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1900 : les colombages dissimulés

le 24/02/2012  |  Collectivités localesFrance entièreHaut-Rhin

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D’une passoire thermique flagrante, la maison du tout début du XXe siècle acquise par Alexandre Fuetterer à Hirsingue (Haut-Rhin) pour sa location par un tiers s’est transformée en un modèle aux performances équivalentes au BBC neuf : les travaux ont divisé par près de huit la consommation d’énergie primaire, passée de… 479 à 63 kWh/m2.an.

Le tour de force a nécessité de prendre son temps pour agir de la façon la plus méthodique et la plus efficace : « Près d’un an s’est écoulé entre le diagnostic thermique de fin 2009 et le début du chantier », souligne Alexandre Fuetterer. Il a fait appel aux compétences de la fine fleur du BTP de cette région du Sundgau… dont l’entreprise de charpente du propriétaire qui emploie 33 salariés.

« Cette maison de cachet, bien qu’en état de délabrement aggravé par son inoccupation pendant dix ans, je l’ai perçue comme l’opportunité d’un chantier-école pour l’entreprise : elle nous procurait l’occasion de piloter une rénovation BBC. Jusqu’alors, nous nous cantonnions au lot maçonnerie-gros œuvre-isolation », souligne Alexandre Fuetterer.

Colombage restitué à l’intérieur

Devant le défi à relever, l’isolation extérieure semblait aller de soi, à la forte restriction près qu’elle risquait de faire disparaître le colombage, si caractéristique de la maison alsacienne. La question a fait débat. « Nous avons choisi de le "sacrifier " en bonne partie à l’extérieur, mais en compensant à l’intérieur où il a été possible de faire réapparaître des colombages qui avaient été plâtrés », expose Alexandre Fuetterer. Cette isolation a consisté en 20 cm de polystyrène, soit 6 cm de plus que ne l’exige la réglementation actuelle. Les 80 cm d’épaisseur du mur en moellon y ajoutent leur inertie.

L’isolation complémentaire sous la toiture a été réalisée en même temps, car la configuration géométrique a requis une parfaite coordination entre les titulaires des lots respectifs, Fuetterer et Dattler : l’isolation extérieure verticale venait rencontrer la forte pente à 50° du toit. L’angle de 50 ° créait un risque de fuites d’air. Au final, l’étanchéité atteint bien 100 %. Une autre caractéristique de la maison a stimulé l’inventivité de l’entreprise Dattler. « L’espacement jusqu’à un mètre entre les chevrons s’est révélé trop important pour les longueurs standards de lattes de la charpente alsacienne traditionnelle. En substitution, nous avons opté pour un parquet en sapin, support sur lequel l’isolant vient se poser de manière à rendre la charpente apparente, ce qui préserve le patrimoine ancien », relate Hubert Dattler. Ce parquet vient ajouter sa résistance surfacique à la performance du matériau (195 mm de laine de roche Rockciel) pour aboutir à un R thermique proche de 6.

Pour la ventilation, une VMC double flux voit sa performance notoirement améliorée par son couplage à un puits canadien de type « provençal » en circuit à l’eau glycolée. « La combinaison pousse l’économie à quelque 90 % », souligne Philippe Brand, chargé d’affaires chez Heinis.

Ce poste procure le complément d’investissement le plus important de la rénovation ( 8 500 euros) pour lui faire atteindre le label BBC, l’option initiale ayant consisté en une simple flux hygro B.

Installé au milieu de la grande pièce commune du rez-de-chaussée, un poêle à granulés assure le chauffage. De type « ventouse » – une conduite assure l’apport d’air frais directement dans l’appareil – il n’a pas connu de dysfonctionnement.

« La maison dispose d’un radiateur électrique de secours mais le locataire n’a jamais eu besoin de le mettre en marche même après une absence prolongée, compte tenu de l’inertie globale de l’habitation », relève Alexandre Fuetterer.

PHOTO - Apräs travaux-6.eps
PHOTO - Apräs travaux-6.eps - © FUETTERER
Fiche technique

Maître d’ouvrage : Alexandre Fuetterer. Isolation murs et plancher : Fuetterer. Isolation du toit : Dattler. Fenêtres : Muller. VMC et eau chaude sanitaire : Heinis.

Chauffage : Supra. Bureaux d’études : Ecotherm (thermique), Alsace Maison Autonome (conseil étanchéité à l’air), Alsatech (contrôle étanchéité à l’air). Surface : 194 m2, Shon sur deux niveaux. Coût des travaux thermiques : 75 300 euros.

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