rue des Haies, dans le 20e arrondissement de Paris, réunissait toutes les conditions - pas trop haut (8 m), donc facilement accessible, surface de 1 000 m2 - pour accueillir sur son toit un jardin partagé. Ce programme ne figurait pas au concours. Il a été proposé par les architectes de l’agence TOA, lauréats, pour remplacer le jardin qui allait disparaître avec la construction de ce gymnase et des 47 logements (une opération de Paris Habitat-OPH). Une solution qui permet aussi d’absorber le volume de l’équipement, dans ce tissu constitué d’étroites parcelles en lanières et de passages. Mais il a fallu se conformer à un cadre réglementaire strict : le jardin est assimilé à un établissement recevant du public de 5e catégorie.

4 Subventionner l’achat de vélos à assistance électrique

Comment renforcer la place du vélo tout en soulageant la fatigue de l’usager, notamment dans les villes où les dénivelés sont importants ? Le vélo à assistance électrique (VAE) fournit peut-être la solution. Selon une étude du cabinet Altermodal (département transports et déplacements du bureau d’études Inddigo), les aides publiques à l’achat de VAE, pratiquées dans neuf villes françaises, génèrent des reports modaux (utilisation du vélo au lieu de la voiture) très significatifs. « En fait, le VAE permet un saut décisif, un peu comme le tramway par rapport au bus, pour les transports en commun. Et cela peut développer au final l’ensemble de la pratique cyclable, avec ou sans assistance », confirme Geneviève Laferrère, de la Fubicy (Fédération française des usagers de la bicyclette). La marge de progression du VAE est encore importante : les ventes ont atteint 25 000 exemplaires en France en 2009, contre plus de 100 000 en Allemagne et… 20 millions en Chine.

5 Mailler les villes avec des jardins de poche

Parmi les solutions pour une ville plus verte : le maillage des quartiers avec des jardins de poche. « Ils participent au développement de la biodiversité, favorisent le lien social et améliorent la qualité de vie en ville », explique Natacha Litzistorf, directrice d’Equiterre. Cette association suisse, qui promeut les jardins de poche, a mis au point un kit en quatre étapes : identification avec les collectivités des espaces résiduels susceptibles d’évoluer en jardins, démarche participative auprès des habitants, recherche des concepteurs et réalisation. Elle a aussi rédigé une charte qui engage les collectivités partenaires à rendre ces jardins praticables par les personnes à mobilité réduite, à recourir à des matériaux durables, etc. Les projets pilotes ont été lancés à Genève. Principale difficulté : le parcellaire de ces délaissés qui nécessite des arrangements entre propriétaires. L’association noue aussi des partenariats avec des écoles d’arts appliqués et de paysage pour favoriser l’innovation dans ce domaine en plein essor.

6 Dépolluer les sols et les eaux par les plantes

Les expériences de dépollution des sols et des eaux par les plantes se multiplient. Cette démarche écoresponsable qui s’appuie sur plusieurs techniques, notamment la phytoremédiation (1), a été mise en œuvre dans le parc du Chemin de l’Ile, à Nanterre, réalisé par l’agence Mutabilis sur un ancien délaissé. Un moyen d’exploiter la proximité de la Seine et d’en faire un élément à la fois utile et esthétique. L’eau, pompée dans le fleuve avec des vis d’Archimède, est acheminée par un canal enterré vers des bassins plantés d’espèces aquatiques (nénuphars, iris, prêles…) qui la filtrent par étapes. Réoxygénée et purifiée, l’eau est rejetée dans un contre-fossé à partir duquel s’organisent l’arrosage des gazons et l’irrigation des jardins familiaux. En fin de parcours, l’eau purifiée repart dans la Seine où elle contribue à créer des frayères naturelles. Ces jardins de lagune forment aussi des écosystèmes propices au développement de la biodiversité dans le parc.

(1) Extraction, dégradation, fixation, stabilisation ou volatisation de polluants par les végétaux.
7 Réutiliser les matériaux issus de la déconstruction

Aujourd’hui, les quartiers aménagés sur des terres agricoles se font rares, l’idée étant de limiter l’étalement en reconstruisant la ville sur elle-même. Ces nouveaux quartiers gagnés sur des friches industrielles, militaires ou ferroviaires sont de plus en plus conçus en essayant de tirer le meilleur parti des ressources déjà disponibles sur ces terrains. A Dinan, la reconversion urbaine des casernes Du Guesclin et Beaumanoir, engagée depuis 2004 par l’architecte urbaniste Philippe Madec, s’est ainsi traduite par la conservation de plus de la moitié des surfaces bâties : barres napoléoniennes, garages en sheds et manège ont été intégrés dans la programmation du nouveau quartier. Afin de réguler les rejets d’eaux pluviales vers le réseau d’assainissement, d’anciennes citernes souterraines ont aussi été conservées et utilisées pour l’arrosage des espaces verts ou le nettoyage de la nouvelle place René Pleven. Enfin, les matériaux de démolition sont réutilisés au maximum : emploi de mâchefers en structure de voirie, enrobé de la cour d’honneur reconverti en sous-couche de trottoirs, murets et assises réalisés avec les pierres des bâtiments démolis. Une démarche économe qui évite aussi de nombreuses rotations de camions à proximité du centre-ville.

8 Réduire les vitesses sur les voies rapides urbaines

Le chrono-aménagement part de l’idée que tout territoire urbanisé fait l’objet par ses acteurs d’une carte mentale, moins fondée sur l’appréciation des distances que sur le temps nécessaire pour les parcourir. Partant, les autoroutes sont devenues un puissant facteur d’étalement de la ville. Suivant cette logique et pour la contrer, l’agence d’urbanisme de la région grenobloise, assistée des services de l’Etat, a développé l’idée que la réduction de la vitesse à 70 km/h sur les voies rapides urbaines pouvait donc devenir un levier de la politique d’amé­nagement. Débarrassées des glissières, terre-plein et murs antibruit, ces « autoroutes apaisées » intégreraient des aménagements tissant de nouveaux rapports avec la ville : séquences plantées, signalétique urbaine, largeur réduite des voies… et permettraient de mettre en valeur le foncier pour l’instant inutilisable à leurs abords immédiats. Ces liaisons remodelées établiraient de nouvelles « distances temps » entre les différents pôles urbains de l’agglomération.

Prochaine étape pour le concept de chrono-aménagement : l’approbation du Scot de la région grenobloise, envisagée d’ici à fin 2010, dont il constitue l’un des principes structurants.

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