Edito Coup de chapeau

Viva Warszawa !

Les Suédois l’ont pillée, les Allemands rasée et les Russes asservie, mais rien n’y fait. Tel un phénix qui renaît de ses cendres – et ce n’est pas là qu’une image – Varsovie, Warszawa en polonais, est toujours debout et plus dynamique que jamais, avec ses tours qui grimpent toujours plus haut. La Warsaw Spire, building de bureaux qui sera achevé en 2016, mesurera 220 m. À peine dix-sept de moins que le palais de la Culture, impressionnant gratte-ciel stalinien longtemps honni par la population, devenu la tour Eiffel locale accueillant firmes américaines et expositions. L’édifice, offert par ce « bon Joseph » en 1952, mais construit en réalité par les Polonais, a fière allure et n’a pas à rougir face aux buildings new-yorkais de la même époque.

Malgré les drames de l’Histoire, les Polonais sont restés un peuple de formidables bâtisseurs. Soixante-dix ans après la guerre, le pays affiche des chiffres d’activité incroyables dans le BTP. Le secteur, jamais en décroissance durant la crise, devrait progresser chaque année de 8,6 % jusqu’en 2017. La France, avec son + 1,4 %, fait peine à voir. La Pologne est désormais un grand d’Europe. Les majors françaises y ont toutes des filiales. Des structures plus modestes y tentent leur chance, tels les architectes lyonnais SUD.
Varsovie, devenue ville « hype », le nouveau Berlin pour certains, symbolise la bonne santé de ce pays qui a choisi l’Union européenne et ses subventions. Il ne le regrette pas lorsqu’il observe, un peu inquiet, le triste sort de l’Ukraine. Varsovie est devenue une ville attractive qui a fait la paix avec son passé – le musée juif des Finlandais Lahdelma et Mahlamäki le rappelle – et que les plombiers ne quittent plus. Elle s’est réinventée au point de mêler dans un joyeux désordre faux bâtiments anciens de la vieille ville – reconstruite dès 1950 -, agréables quartiers réservés à l’ancienne élite du Parti communiste que ne renieraient pas les urbanistes d’aujourd’hui, et résidences ultramodernes. Cent fois moins belle que Rome, Varsovie est l’autre ville éternelle d’Europe, car rien n’a pu tuer son âme.

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