Innovation produits

Tout savoir sur les isolants biosourcés

Sur un marché dominé par les isolants minéraux, les isolants biosourcés, à base de matière première animale ou végétale, quoiqu’encore marginaux, gagnent du terrain. Ces nouveaux matériaux renouvelables ont l’avantage de présenter un bilan écologique positif.

Le polystyrène, les laines de verre et de roche, bref les isolants traditionnels représentent toujours l’écrasante majorité du marché de l’isolation. Néanmoins, les isolants issus du recyclage du papier ou de vêtements, tel Métisse d’Emmaüs, et les isolants d’origine végétale ou animale sont présents dans de plus en plus de projets. La paille pour une école à Issy-les-Moulineaux, la fibre de bois pour des logements sociaux dans les Alpes ou encore la ouate de cellulose pour une tour de bureaux à Dijon, l’heure est à l’isolation « low tech ». D’après l’Association Syndicale des Industriels de l’Isolation Végétale, créée fin 2009, les isolants biosourcés représentent environ 5% du marché et pourraient rapidement atteindre les 10%.
Aujourd’hui, seuls les produits en fibres de bois et en ouate de cellulose se vendent à des prix très compétitifs. Grâce notamment à la disponibilité de la matière première.
Pour que les autres isolants biosourcés puissent concurrencer sérieusement les isolants synthétiques ou minéraux, il faudra réduire fortement leurs coûts. Face aux millions de m3 pouvant sortir chaque année d’un site de production de laine minérale, le coût de production industrielle reste nettement plus défavorable pour le produit biosourcés.

Mais qui dit isolants biosourcés, ne dit pas pour autant produits totalement naturels. Tous se composent d’adjuvants nécessaires à leur durabilité, tels que des liants polyesters, des agents ignifugeants, antimoisissures et anti-insectes. Ce n’est donc pas un hasard si les services « Recherche » des industriels se penchent sur de nouveaux liants ; certains d’entre eux testent d’ailleurs aujourd’hui l’amidon de maïs comme liant.
Afin de pouvoir réellement parler d’ « isolants naturels », la recherche doit se pencher aujourd’hui sur de nouveaux liants. En attendant, les industriels doivent tendre à plus de transparence sur la composition de leurs produits. La France pourrait, par exemple, s’inspirer d’une initiative du gouvernement allemand, le « R-Symbol », renseignant d’un coup d’œil sur la part de ressources renouvelables, minérales et métalliques et fossiles composant l’isolant.

Il faudra aussi veiller à être plus transparent sur les analyses des cycles de vie. En France, ces indications sont renseignées par les fabricants eux-mêmes à traves les Fdes. Afin d’obtenir des bases de données plus fiables et complètes, beaucoup se tournent vers la Suisse et son « EcoInvent » ou la « Baubook » autrichienne. Cette dernière informe par exemple que la botte de paille est certainement le matériau le plus écologique.

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