Enjeux

« VNF espère proposer d’autres PPP »

Didier Sachy, directeur de l’infrastructure de VNF, investit 135 M€ pour améliorer le réseau navigable.

M. Quels types d’ouvrages gère Voies navigables de France (VNF) au quotidien ?

Le réseau de VNF représente 6 700 km de cours d’eau, avec des ouvrages de différentes natures. Parmi eux, 700 km de digues, environ 1 800 écluses, 75 ponts-canaux, 25 tunnels. Nous comptons aussi près de 500 barrages de navigation pour conserver les hauteurs d’eau et 65 barrages-réservoirs qui assurent l’alimentation des canaux artificiels. Nous avons quelques « ouvrages d’accompagnement » comme des passes-à-poissons, des centrales hydroélectriques, ou des ouvrages de franchissement particuliers, à l’image du plan incliné du col de Saverne (Bas-Rhin), un « ascenseur à bateaux » qui remplace 17 écluses.

M. Avec un budget de 135,3 M€ en 2017 (soit – 13 % par rapport à 2016), comment établissez-vous vos priorités ?

Plus l’argent est rare, plus nous devons être attentifs à son utilisation. Nos décisions répondent à une gestion par les enjeux. Les deux principaux sont la sécurité et le transport du fret. Ainsi, les investissements se portent d’abord vers les ouvrages sur lesquels une rupture de trafic aurait les conséquences les plus lourdes. Par exemple, en aval de la Seine ou sur le Rhin, le fret fluvial est tel que nous ne pouvons pas risquer une coupure du trafic. Reste que les ouvrages dont l’état est le plus inquiétant se trouvent sur le réseau à petit gabarit, dédié au tourisme. Mais celui-ci demeure circulable malgré tout et nous n’y avons jamais fermé de voies. En revanche, si un ouvrage présente un risque pour la sécurité des personnels ou de la population, il devient une priorité, même s’il ne représente pas un enjeu national.

M. Quels sont vos principaux chantiers ?

Alors que c’est une société de projet qui pilotera la construction du canal Seine-Nord Europe, VNF réfléchit à des éléments pour accompagner cet ouvrage. Nous avons déjà relevé tous les ponts dans le Nord et le Pas-de-Calais et augmenté le gabarit de l’Escaut, désormais circulable à 3 000 tonnes. Nous commençons cette année le chantier du canal Condé-Pommerœul, reliant la France et la Belgique, pour permettre le passage de grands gabarits. Les appels d’offres sont lancés. Le coût global de cette opération est de 60 millions d’euros environ, dont 10 millions sur 2017.

Nous prévoyons aussi l’élargissement de l’Oise. Nous commençons le déplacement de réseaux cette année. Cette mise au gabarit européen représente 288 millions d’euros au total, tout comme celle de la Seine entre Bray et Nogent à venir. Toujours sur la Seine, mais en aval, le site de Méricourt fait partie des urgences. Nous devons remettre en état et allonger les écluses, pour faire passer des unités plus grandes et améliorer la rentabilité. Le projet coûte 52 millions d’euros environ (+ 19 millions pour les travaux du barrage) et sera réalisé en conception-réalisation. Le dossier de consultation des entreprises est en cours de finalisation.

Enfin, nous avons des digues, des berges, des écluses à restaurer par endroits, des chantiers à poursuivre, etc.

M. Alors que votre budget d’investissement est restreint, réfléchissez-vous à des alternatives de financement ?

Nous avons signé un partenariat public-privé (PPP) avec Bameo [dont Vinci Concessions est actionnaire à 50 %, NDLR] en 2013, pour reconstruire 29 barrages manuels de l’Aisne et de la Meuse. Sept viennent d’être mis en service, les autres le seront d’ici à 2019. Ce PPP de 312 millions d’euros est le seul que nous ayons signé. Il nous permet en quelques années d’améliorer considérablement la sécurité et les conditions de travail sur un grand nombre de barrages. Notre budget d’investissement annuel ne nous autorise pas des projets aussi conséquents dans les mêmes délais.

Je ne désespère pas de proposer de nouveaux PPP, car nous comptons encore une centaine de barrages manuels. VNF réfléchit aussi à plusieurs pistes et nous souhaitons pouvoir présenter un autre type de contrat dans l’année. Une fois que nous aurons une trame, nous devrons discuter de la faisabilité financière avec nos tutelles.

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