Enjeux

Zénith regarde vers le haut

Mots clés : Manifestations culturelles - Travaux publics

L’ensemble alsacien confirme la pertinence de son modèle, une fédération souple d’entreprises autour des TP.

De ses quinze premières années de carrière dans les travaux routiers, Michel Heintz a acquis quelques convictions : « La culture de groupe, qui a sans doute ses vertus, n’est pas faite pour moi, surtout quand elle pousse à la centralisation. Le capitalisme rhénan, qui ne dissocie pas actionnariat et pouvoir opérationnel, répond mieux à ma philosophie. Pour réussir une transmission d’entreprise, mieux vaut que le cédant reste un temps aux manettes. Et quand on grandit, il faut s’appuyer sur un dirigeant de site très autonome, car un patron ne peut pas ouvrir le portail au petit matin à deux endroits différents. »

Une structure légère. Après avoir observé, l’ingénieur diplômé de l’Insa Strasbourg a mis en application ces préceptes en devenant un entrepreneur, façonneur de l’un des principaux acteurs indépendants des travaux publics dans l’Est : Zénith, « non pas groupe, mais union d’entreprises ». Anagramme de Heintz -une entorse à la modestie naturelle du dirigeant -, Zénith est une structure légère qui détient entre 51 et 100 % de six sociétés alsaciennes auxquelles elle laisse leur autonomie de fonctionnement.

L’ensemble de 250 salariés pour 48 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier s’est constitué progressivement à partir de 2004 par des reprises de PME. Adam TP, à Bouxwiller (Bas-Rhin), a ouvert le bal. « En l’absence de transmission familiale, le dirigeant, Jean-Louis Adam, était prêt à céder, mais uniquement à un indépendant. Nous nous sommes retrouvés sur des valeurs communes, et Jean-Louis est resté trois ans pour assurer la transition », souligne Michel Heintz. Filiale d’Adam TP, Hanau (déconstruction et désamiantage) est acquise la même année à Bouxwiller. Parmi les étapes-clés suivantes figurent l’acquisition, en 2007, du fonds de commerce de deux PME en dépôt de bilan à Colmar (Haut-Rhin) qui sont devenues Alter (TP) et Gaïal (déconstruction et désamiantage), puis le rachat, en 2013, de Denni-Legoll (TP) à Griesheim-près-Molsheim (Bas-Rhin), à nouveau dans un scénario de cession par les familles fondatrices, qui maintiennent l’un des descendants au capital et dans le management.

La fédération d’entreprises fonctionne selon une autre règle que son patron s’est forgé, le « 4 x 1 : un dirigeant, un métier, un dépôt physique, une zone géographique ». Les trois sociétés de TP ont comme « zone de chalandise » naturelle des portions de départements : le nord du Bas-Rhin pour Adam, le sud pour Denni-Legoll et la région de Colmar pour Alter. Elles évoluent principalement dans les terrassements, la pose de réseaux et la voirie. Hanau et Gaïal étendent leurs prestations à l’Alsace, la Lorraine et la Bourgogne-Franche-Comté, tandis que Céterra, reprise en 2013, basée à Griesheim-près-Molsheim, déploie son activité d’ingénierie environnementale et de dépollution de sols dans tout le quart nord-est.

« Les marchés privés représentaient de longue date plus de 50 % de l’activité, cette clientèle se montrant réceptive à notre volonté de participer à la conception des projets (métrage de réseaux, dimensionnement de voiries… ). Cela nous a aidés à passer le cap de la crise », relate Michel Heintz. A présent, Zénith entend « repartir de l’avant », ce qui peut passer par de nouvelles croissances externes, dans les régions voisines de l’Alsace.

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ENCADRE

250

250 salariés

48 M€ de CA en 2016, dont 70 % en TP et 30 % dans l’environnement

6 sociétés.

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