Architecture et urbanisme Espaces publics

Villeurbanne étend la gestion écologique à de nouveaux jardins

Mots clés : Aménagements extérieurs - Rénovation urbaine

Villeurbanne pousse jusqu’au bout la gestion différenciée des espaces verts : dans certains jardins, flore et faune préexistantes suivent leur évolution naturelle sans autre intervention de l’homme que l’entretien des cheminements, le maintien de la propreté et de la sécurité, et les dispositifs pédagogiques.

Al’entrée de Lyon, sur les berges du Rhône encore vierges de toute urbanisation, le parc de La Feyssine, livré en 2001 (Ilex paysagistes), inaugura la politique villeurbannaise en matière d’espaces publics naturels, conjuguant agrément et préservation de la biodiversité. Depuis, ce parc a reçu le label Eve (Espaces verts écologiques décerné par la société Ecosert Contrôle) pour la démarche tenue : végétaux laissés à leur évolution libre, abandon des produits d’entretien chimiques, étude de la flore et la faune, récupération de l’eau, recours aux énergies renouvelables et compostage, formation des jardiniers, pédagogie auprès des écoliers.

La direction Paysages et nature de la commune de Villeurbanne a choisi d’étendre cette gestion écologique à d’autres espaces verts, aux surfaces plus modestes et situés en milieu plus urbain. Le constat étant que de tels espaces restent généralement soumis à des schémas traditionnels de gestion qui les banalisent en termes de biodiversité comme de paysage.

Liberté laissée aux végétaux

Dès l’aménagement du parc Alexis-Jordan (2008), tous les principes des espaces naturels étaient appliqués. Les interventions respectent au maximum les sous-bois et végétaux en place (ici, des frênes, érables, robiniers, marronniers, tilleuls…), et ne les complètent que très progressivement par des plantations. Il ne s’agit pas de créer des jardins botaniques par l’importation d’espèces extérieures, mais de maintenir et de restaurer la richesse floristique – et faunistique – d’un lieu. Ensuite, la liberté de développement laissée aux végétaux va jusqu’à ne pas enlever bois tombés et feuilles mortes. Les jardiniers, restreignant au maximum les moyens chimiques, maintiennent seulement propreté et sécurité (coupe des grosses branches menaçant de chuter), et entretiennent les cheminements.
Sur ses 3 000 m2, Alexis-Jordan offre des chemins mettant en communication trois rues. L’élégant calepinage de leur dallage béton répond aux débris d’écorces des sentes qui ondulent pour épouser les bosquets. De fait, jardin naturel ne signifie point absence totale de design paysager : à une entrée, la clôture se double jusqu’à hauteur d’homme d’un monumental parement en rondins assemblés dans le sens de la tranche. Les cartels, présentant faune et flore propres au site, complètent le traitement. La politique des jardins naturels n’est pas de créer des réserves inaccessibles. Le parc René-Dumont, le second créé, longe une avenue fréquentée, empruntée par le tram. Quand on y pénètre, on est saisi par ses allures de forêt vierge, assemblant de vénérables noyers, tilleuls, érables, marronniers ou noisetiers, autour d’une prairie. Celle-ci reste peu fauchée pour accueillir papillons et insectes. De petits empilements de bois morts permettent aux hérissons de nidifier.
Conjointement à ces réalisations s’étendant sur un demi-hectare, un espace plus petit vient d’être aménagé dans le prolongement des gratte-ciel historiques de l’hyper-centre. Devant un rideau d’arbres existants, une dent creuse a reçu un groupe de ruches au dessin surprenant, devant attirer des variétés d’abeilles sauvages, pour identifier les moyens de préserver pareille biodiversité.
Prochaine étape (choix du maître d’œuvre en 2011), l’écopromenade qui suivra le tram sur 7 000 m2 offrira une mise en scène didactique du développement durable. Des techniques de phytoremédiation pourraient traiter la pollution des sols, découlant de l’histoire industrielle du lieu.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Villeurbanne.
Maîtrise d’œuvre : Ilex (parcs Jordan et Dumont) ; direction Paysages et nature (jardin rucher).
Coût : parc Jordan (3 000 m 2 ), 390 000 euros TTC ; parc Dumont (2 500 m 2 ), 300 000 euros TTC ; rucher (200 m 2 ), 12 800 euros TTC.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X