Enjeux

Vinci en synergie sur les aéroports du Cambodge

Mots clés : Entreprise du BTP - Gares, aéroports

Filiales Concessions et Grands Projets ont joué partition commune sur deux sites à rénover.

Difficile d’imaginer personnalités plus dissemblables que Pierre Coppey et Alain Bonnot. Le premier, vice-président de Vinci chargé des très rentables Concessions, est un fin tacticien. Le second, président de Vinci Construction Grands Projets (VCGP) depuis 2010, possède un pur profil d’ingénieur passionné par les projets d’infrastructures. Pourtant, réunis dans la capitale cambodgienne pour expliquer le programme d’extension-rénovation des deux principaux aéroports du pays, ceux de Phnom Penh et Siem Reap, que Vinci exploite depuis plus de quinze ans, les deux hommes se montrent parfaitement complémentaires.

« Vinci Concessions intervient soit sur l’aspect exploitation seule, soit en corrélation avec des constructions ou des rénovations, indique Pierre Coppey. Mais nous préférons la seconde solution, qui permet le plus de faire valoir nos atouts, en ayant une vision de l’infrastructure de la conception à son achèvement. Quand Alain nous livre l’ouvrage, tous les logiciels d’exploitation vont dériver de sa conception initiale. » Pour Alain Bonnot, « l’avantage de ce modèle est que [nous sommes] sûrs d’être payés, constructeur et client appartenant au même groupe ».

Doublement des surfaces.

L’histoire de Vinci au Cambodge est ancienne : elle a débuté alors que les affrontements avec les Khmers rouges se terminaient à peine, en 1995, avec la mise en exploitation de l’aéroport de Phnom Penh, premier d’Asie à avoir été monté en concession complète. Siem Reap a suivi en 2001. Le contrat avec l’Etat prévoyait des travaux d’agrandissements lorsque le nombre de passagers serait devenu trop important. L’année 2012 vit passer le cap des 2 millions pour chacune des infrastructures. Vinci Concessions choisit alors VCGP pour réaliser les travaux, plutôt qu’une entreprise locale, en raison de la complexité du chantier. De décembre 2013 à février 2016, environ 88 millions d’euros sont dépensés, et les surfaces doublées, pour atteindre 31 000 m² à Phnom Penh et 26 000 m² à Siem Reap.

A la manœuvre, Gérard Bouvard, chef de projet pour VCGP. Pour lui aussi, le ticket constructeur-concessionnaire est gagnant : « Quand la même entreprise assure les deux rôles, des points importants sont améliorés, comme la circulation des passagers, l’accès aux portes, la disposition des commerces… Au final, cela permet de baisser le coût du projet. » Dans ce contexte, l’utilisation du BIM s’est avérée décisive : « C’est la première fois que nous nous en servons pour un aéroport. La maquette numérique est l’outil parfait pour le concessionnaire car elle lui permet de mesurer la rentabilité des dispositifs d’exploitation. »

Vent, orages et perfectionnisme khmer.

Sur ces chantiers relativement simples sur le plan technique mais réalisés sous exploitation, le BIM a, là aussi, été précieux pour améliorer le phasage des travaux. « Grâce à la visualisation en 4D [3D + temps], tous les acteurs du projet ont pu comprendre les enchaînements de travaux et de livraisons dans les différentes zones du terminal », indique Vinci. Le constructeur a également dû appréhender les spécificités climatiques. Un vent permanent et de fortes pluies ont entraîné une gestion très stricte des déchets sur le chantier, aucun papier ou plastique ne devant voler jusqu’aux réacteurs des avions.

Après un premier temps d’observation, la gestion du choc culturel avec les travailleurs cambodgiens, a aussi été une réussite. « Ils sont un peu plus lents car ils ont un grand souci de la perfection ; mais ils fournissent un travail de très bonne qualité, et nous avons très rarement dû leur faire reprendre une tâche ; ce qui, au final, a constitué un gain de temps. Quant à la sécurité, s’ils n’y étaient pas habitués, ils ont parfaitement respecté les consignes », note Gérard Bouvard. Si VCGP a facilement trouvé des sous-traitants locaux dans ce pays en pleine croissance économique (+ 7 %), il a dû néanmoins faire appel à des Chinois et des Vietnamiens pour les travaux complexes. En revanche, aucune entreprise française, hormis Vinci et ses filiales, n’ont participé à ce chantier, achevé en temps et en heure.  

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