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VOYAGE DANS LES LIMBES ROSSIENNES

Il y a quelque chose d’effrayant dans la rigueur et l’austérité de l’architecture d’Aldo Rossi, quelque chose de grave qui la distingue dans la famille postmoderne où on la range souvent un peu vite. Comme la cour de l’école primaire de Broni (1969-1970), aussi cruelle que celle d’une prison. On a déjà vu cent fois les fenêtres carrées des maisonnettes à toiture double pan qui peuplent ses projets et les triangles équilatéraux qu’il fait fontaine ou pont selon les lieux. Où les a-t-on vus précisément ? Partout, et nulle part à la fois. Ces formes élémentaires sont le spectre d’une culture commune, les fantômes de nos souvenirs d’enfants. D’où l’inquiétante étrangeté freudienne qui enveloppe quiconque longe les tombeaux du cimetière de Modène (1971-1978), alignés tels des cabines de plage. Le malaise qu’infuse la production rossienne par la répétition compulsive de symboles semble universel. L’ambitieux essai de l’architecte franco-turc Can Onaner...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 258 du 17/03/2017
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