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35 HEURES La prudence demeure de mise pour les entreprises du BTP

CHRISTOPHE GRAND, DOMINIQUE LE ROUX, LAURENT MIGUET |  le 11/06/1999  |  SantéEnergieEntreprises

400 entreprises du BTP ont signé un accord sur les 35 heures, soit 9,8 % des accords Aubry signés à ce jour. Mais la plupart attendent de prendre connaissance de la seconde loi avant de se lancer à leur tour.

Après la signature des deux accords de branche du BTP, la plupart des entreprises du secteur attendent de connaître le contenu de la seconde loi avant de conclure un accord sur les 35 heures. Trois accords parmi les 400 signés à ce jour dans la construction illustrent la diversité de mise en oeuvre des 35 heures dans les entreprises.

Elyo Nord Est : diminuer les temps d'astreinte

Filiale du groupe Elyo (pôle énergie du groupe Suez-Lyonnaise des eaux), Elyo Nord-Est applique depuis le 1er juin 1999 un accord Aubry offensif. « Nous sommes les premiers dans le groupe Elyo et dans notre branche d'activité (1) à conclure un tel accord », souligne Olivier Herout, DRH d'Elyo Nord-Est. L'accord concerne les 618 salariés de l'entreprise et devrait permettre l'embauche de 37 personnes sous contrat à durée indéterminée (20 techniciens frigoristes et chauffagistes, un dizaine de cadres, futurs commerciaux ou responsables de centre de profits et sept administratifs ou responsables d'unités).

L'accord mise sur la souplesse et prévoit une annualisation du temps de travail. « Plusieurs organisations du travail ont été mises en place pour coller à l'activité de chaque unité, explique Olivier Herout. Nous avons 50 unités. Il n'existe pas un horaire de travail identique d'une unité à l'autre. Nous sommes une société de prestations de services, la satisfaction de nos clients prime. »

Une unité, chapeautée par un technicien responsable d'unités, compte 10 personnes. Son activité est tournée vers la maintenance des installations avec une contrainte forte pour les salariés et l'entreprise : les astreintes. « 63 % de nos interventions se situent soit le soir (17 h-20 h), soit le samedi. En recourant au travail en équipes et en allongeant la durée quotidienne (7 h-20 h) et hebdomadaire de travail (lundi-samedi), nous espérons diminuer de 60 % les temps d'astreintes. » L'avantage est double pour l'entreprise : une meilleure gestion des équipes et un moindre stress des salariés grâce à la diminution substantielle des astreintes.

L'accord prévoit enfin le maintien des salaires. Un accord identique a été signé le 22 avril 1999 chez Cothefa, filiale du Nord - Pas-de-Calais. 200 salariés sont ici concernés.

Chavinier : ne pas subir les événements

Les 46 salariés de Chavinier, entreprise d'installation de réseaux électriques d'Aurillac, viennent de recevoir leur première fiche paie « 35 heures ». Fin avril, l'entreprise a signé un accord de réduction de travail, une initiative pionnière dans le Cantal pour une entreprise de plus de 10 salariés. « Pourquoi ? Parce que l'an 2000 approche, que la loi est ce qu'elle est et que nous n'avons pas l'habitude d'attendre de subir les événements », explique Nicole Chaumet-Chavinier, P-DG énergique.

« En raison du type d'activité, poursuit-elle, nous avons des temps morts en hiver. Pour régler ce problème, nous aurions pu envisager une réduction du temps de travail avant, mais nous attendions l'accord de branche. Finalement, cet accord ne nous convenait pas parce qu'il n'allait pas assez loin. La réduction du temps de travail étant inférieure à 10 %, il ne permet pas de prétendre aux aides de l'Etat. Nous sommes une petite entreprise, nous avons besoin de ces aides pour embaucher des jeunes que nous devons former. »

En signant avec la CFDT un accord offensif, l'entreprise embauche quatre salariés. Le syndicat de son côté a accepté l'annualisation pour le personnel de production - qui faisait jusque-là 39 heures. Les semaines sont désormais de 40 heures en été, 32 heures en hiver. Chaque salarié bénéficie de 10 jours de congés supplémentaires dont sept peuvent être attribués par la direction avec un préavis de 48 heures.

Le personnel administratif et du bureau d'étude voit sa journée de travail réduite d'un quart d'heure et arrête le vendredi à 16 heures. Il récupère également 10 jours de congés supplémentaires qui ne peuvent être accolés à un pont ou aux vacances. Enfin les salariés ont accepté que leurs rémunérations soient gelées pendant deux ans.

GPCI : mieux caler le pilotage par rapport aux chantiers

Leader alsacien des missions d'ordonnancement, pilotage et coordination, Gestion de projets construction et industrie (GPCI) met en vigueur les 35 heures à compter du 1er juin. « Je préfère devancer plutôt que subir », justifie Jean-Pierre Antoine, P-DG de l'entreprise de 15,5 millions de francs de chiffre d'affaires pour 23 salariés, basée à Oberhausbergen (à l'ouest de Strasbourg).

L'accord pérennise trois contrats à durée de chantier créés par GPCI pour la construction de l'hémicycle du parlement européen de Strasbourg. La réduction du temps de travail et les perspectives favorables du marché faciliteront par ailleurs la création de deux emplois.

Par la systématisation des ponts fériés, la fermeture de l'entreprise entre Noël et le Nouvel an et la libération de la plupart des salariés le vendredi après-midi, l'accord consacre une mise en cohérence entre les rythmes internes à GPCI et ceux de ses clients. Sa préparation a suscité l'adhésion d'un salarié au syndicat CFTC, désigné comme mandataire. Le changement de la structure de l'actionnariat, en début d'année, a également facilité la mise en vigueur des 35 heures : les cadres, qui détiennent désormais 49,9 % de la SA au capital de 250 000 francs, ont accepté d'intégrer leurs déplacements dans le temps de travail, jusqu'à un plafond de 2 heures par jour. Les salariés bénéficient du maintien de leur rémunération assorti d'une modération des augmentations de salaires.

(1) La Fédération nationale de la gestion des équipements de l'énergie et de l'environnement (FG3E) qui a signé un accord de branche le 14 janvier 1999, voir « Le Moniteur » du 29 janvier 1999, p 49.

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