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40% des entreprises du BTP prévoient une baisse d'activité en 2014, selon KPMG
Selon les professionnels du BTP, les années 2014 et 2015 ne devraient pas être très porteuses en termes d'activité. - © © Phovoir

40% des entreprises du BTP prévoient une baisse d'activité en 2014, selon KPMG

Florent Lacas |  le 23/06/2014  |  France entièrekpmg

"Dessine moi un futur - quel rebond pour les entreprises du BTP": tel est le titre de l'étude menée par KPMG et dont le Moniteur livre en exclusivité les principaux enseignements. On sait désormais qu'après une année 2013 éprouvante, 2014 sera également difficile pour les PME et ETI du secteur. Pour autant les professionnels interrogés identifient deux grands leviers de reprise : un plan national de renouvellement des infrastructures et la reprise de la croissance économique.

Après une année 2013 résiliente en termes d'activité mais marquée par une baisse des marges, 2014 ne devrait pas être porteuse dans le BTP, ni sur le plan de l'activité, ni sur le plan des marges ; et au-delà de l'année en cours, les dirigeants du secteur sont également inquiets pour 2015. C'est le principal enseignement d'une étude KPMG, réalisée en avril-mai 2014 auprès de 71 PME et ETI du secteur de la construction, intitulée "Quel rebond pour les entreprises du BTP ?" (1).

L'année en cours sera marquée, pour 40% des entreprises interrogées, par une diminution de l'activité, 35% par une stabilisation et seulement 25% par une augmentation. D'autant que les prévisions d'évolution des carnets de commandes ne sont pas extraordinaires: 45% des dirigeants espèrent une stabilité pour 34% qui redoutent un recul (les TP seront sans doute plus affectés que le bâtiment). Sur le plan des marges, les sondés sont tout aussi prudents : 62% d'entre eux envisagent une stabilisation, 18% une diminution et 20% une augmentation.

Si l'on compare ce ressenti aux réponses des entreprises à propos de l'année 2013, il ressort que, si l'année 2014 s'avère beaucoup moins porteuse en termes d'activité, les entreprises semblent déterminées à tenir leurs marges. En effet, celles-ci, en 2013, ont diminué chez 38% des sondés et sont restées stables chez 41%, au moment où l'activité, en hausse pour près de la moitié des sondés, se portait mieux qu'en 2014.

49% des entreprises déplorent une baisse des marges

KPMG fait toutefois le distinguo entre les entreprises de bâtiment et celles de travaux publics. Le marché des travaux publics, en 2013, a été plus stable que celui du bâtiment. Mais les marges des entreprises de TP se sont mieux portées. Ainsi, l'an dernier, 49% des entreprises du bâtiment ont déploré une baisse d'au moins un point de leur taux de marge ; ce chiffre est seulement de 9% dans les TP. "L'existence de contractualisations pluriannuelles dans la sphère de la commande publique et l'application d'indices de révisions de prix légèrement favorables expliquent peut-être cette meilleure résistance", note KPMG.

En 2014, les entreprises de bâtiment et de TP ont un ressenti différent à propos de leurs marges. Ainsi, 71% des entreprises de bâtiments prévoient une stabilisation, alors que du côté des TP 45% prévoient une stabilité et 37% une diminution. Il est possible que cette différence soit due à l'assèchement de la commande publique en 2014 observée par les entrepreneurs des TP. Ils sont en effet 50% à envisager une diminution des carnets de commandes, prévision qui plafonne à 25% chez les entreprises du bâtiment. Pour KPMG, ces estimations "intègrent probablement les effets de l'année électorale et le faible dynamisme de la sphère publique en matière d'investissements dans les infrastructures". Le cabinet d'audit prévoit une année 2015 suivant cette même tendance.

Des scénarii de reprise peu probables

Du point de vue des entreprises du BTP, comment rétablir la croissance dans le secteur ? 60% des sondés en appellent à un "plan national ambitieux de renouvellement des infrastructures". Deuxième facteur de relance évoqué par les professionnels : un réveil de la croissance économique française. "Ces deux relais de croissance sont placés largement en tête par les entreprises interrogées alors qu'il ne s'agit pas des scénarii les plus probables à court terme", note KPMG. Malgré tout, pour ce qui est de la tendance à moyen terme, les entreprises se montrent raisonnablement optimistes : 39% en ont une vision positive et 42% neutre.

Dans le bâtiment, 36% des entreprises espèrent la mise en place d'une "politique volontariste en matière de logement social". Du côté des TP, logiquement, le rebond viendrait plutôt de "l'émergence de nouveaux besoins de transports et de mobilité". "A titre d'exemple, le projet du Grand Paris, dont les premiers effets devraient apparaître en 2015, est attendu avec impatience par une partie des interrogés, notamment ceux ayant une activité majoritairement orientée vers les travaux publics", affirme KPMG.

"Si l'on y regarde de plus près, les entreprises du BTP interpellent clairement les pouvoirs publics dont elles attendent un véritable 'New deal'; explique KPMG. Celui-ci comprendrai tout à la fois une relance de la construction et du renouvellement des infrastructures, une politique du logement incitative et moins de contraintes réglementaires".

Et en interne, de quels leviers de croissance disposent les entreprises ? A cette question, ces dernières répondent : le renforcement de l'activité sur les marchés actuels (53%), l'innovation (44%) et le développement de nouveaux métiers (23%).

Le boulet des impayés

Les 71 entreprises de BTP interrogées par KPMG regrettent en tout cas l'existence de freins au développement de leur activité. A commencer par le manque d'investissement public pour 82% des acteurs des TP, et aux difficultés d'accès au financement pour les donneurs d'ordres pour 68% des acteurs du bâtiment. Sans surprise, le poids des normes et réglementations est également cité comme frein à la croissance par plus d'un tiers des entreprises.

A noter également que 36% des entreprises de bâtiment s'inquiètent des difficultés qu'elles ont à trouver de la main-d'oeuvre qualifiée. Un vrai handicap, dans la mesure où 60% des entreprises voient comme l'une des clés de la réussite le fait de disposer des talents nécessaires pour accompagner leur développement.

Pour ce qui est des risques encourus par l'entreprise, le premier cité par les sondés est le risque paiement (57%). A ce titre, 39% des entreprises du bâtiment souhaiteraint une diminution des délais de paiement. Autres risques les plus souvent cités, ceux liés à l'exécution des ouvrages (56%) et aux études et à la détermination du prix (53%).

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