Intérieur

Ward Bennett Icône discrète du minimalisme

Mots clés : Architecture intérieure

Il a fréquenté Le Corbusier qui a influencé sa vision de l’aménagement intérieur, ses mobiliers font écho à ceux de Marcel Breuer, ou Mies van der Rohe. Sa philo-sophie : « dans la vie comme dans le design, essayer de ramener tout à un minimum ». Treize ans après sa mort, l’icône du design américain Ward -Bennett s’apprête à devenir accessible au grand public européen.

Le concepteur américain Ward Bennett est un talent majeur mal connu. Pourtant, il a signé plus de 150 chaises, dont certaines sont devenues des classiques aux États-Unis. Autodidacte, il a côtoyé des personnalités célèbres, auprès desquelles il a appris ou pour lesquelles il a travaillé. Ses projets d’aménagement intérieur ainsi que sa conception de mobilier mettent en lumière une approche innovante, à la fois minimaliste et industrielle. Sa vie et son œuvre portent la marque d’un itinéraire singulier.

Né en 1917 et mort en 2003, Ward Bennett est un esprit non conventionnel. Bien que récompensé par l’Institut américain des architectes (AIA), placé dans le panthéon des designers du magazine Interior Design, et figurant dans la collection permanente du MoMA et du Cooper Hewitt à New York, rares sont les archives qui présentent son travail. Peut-être parce que cette icône discrète, refusant les étiquettes et loin des enjeux des médias, fait partie des inclassables. Il s’intéresse à tous les domaines, se définit comme un « designer à l’image des artistes pluridisciplinaires de la Renaissance » et exerce des métiers variés : styliste, décorateur de vitrine, sculpteur, créateur de bijoux et arts de la table (pour Tiffany & Co et Sasaki). Finalement, il se fait un nom dans le design d’intérieur dès les années 1950, auprès de commanditaires influents, tels David Rockefeller, le Président -Lyndon B. Johnson, la famille Agnelli (Fiat), ou les Werner (magazine-Rolling Stone).

Son parcours est à l’image de sa formation, éclectique. Il débute à l’âge de 13 ans comme livreur de lingerie. Rapidement remarqué pour son sens de l’esquisse, il est appelé à réaliser des croquis de mode. Sa vie est ensuite jalonnée de rencontres avec les « meilleurs dans leur domaine », estime-t-il, pour apprendre d’une école empirique qui suit le fil de ses intuitions. Voyageur infatigable, ce fin observateur déclare « tout absorber comme une éponge ». Au contact d’artistes tels que le peintre Hans Hoffman et le sculpteur Constantin Brancusi, ses questionnements sur l’espace deviennent centraux. Il est en outre influencé par sa relation avec Le Corbusier, lequel le...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 248 du 15/02/2016
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