2019, l’épreuve de vérité pour le plan vélo
Entre Chambéry et Aix-les-Bains, (Savoie), une véloroute remplace l'ancienne route nationale. - © CD 73

2019, l’épreuve de vérité pour le plan vélo

Laurent Miguet |  le 24/01/2019  |  Loi mobilitésGarevelo

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Entre optimisme et vigilance, le club des villes et territoires cyclables identifie 2019 comme l’année test pour l’application du plan vélo annoncé le 14 septembre dernier à Angers par le Premier ministre Edouard Philippe. Pour tirer le meilleur parti du projet de loi d’orientation sur les mobilités, le réseau d’élus locaux compte sur les parlementaires du Club des élus nationaux pour le vélo.

165 réponses : l’engouement des collectivités soutient le moral du lobby des élus locaux et nationaux pour le vélo, après l’appel à projets « Vélos et territoires », lancé le 14 septembre dernier par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de  l’énergie (Ademe), dans la foulée du plan vélo du gouvernement.

Mi-figue…

« L’investissement vient plus vite qu’on ne le pensait », se réjouit le député Mathieu Orphelin, rapporteur du titre III du projet de loi d’orientation des mobilités, relatif aux « mobilités propres et actives ». « L’annonce du plan par le Premier ministre et la sacralisation d’une enveloppe annuelle de 50 millions d’euros, jusqu’en 2024, constituent des  marqueurs de la volonté du gouvernement », ajoute Guillaume Gouffier-Cha, autre député de la majorité présidentielle et porte-parole du club des élus nationaux pour le vélo.

Mi-raisin


Le club des villes et territoires cyclables se montre plus mesuré : « Parfois, le diable se cache dans la manière dont on applique la loi », grince son président Pierre Serne, au vu des premiers dossiers retoqués par l’Ademe. Les collectivités ont constaté la non éligibilité des projets correspondant à une programmation votée dès 2018 : « Cette disposition ne figurait pas dans la tête de la ministre des Transports, ni dans celle des  promoteurs du plan », commente le président.
Certes, la porte fermée à l’Ademe n’interdit pas d’entrer dans le plan par la fenêtre de la Dotation de soutien à l’investissement local (DSIL) : Strasbourg a illustré cette voie, qui ajoute un potentiel de 85 millions d’euros, en 2019, aux 50 millions du fonds vélo. Encore faut-il connaître le circuit : « Nous avons dû informer certains préfets de cette possibilité, alors que sa diffusion leur revient », soupire Pierre Serne.

Bataille législative

Alors que le Sénat s’apprête à examiner le projet de loi d’orientation sur les mobilités, les villes et territoires cyclables regrettent de devoir s’en remettre aux aléas des navettes parlementaires, pour nombre de dispositifs susceptibles de stimuler la pratique du vélo : interdiction de stationner à l’amont des carrefours, forfait mobilité durable cumulable avec le remboursement des transports collectifs pour les employeurs, stationnements sécurisés dans les immeubles collectifs… Sans parler des textes inappliqués, comme le déploiement d’un plan de stationnement vélos dans et aux abords des gares, prévu dans la réforme ferroviaire de 2014.
« Nous n’avons pas d’adversaires identifiés, mais il existe de nombreux freins, sans qu’on sache vraiment pourquoi », constate Pierre Serne. L’effet Gilets jaunes alimente l’inquiétude : les rentrées fiscales manquantes et la peur des automobilistes échaudés par les 80 km/h amputeront-elles le plan ?

Cancre européen

A moins de 3 % de part modale pour le vélo dans l’ensemble des déplacements, la 25ème place européenne détenue par la France justifie la vigilance des élus communaux. « Le vélo peut apporter une réponse au contentieux sur la qualité de l’air, entre la France et l’union européenne », ajoute Catherine Hervieux, vice-présidente du club.
La mobilisation ne va toutefois pas jusqu’à l’union sacrée : le club des villes et territoires cyclables n’envisage pas de front commun avec l’association Vélo & Territoire, qui rassemble des élus départementaux, régionaux et intercommunaux, eux aussi déterminés à contribuer au triplement de la part modale du vélo en France, d’ici à 2024.

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