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12e Biennale d’architecture de Venise : une édition élégante et convaincante

le 02/09/2010  |  ProfessionArchitectureBouches-du-RhôneGirondeRhône

Sous l'impulsion de Kazuyo Sejima, Venise propose actuellement une de ses meilleures Biennales d'architecture. L'idée de l'architecte japonaise, directrice de cette 12e Mostra, était de créer les conditions d'une rencontre personnelle avec l'architecture. Frédéric Lenne, directeur du département Architecture du Groupe Moniteur, estime qu'elle a abouti de manière très fluide à de multiples présentations où la grâce est souvent présente.

En confiant à Kazuyo Sejima la direction de la 12e Biennale internationale d'architecture de Venise, les organisateurs de cette manifestation très courue ont fait un choix heureux. L'architecte japonaise (qui a fondé avec Ryue Nishizawa l'agence Sanaa) a, en effet, réussi à assembler des matériaux fort divers pour donner à cette édition une tonalité générale faite de légèreté et de grâce dans laquelle les visiteurs s'immergent naturellement et souvent joyeusement. Sejima réalise ainsi l'ambition qu'elle s'était fixée de créer les conditions d'une rencontre personnelle avec l'architecture, ce que suggère le thème général qu'elle a proposé pour cette Biennale : "People meet in architecture".
Jusqu'au 21 novembre 2010, de nombreux lieux vénitiens sont dédiés à l'architecture. Elle investit non seulement, comme à l'accoutumée, l'Arsenal et les pavillons des Giardini mais elle innerve aussi la cité dans de nombreux autres endroits pour des présentations nationales ou des expositions. À l'instar des éditions précédentes, tous les participants ne se sont pas exactement pliés au thème général proposé par la directrice. Mais un même souffle réunit l'ensemble dans un approche cohérente qui permet, selon le vœu de Sejima, "de reconsidérer le potentiel de l'architecture dans la société contemporaine". Dans cette perspective, cette Biennale parle autant d'architecture que d'urbanisme, de bâtiments que d'ouvrages d'art et d'infrastructures.

"If buildings could talk..."

La visite de l'exposition principale dans la Corderie de l'Arsenal commence de manière magistrale par un film aérien en trois dimensions de Wim Wenders "If buildings could talk...", composé comme une promenade narrative dans le Rolex learning center (Sanaa, architectes) de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. La suite propose un parcours très fluide où différentes mises en scène sollicitent des émotions spatiales diverses en jouant sur chacun des cinq sens. Certaines sont des installations de même nature que les installations artistiques. D'autres établissent des incursions dans le travail d'architectes d'horizons variés.
Parmi les installations les plus spectaculaires, celle mouillante de l'artiste danois Olafur Eliasson explore l'espace temporel entre deux secondes par le biais de jets d'eau en tout sens qui apparaissent et disparaissent dans le noir, éclairés qu'ils sont par des lumières stroboscopiques. Ailleurs, une promenade dans les nuages est proposée par le japonais Tetsuo Kondo qui, avec la complicité des ingénieurs allemands de Transsolar, crée une atmosphère enveloppante comme un bain de vapeur dans laquelle le visiteur circule au sol et s'élève par le biais de passerelles. Plus loin, un mur reproduit une liste de 850 noms de célébrités interrogées par le suisse Hans Ulrich Obrist tandis que des écrans donnent accès aux interviews qu'il a réalisées de participants à la Biennale.
Dans une autre salle, l'architecte espagnol Anton Garcia-Abril et Ensamble Studio jouent avec les équilibres en associant de très grandes poutres avec de massifs blocs de pierre ou de béton. Là où l'enfilade des salles bifurque sur la gauche, Amateur Architecture Studio, l'agence du désormais célèbre chinois Wang Shu, se livre à une acrobatie en créant un dôme de pièces de bois toutes de même section, seulement reliées entre elles par de simples crochets métalliques. Dans son esprit, cette structure très légère et facile à monter établit un lien entre l'Occident que symbolise le dôme et l'Orient qui emploie des principes techniques traditionnels très simples.
Les architectes indiens de Studio Mumbai juxtaposent outils et matériaux afin de simuler un espace de travail où la pensée architecturale se développe dans une réflexion collective à partir des conditions de vie, des techniques et des matériaux disponibles. Enfin, Toyo Ito occupe toute une salle avec des dessins et des maquettes à plusieurs échelles du Taichung Metropolitan Opera en cours de construction à Taiwan. Ce projet du grand architecte japonais chez qui Sejima a commencé sa carrière marque une rupture dans son œuvre et étonne par ses formes très arrondies et de très grande taille.
La visite n'est pas terminée mais il est impossible de mentionner ici chaque prestation tant elles sont nombreuses...

A noter la parution d'un reportage complémentaire sur la Biennale dans "Le Moniteur des Travaux Publics et du Bâtiment" n°5573, à paraître le vendredi 17 septembre 2010.

Illustration de la Biennale d'architecture de Venise 2010
Illustration de la Biennale d'architecture de Venise 2010

Le pavillon français face aux métropoles du XXIe siècle

Un dispositif dynamique et des effets miroirs, entrelaçant films, dessins et slogans, font du Pavillon français un espace de questionnements sur le développement des villes et des territoires. A partir des cas concrets du Grand Paris, de Bordeaux, Lyon, Marseille et Nantes Saint-Nazaire, l'exposition "Métropolis ?" du pavillon français, dont l'architecte Dominique Perrault est le commissaire, se compose de propositions urbaines qui dessinent une vision prospective et suggèrent d'imaginer d'autres stratégies territoriales. Y est largement développée la notion de vide considéré "comme un matériau de protection, restructuration et construction de la métropole". Mais ce vide occupe singulièrement tout l'espace du Pavillon. Le propos y est clair et vif. Il s'appuie sur des problématiques spatiales qu'il dépasse pour s'ouvrir largement à des considérations sociétales. Rarement Pavillon français ne s'est autant inscrit dans l'air du temps.

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