En direct

35 étudiants de 18 écoles inventent le paysage énergétique de Saclay
Michel Desvigne commente le palmarès du concours pluridisciplinaire, le 2 mars au campus CentraleSupelec. - © © Laurent Miguet

35 étudiants de 18 écoles inventent le paysage énergétique de Saclay

Laurent miguet |  le 08/03/2018  |  ImmobilierArchitectureArchitecture intérieureHygièneBois

Pendant trois jours et demi, ils ont imaginé le paysage énergétique du futur du plateau de Saclay. Issus de 18 écoles d’ingénieurs, d’architecture, de design et de paysage, sept équipes de cinq étudiants ont relevé le défi dans le nouveau campus CentraleSupelec. Le 2 mars avec la participation de Paysage Actualités, le jury présidé par Michel Desvigne, maître d’œuvre de l’aménagement du plateau, a désigné à l’unanimité l’équipe « Saclay-sous-Bois », auteure du mariage considéré comme le plus réussi entre technique et paysage.

Capable de produire de l’électricité par les plantes, la « pile bocagère » de l’équipe « Saclay-sous-Bois » a conquis le jury présidé par Michel Desvigne : « Une technologie irréaliste ? Nous nous sommes interrogés, mais ce n’est pas le plus important. D’autres choix auraient pu servir le même objectif : maîtriser l’utilisation d’une technique pour construire un paysage ». Le paysagiste a félicité en ces termes l’équipe composée de deux paysagistes, un designer, un architecte et un ingénieur. Le réseau de câbles nécessaire à la collecte et à la distribution de l’énergie structure la recomposition des parcelles par remembrement et occasionne du même coup une reconversion des grandes cultures céréalières qui façonnent l’agriculture et le paysage du plateau.

Assumer la radicalité

Titulaire du second prix, l’équipe New Loop mise sur la technologie plus éprouvée de la méthanisation : la biomasse produite par les agriculteurs comme par les résidents donne au déchet le rôle de trait d’union entre les uns et les autres. Mais selon Michel Desvigne, « l’empreinte physique insuffisante » du réseau ne met pas en évidence un nouveau paysage fécondé par l’option technique. « Pensez aux réseaux de transport créés de toute pièce pour l’exploitation industrielle du charbon et qui aujourd’hui, appartiennent au patrimoine mondial de l’humanité », conseille le coordonnateur de la maîtrise d’œuvre du plateau Saclay à l’équipe composée de deux architectes, deux paysagistes et un agronome.

Au contraire, la radicalité de l'option paysagère proposée par les cinq étudiants de « Le vent nous portera » - avec la même répartition de compétences que l’équipe lauréate - a justifié la mention honorable : des milliers d’éoliennes de différentes hauteurs jalonnent les champs. L’effet Venturi optimise le rendement des machines. Bertrand Folléa, coordonnateur de la chaire « Paysage et énergie » à l’école du paysage de Versailles, souligne le réalisme des titulaires de la mention, qui assument le modèle céréalier, et la pertinence du moulin central, « lieu rassembleur des résidents du plateau ». Mais le discours trop convenu sur l’adhésion suscitée par la démarche participative a privé « Le vent nous portera » ce projet apprécié par le jury.

Paris dans la Short List

Née d’une rencontre entre l’école de Versailles et les deux organisateurs de la biennale mondiale Land Art Generator Initiative (Lagi), la compétition de cette fin d’hiver pourrait servir de galop d’essai à une édition parisienne de la manifestation née en 2008 aux Etats-Unis, et qui se joue cette année à Melbourne (Australie). La consolidation de l’hypothèse repose sur la prospection financière que les fondateurs du Lagi abordent avec confiance : « En France, la sortie progressive du nucléaire créera un terrain propice à l’innovation énergétique associée au design », estime Robert Ferry, co-directeur, avec Elisabeth Monoian, de la biennale située au croisement de ces deux univers. Tous deux ont participé à la délibération du jury.

Dans l’immédiat, le concours d’étudiants a comblé les huit jurés et parties prenantes de l’événement : « Quand on change de système technique, il y a quelque chose à inventer dans l’espace et la manière de travailler. Vous avez démontré que cela est possible », s’enthousiasme Vincent Piveteau, directeur de l’école de Versailles. « Au moment où nous arrivons à Saclay, vos visions montrent ce que le plateau pourrait devenir », renchérit Eleonore Mounoud, hôte de la manifestation en tant que directrice de recherche à CentraleSupelec. Encore en cours de rodage après son inauguration le 25 octobre par le président de la République, le campus trouve un supplément d’âme dans la démonstration pluridisciplinaire.

Commentaires

35 étudiants de 18 écoles inventent le paysage énergétique de Saclay

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Presse - Vente au n°

Prix : 37.00 €

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookiesOKEn savoir plusX