Enjeux

Willy Naessens attaque la France par le nord

Mots clés : Établissements industriels, agricoles, ICPE

Le leader belge de la construction de bâtiments industriels ouvre une antenne dans le Pas-de-Calais. Et ce n’est qu’une première étape.

Depuis l’autoroute A1, dans le nord de la France, le totem est immanquable. Une dalle en béton de 15 mètres de haut, ornée du logo rouge et bleu de Willy Naessens, un spécialiste de la construction de bâtiments industriels. « On a réfléchi à l’inclinaison et à l’éclairage de nuit pour qu’il soit aussi visible du TGV », précise Rudy Platteau, directeur France de cette entreprise belge leader dans son pays, qui vient de s’implanter dans le Pas-de-Calais (elle était déjà actionnaire de la société normande Thibault Bâtiment industriel). Depuis février, la ville de Bapaume accueille en effet le siège social de l’une des 24 sociétés du groupe flamand.

L’intégration verticale et l’autonomie expliquent la réussite du groupe.

Willy Naessens, c’est au total 1 500 employés pour un chiffre d’affaires de 430 millions d’euros. Construction de supermarchés, de plates-formes logistiques, d’usines, de bureaux tertiaires, de piscines… « On est là partout où l’on peut appliquer notre béton préfabriqué », résume Dirk Deroose, 47 ans, P-DG de ce groupe fondé en 1962 par celui qui lui a donné son nom. Ce dernier, âgé aujourd’hui de 78 ans, avait une obsession : jouir d’une autonomie complète. Un vœu exaucé. Aujourd’hui, Willy Naessens maîtrise la construction du clos couvert d’un bâtiment de A à Z : conception, terrassement, fabrication des poutres, des murs, de la menuiserie… jusqu’au transport des matériaux sur le chantier, grâce aux 80 camions que possède l’entreprise.

Une usine française dans deux ans. Une intégration verticale qui explique aussi l’insolente réussite du groupe, malgré la crise du bâtiment. Depuis 2000, Willy Naessens a quintuplé son chiffre d’affaires. « Quand est survenue la crise, nous avions déjà amorti nos grues, nos camions et la plupart de nos usines. Nous avions les fonds pour pouvoir diminuer les prix », relate Dirk Deroose. Aujourd’hui, l’entreprise affirme qu’elle propose des tarifs 5 à 15 % plus bas que ses concurrents. « Au sein d’un même groupe, la coordination entre tous les corps de métier est facile. Et l’on ne perd pas de temps à faire des comparaisons de devis. » Moins cher, plus rapide… La concurrence doit-elle s’inquiéter ? En tout cas, Bapaume n’est qu’une première étape en France.

Il y a dix ans, Willy Naessens prospectait le marché du Nord-Pas-de-Calais. Aujourd’hui, sur les 500 bâtiments construits par le groupe chaque année, une cinquantaine le sont en France, au nord de Paris, pour un chiffre d’affaires cumulé de 25 millions d’euros. « On commence par créer le marché localement, et c’est seulement quand une nouvelle unité de production s’avère nécessaire qu’on s’implante », résume Dirk Deroose. Un équivalent de l’antenne bapalmoise – qui emploie 12 personnes affiliées à la vente et à la gestion des chantiers – doit ainsi s’installer d’ici quelques mois entre Metz et Nancy. Dans deux ans, une usine de préfabriqué verra le jour entre Paris et Orléans. « On ne refuse jamais un client ! Qui dit que l’acheteur d’un bâtiment à 50 000 € n’en bâtira pas un à 50 millions, cinq ans plus tard ? », énonce encore le P-DG. Pragmatique… et conquérant.

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ENCADRE

1 500

1 500 employés dans 24 sociétés.

12 salariés à Bapaume.

430 M€ de chiffre d’affaires, dont 25 M€ en France.

500 bâtiments construits chaque année, dont une cinquantaine en France.

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