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2011, une année stratégique

le 11/02/2011  |  France entièreCollectivités localesRénovationTravaux sans tranchéeHaute-Loire

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Les professionnels de la rénovation, la construction de locaux et des travaux publics garderont un mauvais souvenir de 2010 en Auvergne. Ils espèrent une reprise en 2011, sans forcément trop y croire.

Un sondage BVA-Gallup International (1) classe la France en tête des pays les moins confiants en leur avenir. Force est de constater que ce pessimisme transpire sur le secteur du bâtiment, et freine la relance d’une activité particulièrement sinistrée.

C’est en tout cas le sentiment qui règne dans les arcanes auvergnats de la profession. « Certes, nous avons ressenti la crise plus tardivement, mais elle s’est doublée d’une crise structurelle, sociétale. Elle se traduit par une perte de confiance en l’avenir, renforcée par des sujets d’actualité anxiogènes », analyse Serge Bagel, président de la Capeb du Puy-de-Dôme.

Un discours que partage largement Armel Le Compagnon. Le président de la FRB Auvergne estime lui aussi que le bâtiment subit les dommages collatéraux de la sinistrose. « Il va falloir que la confiance revienne en 2011. Un peu moins de pessimisme permettrait au secteur du bâtiment de repartir de l’avant. Il suffit de pas grand-chose, d’un déclic », souligne cet entrepreneur installé au Puy-en-Velay (Haute-Loire).

Les quatre départements auvergnats espèrent d’autant plus un nouveau départ en 2011 que les chiffres de l’année écoulée ne sont pas particulièrement bons. Un indicateur : selon la FRB Auvergne, le nombre de logements autorisés a augmenté de seulement 3 % sur l’Auvergne entre décembre 2009 et novembre 2010, pour se situer à 7 687.

Les locaux en chute libre

D’après la Cellule économique régionale de la construction Auvergne, le département de l’Allier fait diminuer la moyenne régionale, avec sa baisse de – 21,7 %. Le contraste est différent en matière de mises en chantier de logements : malgré une baisse estimée par la FRB Auvergne de 4,3 % en moyenne sur un an, elles affichent une progression rassurante dans le Cantal et le Puy-de-Dôme. 6 039 logements ont ainsi été mis en chantier entre novembre 2009 et décembre 2010.

Philippe Vigneron, président de la Fédération des Promoteurs Immobiliers d’Auvergne, rappelle que Clermont-Ferrand et son agglomération concentrent la majorité des nouveaux programmes immobiliers. Il précise que « plus rien » ou presque ne se fait à Issoire ou Riom, qui ne sont plus éligibles au dispositif Scellier. De plus, il ne constate pas de projets « significatifs » dans les autres départements.

« La profession a livré peu de logements, pour la simple et bonne raison que les mises en chantier ont fortement baissé en 2008, pendant la crise. » Comme d’autres acteurs du BTP, il espère que 2011 confortera la reprise amorcée à la fin de l’année dernière. « Au 30 septembre, les adhérents étaient déjà satisfaits de l’année qui venait de s’écouler. Le marché s’est assagi au 3e trimestre, avec une production raisonnée mieux adaptée au secteur et à sa démographie. 2011 ne devrait pas être mauvaise non plus », prévoit-il. Signe positif : les appartements du futur Grand Carré de Jaude, au cœur de Clermont-Ferrand, se sont vendus comme une bouchée de pain…

La situation est plus compliquée pour les locaux hors-logements. En 2010, 716 000 m2 ont été autorisés selon la FRB Auvergne, soit une baisse de 11 % par rapport à 2009. Pire : les mises en chantier ont chuté de 27 % en un an, pour plafonner à 511 000 m2. L’autre mauvaise nouvelle pour les professionnels se situe dans le secteur de la rénovation : « C’est alarmant, car l’activité a baissé sur un an de 4,5 %, alors qu’elle représente quelque 50 % du travail du bâtiment. Au second semestre, il y a même eu un effondrement » s’inquiète Armel Le Compagnon.

Travaux publics : l’horizon est bouché

Concernant les travaux publics, les collectivités auvergnates n’ont pas diminué leurs investissements en 2010. Le montant cumulé par habitant entre 2003 et 2009 est même supérieur au national, avec plus de 5 700 euros. Mais, force est de constater que les résultats des entreprises de travaux publics ne suivent pas : « Ils sont dans la lignée de 2009, sachant que l’activité avait chuté de 30 %. 2010 n’est donc ni florissante, ni intéressante », s’inquiète Pierre Berger, président de la FRTP Auvergne.

Pour preuve, en novembre 2010, le carnet de commandes moyen des entreprises dépassait difficilement… 13 semaines. Pas de quoi pavoiser. D’autant que les perspectives pour 2011 ne sont guère réjouissantes, avec des opérations d’entretien en stagnation et l’absence de projets d’envergure à court terme sur la région.

La situation pourrait toutefois s’améliorer à l’horizon 2012, avec d’importantes échéances pour les travaux publics : à savoir la mise à 2 X 2 voies de la RCEA, le contournement Sud-Ouest de Vichy, la déviation d’Arvant, la liaison Brioude-A75, l’extension de la ligne de tram de Clermont, etc.

Les curseurs au vert

Quelles sont les perspectives d’évolution pour les mois à venir ? La FRB Auvergne s’en tient pour 2011 aux prévisions nationales, avec une légère reprise d’activité, de l’ordre de 2,2 %. La réhabilitation repartirait de 1,8 %. La construction de logements privés de 10 %. Le non-résidentiel, en pleine dégringolade l’an dernier, ne devrait pas vraiment décoller, mais ralentir sa chute autour des – 9 %.

Armel Le Compagnon ne voit qu’une bouée de sauvetage à cette érosion : « Demain, qui tirera l’activité du bas vers le haut ? Sans doute pas l’Etat ou les collectivités, mais le secteur privé, petit ou gros, qui doit prendre le relais .» Il a d’autant plus de raisons d’espérer une reprise que « tous les curseurs sont au vert ».

Et le président de citer la bonne santé des banques, les taux d’emprunt particulièrement bas, la flambée du coût de l’énergie, qui incite à faire des travaux d’isolation… « Toutes nos entreprises se préparent pour l’avenir, invertissent et forment du personnel. Elles se positionnent sur les marchés de demain, comme la réhabilitation, le développement durable… »

Pour atteindre les objectifs du Grenelle, les entreprises devront toutefois innover, surprendre, s’adapter. « Il faut un changement dans la façon d’aborder les marchés. Par exemple, de plus en plus d’entreprises se dotent d’un service commercial pour aller au-devant des clients », insiste-t-il. Lui-même a essayé de faire entrer son entreprise altiligérienne de restauration de monuments historiques « dans un cercle vertueux » en diversifiant son activité, en investissant à l’étranger, en saisissant de nouvelles opportunités. De nouveaux locaux ont même été construits pour 1,5 million d’euros.

Toutes les entreprises n’auront malheureusement pas la chance de sortir la tête de l’eau. Nombreuses sont celles qui ont fait le dos rond depuis le début de la crise, et puisé dans leurs trésoreries pour maintenir l’emploi. « Les entreprises fragiles disparaîtront sans doute en 2011. Ce sera une année stratégique, où tout va se jouer », estime Dominique Hénault, secrétaire régional de la Capeb Auvergne.

C’est aussi l’avis de Pierre Berger pour la FRTP Auvergne : « Pour compenser cette baisse d’activité, les entreprises ont fait chuter leurs prix, quitte à traiter au-dessous du prix de revient. Pendant un an, deux ans, on peut tenir. Trois ans, ça commence à faire beaucoup, avec toutes les conséquences que cela peut entraîner en termes d’emploi, de restructuration… »

Si l’avenir de l’Auvergne est teinté de vert, les professionnels ne voient décidémment pas encore la vie en rose…

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L’Allier mise sur la maison passive

Nicolas Sarkozy, lors de son passage dans l’Allier fin novembre 2010, a tenu à rassurer les élus de la Montagne-Bourbonnaise : le projet de pôle d’excellence rurale dédié à la formation et au développement de la filière bois est « en bonne place sur [son] bureau ».

Cette initiative ambitieuse, si elle se concrétise, vise à valoriser et aider toute la filière. La construction n’est pas en reste, avec la volonté de démocratiser la maison passive sur l’ensemble du territoire. Les enjeux ? Faire connaître ce type d’habitat, former les professionnels et les particuliers au passif ou réduire les coûts de construction en proposant des maisons standardisées et en favorisant l’auto-construction.

Cette belle idée est née de la rencontre entre l’entreprise Vernet Bois Construction, à qui on doit la première maison passive labellisée d’Auvergne sur la commune de la Chapelle (Allier), le lycée privé agricole et forestier Claude-Mercier du Mayet-de-Montagne et la communauté de communes de la Montagne-Bourbonnaise, qui en assureront la maîtrise d’ouvrage.

Ils seront appuyés par des partenaires techniques et financiers, afin de constituer un comité de pilotage. Le budget global du projet, toutes opérations confondues, est de plus de 2,2 millions d’euros. Une aide de l’Etat au titre de PER permettrait d’en financer la moitié. Si le dossier est accepté, les premières études pourraient commencer en février, et le projet aboutir en décembre 2013. Réponse dans les prochains jours.

AUVERGNE L’art dans le bâtiment, le crédo de Christian Karoutzos

C’est une entreprise de taille modeste, avec une douzaine de salariés. Mais dans son secteur d’activité - la restauration d’œuvre d’arts -, Arts et Bâtiment, dirigée par Christian Karoutzos à Issoire (Puy-de-Dôme), fait partie des grands. « Nous possédons un plateau technique important, avec du matériel de nettoyage laser et par micro-abrasion. Nous venons également d’investir 45 000 euros dans un scanner, qui nous permet de modeler des sites en trois dimensions », souligne-t-il. Un savoir-faire qui fait rayonner la société au niveau national depuis 1978. En 2010, elle a restauré des bas-reliefs sur l’Arc de Triomphe. Elle participe actuellement à la rénovation de l’opéra Comédie à Montpellier, du théâtre de Rochefort-sur-Mer, de la cathédrale de Chartres, etc. De beaux chantiers qui, malheureusement, ne parviennent pas à tordre le cou aux difficultés économiques, avec un carnet de commandes ne dépassant pas les 800 000 euros. « C’est la première fois de ma vie que je risque d’avoir un bilan déficitaire », redoute le chef d’entreprise, qui tient à conserver ses emplois. Plusieurs éléments expliquent cette mauvaise passe. D’une part, l’Etat, qui donne désormais la priorité au clos et au couvert pour ses monuments : « Le second œuvre passe en dernier, c’est l’enfant pauvre de la restauration », constate Christian Karoutzos. D’autre part, le marché est saturé, alors qu’il manquait de restaurateurs il y a une trentaine d’années. Pour enfoncer le clou, les gros chantiers en Auvergne se réduisent comme peau de chagrin. Christian Karoutzos fonde désormais ses espoirs sur la restauration de l’opéra de Clermont-Ferrand à laquelle il a répondu, et qui serait pour son entreprise une véritable bouffée d’oxygène !

(1) Pour Le Parisien.

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