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Ween veut devenir le thermostat star

Mots clés : Domotique

« Ringardiser » la domotique classique, tel est l’objectif de la jeune pousse provençale.

Un thermostat qui permet de réaliser jusqu’à 30 % d’économies sur sa facture, facile à utiliser et au design soigné : voici le produit que Nathanaël Munier et Jean-Laurent Schaub, ingénieurs Arts et Métiers et cofondateurs de Ween à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), estiment avoir conçu. Le jury du dernier Consumer Electronics Show (CES 2016), salon mondial de l’électronique grand public qui se tient chaque année à Las Vegas, a en tout cas apprécié. Ween y a reçu un prix de l’innovation dans la catégorie « maison intelligente », en compagnie de 46 autres jeunes pousses.

« La praticité de notre produit et son design sont deux aspects qui ont particulièrement plu outre-Atlantique », se réjouit Jean-Laurent Schaub. Praticité ? Le thermostat de Ween est en effet pensé pour fonctionner tout seul. Ses créateurs ont eu l’idée – brevetée en 2014 – de connecter le thermostat de l’utilisateur à son smartphone : lorsque l’utilisateur s’éloigne de chez lui, le chauffage baisse, et inversement lorsqu’il rentre à son domicile. « Les thermostats connectés classiques établissent un planning qui, une fois fixé, ne tient pas compte des aléas dans l’organisation de la journée des utilisateurs. Or, nos vies ne sont pas des programmes ! » explique Jean-Laurent Schaub. Grâce à cet appareil qui vise à « coller » parfaitement à l’agenda de son utilisateur, les cofondateurs de Ween estiment que l’on peut réaliser entre 20 et 30 % d’économies sur sa facture. « Avec un thermostat intelligent classique, ce chiffre est de l’ordre de 10 % », affirme Jean-Laurent Schaub. Comme Ween utilise la géolocalisation pour fonctionner, se pose toutefois la question de la confidentialité des données. « Ween ne stocke aucune information de localisation, explique son cofondateur. Il indique seulement le temps estimé pour que l’utilisateur rentre chez lui. »

Ween touchera-t-il le jackpot ?

La start-up vient de lever 1,8 million d’euros et va lancer une campagne de tests de prototypes. Avant de passer à la commercialisation proprement dite. « A Las Vegas, nous avons rencontré de nombreux partenaires, industriels, distributeurs, explique le cofondateur de la marque. Ils connaissent déjà bien les thermostats intelligents proposés par Nest, et ils ont vite compris en quoi consistait la valeur ajoutée que nous leur proposions. » Ween va-t-il être racheté à prix d’or par un géant de l’Internet, comme cela a été le cas pour Nest, acquis en 2014 par Google pour la modique somme de 2,3 milliards d’euros ? « Pour le moment, nous nous concentrons sur la production et nous nous employons à prouver que notre thermostat fonctionne et permet de faire des économies, explique Jean-Laurent Schaub. Comme nous proposons un produit saisonnier, nous allons profiter de la période estivale pour peaufiner la distribution, le service après-vente, le site Web… » La start-up annonce également une campagne de communication importante fin février. Nos vies ne sont pas des programmes, certes, mais l’équipe de Ween prend toutefois bien soin de franchir les étapes les unes après les autres.

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2014 Création de Ween.
1,8 million d’euros Levée de fonds fin 2015.
6 mois pour mettre au point le procédé.

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L’avis de notre expert

« L’équipe de Ween a conçu son thermostat en pensant d’abord à l’utilisateur plutôt qu’au produit, et non l’inverse. Leur appareil est donc très simple à utiliser, ce qui constitue un premier atout. Pas besoin d’être un spécialiste pour s’en servir efficacement. Les thermostats « intelligents » plus classiques peuvent être compliqués à installer. Second atout : le design très soigné. Ween pourrait continuer sur cette lancée, en structurant de nouvelles gammes conjuguant design et facilité d’utilisation. Le prix de l’innovation, reçu au CES 2016, devrait leur faciliter l’ouverture à l’international. »

Thomas Le Diouron, cofondateur de la société de conseil Impulse Partners.

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