Régions

Vosges Des grille-pain à l’ossature bois : l’épopée d’Ossabois

Mots clés : Bois - Gros oeuvre

Avec ses 360 cottages à livrer au rythme de deux à trois par jour, la grosse commande du Center Parc de Sarrebourg conforte de manière spectaculaire le pari vosgien de Pascal Chazal, P-DG d’Ossabois : reconvertir l’usine de grille-pain SEB implantée au Syndicat (Vosges), en unité de production d’ossatures bois d’une capacité de 560 m2 par jour. Opérationnel depuis mars dernier après un investissement de 1,4 million d’euros, le second site de la PME créée à Noirétable (Loire) en 1981 répond aux besoins d’un marché qui reste en expansion.

« L’intérêt des bailleurs sociaux et des particuliers pour la basse énergie et le bois compense le tassement des commandes des promoteurs », explique Pascal Chazal. Au Syndicat, la maison en bois basse énergie clef en main représente 35 % de la production, alors qu’Ossabois a longtemps concentré son activité sur les résidences de tourisme et les chalets de montagne.

Stratégie gagnante pour le conseil général

Avant de décrocher le marché du Center Parc lorrain, la nouvelle usine vosgienne répondait aux commandes de sa maison mère et de maîtres d’ouvrage locaux, comme le montre l’exemple de 23 logements sociaux en bois réalisés par l’Opac des Vosges à Saint-Nabord. Alors que l’entreprise disposait en 2007 d’une capacité de production de 600 maisons par an pour un chiffre d’affaires de 48 millions d’euros, elle se fixe un objectif de 1 000 maisons et 58 millions d’euros pour 2008.

Depuis des années, le conseil général des Vosges cherchait une locomotive industrielle pour doper sa filière bois construction, sans saturer la niche de la maison en bois haut de gamme, apanage des constructeurs locaux, représentant 4 % du marché. En 2007, la collectivité avait essuyé un échec avec le projet avorté du canadien Modulex qui avait envisagé de reprendre le site et 200 des 439 salariés de SEB. Moins ambitieuse avec seulement 60 salariés, la PME française paraît réussir une partie de cette reconversion.

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« Précision et qualité, quel que soit le produit final »

Sur le site vosgien d’Ossabois, 90 % des salariés sont d’anciens opérateurs de SEB. Le passage de l’électroménager à la maison en bois est-il très difficile ?

Nous sommes des industriels qui mettons en œuvre des machines outils. Nous devons faire preuve de la même exigence de précision et de qualité, quel que soit le produit final.

Les spécialistes de la maison en bois œuvrent dans le bureau d’études de la société. Néanmoins, nous avons été sélectionnés pour suivre une formation spécifique dans l’usine de Noirétable entre septembre 2007 et mars dernier.

Désormais, 53 % des salariés sont des femmes, ce qui constitue une nouveauté dans la profession. Quel bilan pouvez-vous tirer de cette mixité ?

Nos opératrices possèdent des qualités de soin et de précision très utiles pour les travaux de finition. Nous avons tenu compte de cette donnée dans l’organisation des postes de travail, en réduisant la manutention de pièces lourdes. Sans nuire à la production, ce dispositif améliore aussi les conditions de travail des hommes.

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