Territoires Flandre-Occidentale

WinVorm ou le jeu collectif à la flamande

La question en turlupine plus d’un : pourquoi, lorsqu’on se promène en Flandre, n’observe-t-on pas la même qualité en termes d’aménagement en France et en Belgique ? Le différentiel en matière de traitement de l’espace public peut même parfois carrément s’apparenter à un fossé à quelques kilomètres de distance seulement, comme entre Armentières et Kemmel, par exemple. Patrice Vergriete, le maire de Dunkerque, se demande, pour sa part, pourquoi sa ville n’a pas été capable de développer la plaisance comme l’a fait la voisine Nieuwpoort alors qu’objectivement les conditions sont les mêmes. Les Belges font certes preuve d’un réel savoir-faire quand il s’agit d’aller chercher des aides européennes, pour autant réduire le terrain d’expression de leur talent aux couloirs de Bruxelles revient un peu à se cacher derrière son petit doigt.

Prenez WinVorm. Ce collectif sans statut juridique a tout changé dans la façon d’opérer en Flandre-Occidentale. L’équipe était en voyage d’étude, le 13 septembre, à Dunkerque et Grande-Synthe. On peut traduire WinVorm par « la Flandre qui gagne ». Il y a dix ans, la province de West-Vlaanderen (Flandre-Occidentale) décide de hausser le niveau de sa production architecturale. Une chambre de qualité est créée dont le prolongement sera WinVorm via le lancement régulier d’appels à projets. Outre la province, y sont représentés les intercommunalités, l’agence foncière flamande et le Vlaams Bouwmeester, qui joue le rôle d’architecte en chef. L’idée : insérer les opportunités de projets dans une dynamique européenne pour que la qualité rejaillisse jusqu’au plus petit projet local.

Incitation au concours.

Concrètement, la province met en place un objectif, par exemple l’amélioration des espaces publics dans les villages flamands, et part à la recherche de subsides. Pour prétendre à ceux-ci, il faut passer par l’équipe WinVorm, (composé de conseils, détachés spécialement par les différentes structures participantes), qui va se charger de la sélection – et de la rémunération – de concepteurs, le choix final restant bien entendu du ressort de la puissance publique. Mais WinVorm accompagne les projets jusqu’à leur livraison (une centaine à ce jour). Ainsi, sur la base de ce cercle vertueux, le Vlaams Bouwmeester peut se décharger du suivi des « petits projets ».

« L’observation du territoire est permanente, explique Bern Paret, en charge du territoire du Westhoek et animateur de WinVorm. Or, si l’on prend le cas de nos villages, on s’aperçoit que le poids du passé empêche souvent les décisionnaires politiques de voir le présent tel qu’il est et d’offrir les perspectives à même de répondre aux mutations de l’époque. C’est le sens de l’existence de WinVorm : prendre conscience qu’on a besoin de sortir de nos structures respectives pour aller vers les autres et construire ensemble. C’est aussi un travail d’éducation. On voit désormais des communes réclamer d’elles-mêmes de passer par notre chambre de qualité. » En somme, travailler avec WinVorm c’est se donner les moyens d’une ambition et, accessoirement, de payer correctement les architectes.

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