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14 m de diamètre pour un tunnelier conçu et réalisé en France

Gilles Rambaud |  le 16/12/2011  |  France entièreEuropeSaône-et-LoireIngénierieMatériel de chantier

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Destinée à l’Espagne, cette machine est en cours de finalisation chez NFM Technologies, au Creusot.

L’industrie française est encore capable de grandes réalisations. La preuve avec un tunnelier de 14 m de diamètre pour plus de 100 m (l’actuel record est de 15,43 m) de long en cours de finalisation dans les usines de NFM Technologies, au Creusot, en Saône-et-Loire. Il a fallu un an pour concevoir et assembler cette machine, cinq semaines pour la tester, avant de la démonter, l’expédier morceau par morceau en Espagne, la réassembler sur le chantier pour une entrée en terre prévue au printemps 2012. Commandé et opéré par OHL, ce tunnelier va percer 2 km de galerie sous le Guadalquivir pour achever la boucle SE-40, un périphérique routier autour de la ville de Séville. Passer sous un fleuve implique de traverser des sols alluvionnaires, d’avoir à supporter une forte pression d’eau et à orienter le percement d’abord en descente puis en montée. Autant d’impératifs du chantier qui ont guidé la conception de la machine. « Toujours nous adapter à la demande du client. C’est l’une de nos forces », souligne Hervé Goujon, chargé technique chez NFM Technologies.

Premier choix : la technique de la pression de terre. Le bouclier à l’avant tourne et creuse le terrain. Les déblais tombent dans une chambre d’où ils sont évacués par une vis sans fin. En attendant, ils y forment un tampon mis sous pression. « La pression sert à chasser l’eau et à maintenir le terrain alentour », précise Hervé Goujon. Objectif : toujours garder 5 bars de pression. La vitesse d’évacuation sert de régulateur. Derrière cette chambre d’abattage vient l’érecteur : un robot qui plaque contre la paroi des voussoirs de 13 t et injecte un mortier de bourrage. Puis c’est au tour des vérins de poussée d’entrer en action : ils s’appuient sur l’anneau de voussoir qui vient d’être mis en place et font avancer toute la machine de 2 m. L’inclinaison du bouclier et un jeu sur les vérins de poussée orientent le percement. Tout cela se passe en tête de tunnelier. Le reste est dévolu à la machinerie. Il en a…

Câble haute tension de 20 000 V

Cette machine fonctionne à l’électricité. Elle est alimentée par un câble haute-tension de 20 000 V venant de l’extérieur. Elle transporte donc de gros transformateurs et de puissantes armoires électriques. Un faisceau de câbles de 700 V renvoie la plus grosse partie du courant vers le bouclier, entraîné par 21 moteurs électriques de 350 kW chacun. Le reste de l’électricité va alimenter une batterie de pompes hydrauliques, alignées les unes derrière les autres qui envoient de l’huile vers les vérins de poussée, l’érecteur et la vis d’évacuation entrainée hydrauliquement. Cela nécessite un réservoir d’huile de 24 000 l et quelques kilomètres de flexibles de gros diamètres. Ils longent d’autres circuits : graisse pour la lubrification automatique de la mécanique, eau pour le refroidissement, mortier pour les injections, bentonite pour la lubrification de la tête de coupe, air pour la mise sous pression de la chambre d’abattage lors des travaux de maintenance, etc. Tous ces tuyaux sont reliés à des pompes, des centrales, des cuves, des distibuteurs… Moins spectaculaires, plus fins, mais tout aussi importants sont les fils, les capteurs, les sondes et les électrovannes des systèmes de contrôle. Car au cœur de la machine il y a une cabine de pilotage informatisée et une électronique de précision. « Un tunnelier c’est un assemblage de toutes les disciplines. De la mécanique, de l’électricité de puissance, de l’électronique, beaucoup de fluides, des gaz et de l’informatique. Un peu comme une centrale nucléaire », résume Anne Brissaud, responsable communication. Un clin d’œil à Framatome, l’ancêtre de NFM, et au savoir-faire industriel français.

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PHOTO - 601724.BR.jpg - © Photos G. Rambaud
Un savoir-faire issu du nucléaire

Neyrpic Framatome Mécanique (NFM) naît en 1988 du rapprochement d’une division de Framatome (aujourd’hui Areva) et de Neyrpic (Alstom). NFM commence à fabriquer des tunneliers sous licence Mitsubishi et au fil du temps, acquiert son propre savoir-faire. Mais Framatome décide de recentrer ses activités vers le nucléaire et, en 2001, vend NFM technologies à un constructeur allemand : Wirth. Celui-ci n’a pas l’assise financière pour supporter les flux de trésorerie que génèrent ces gros tunneliers. Il revend NFM à une entreprise chinoise, NHI, propriétaire du français depuis 2007. Novice en la matière, le chinois s’appuie sur le bureau d’études de Lyon et sur l’usine du Creusot pour répondre à son marché domestique. Il vient cependant d’inaugurer un second site de production en Chine pour le marché asiatique, tout en gardant LeCreusot pour l’Europe et l’Amérique latine. Le bureau d’études, lui, reste en France.

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