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58 km de gazoduc en cours de construction dans l’Aube et la Haute-Marne
Les tubes en acier du chantier de l'Arc de Dierrey en attente d'être mis en fouille. - © © DR

58 km de gazoduc en cours de construction dans l’Aube et la Haute-Marne

Anthony Laurent |  le 04/12/2015  |  EnergieTechniqueAubeHaute-MarneFrance entière

C’est l’un des chantiers d’infrastructure énergétique les plus importants à l’heure actuelle en France. Cinquante-huit kilomètres de gazoduc sont réalisés actuellement entre les communes de Chacenay et Voisines. La mise en service de ce tronçon – l'un des cinq lots du projet « Arc de Dierrey » mené par GRTGaz – est prévue pour l’automne 2016.

C’est ce que l’on appelle « l’effet domino ». Avec la construction du nouveau terminal méthanier de Dunkerque (Nord), GRTGaz a décidé de développer son réseau de transport de gaz naturel dans le nord et l’est de la France. Après l’Artère des Hauts de France II, un tronçon de 191 km, entre Dunkerque et Cuvilly (Oise), mis en service fin 2014, le transporteur réalise désormais l’Arc de Dierrey, une canalisation de 309 km, qui acheminera le gaz de Cuvilly à Voisines (Haute-Marne) d’ici l’automne 2016.

Sur le lot 5 – 58 km entre Chacenay (Aube) et Voisines –, c’est le groupement franco-belge composé de Spac (groupe Colas) et Denys qui est en charge de la pose, depuis avril 2015, de la canalisation de 1 200 mm de diamètre. « Au total, ce sont près de 3 500 tubes de 18 m de long qui seront fabriqués puis mis en fouille d’ici juillet 2016 », indique Gérald Bourgeois, responsable métier pipeline grands projets pour Spac. Selon lui, le relief vallonné et la nature du terrain – composé pour plus de 90 % de roches calcaires – constituent les principales contraintes du chantier. « C’est un chantier de terrassement particulier avec 350 000 m3 de matériaux à traiter à l’aide de matériels spécifiques, comme des trancheuses par exemple », précise-t-il. Et d’ajouter : « Le franchissement de la vallée de l’Aube, avec une rivière à traverser sur 49 m (par micro-tunnelage) et la présence d’une nappe phréatique quasi-affleurante, a complexifié nos opérations. Pour passer la nappe, nous avons dû l'assécher en employant une centaine de pompes pendant trois mois... » Aujourd’hui, près de 20 km ont déjà été posés, au rythme de 500 m par jour, à une profondeur moyenne de 1,2 m.

Le soudage et l’enrobage des tubes, les étapes-clés du chantier

Comme pour tout chantier d’infrastructure linéaire, le phasage des travaux se révèle décisif. Après avoir réalisé une piste sur une emprise de 35 m de large, les équipes sur place procèdent ensuite au bardage (la mise en place hors fouille, à côté de la tranchée) des tubes à enterrer. « Entre 30 et 40 % de ces tubes sont cintrés à froid, sur le chantier, pour passer des points particuliers : courbes, pentes – avec parfois une forte déclivité –, cours d’eau, etc. », fait savoir Gérald Bourgeois. S’ensuivent les étapes-clés du chantier : le soudage entre eux puis l’enrobage (avec du PEHD, sur une épaisseur de 4 mm) des tubes en acier. « Pour souder, nous employons la technique automatique RMD PWT. Son avantage réside dans sa facilité d’utilisation : le travail de l’opérateur est assisté par une bande-guide positionnée directement sur la canalisation. L’opérateur n’a plus qu’à activer sa torche, ce qui assure des gains de production significatifs », explique Brahim Moussaoui, ingénieur-soudeur pour Spac. Douze soudeurs, répartis dans quatre cabines, doivent réaliser pas moins de 3 500 soudures (en six passes), à la cadence d’une vingtaine de soudures par jour. « Nous réalisons ainsi des tronçons continus, pouvant aller jusqu’à 3 km, à raison d’une soixantaine de soudures par kilomètre », complète Gérald Bourgeois.

Une fois le soudage et l’enrobage effectués, la mise en fouille peut être réalisée. Cette opération nécessite l’emploi de machines spéciales – les pipelayers (d’une capacité de levage de 90 tonnes) – qui, travaillant simultanément, saisissent les tubes assemblés à côté de la fouille pour les mettre en place sur le lit de pose granulaire. Le groupement dispose de 17 pipelayers, lesquels mettent en œuvre un kilomètre de canalisation en deux heures environ. « Toutes les équipes du chantier – ce que l’on nomme « le cirque de pose » – se suivent selon un rythme moyen bien déterminé », avance Gérald Bourgeois. Dernière étape : le remblayage complet de la tranchée – sans apport extérieur de matériaux – pour laisser le site dans son état initial d’avant-travaux. Comme si de rien n'était.

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