Autres 1980

VERTUS PRIVÉES ET VICES PUBLICS DES MODERNES

Dans le n°18 des Archives d’Architecture Moderne, publié début 1980, Léon Krier se plaît à mettre en regard les demeures privées des architectes et leurs projets « pour-le-peuple ». S’y trouvent épinglés les architectes brutalistes, modernistes ou high-tech britanniques, en l’occurrence le couple Smithson, James Stirling, Norman Foster et Richard Rogers, cela va de soi, Cedric Price et Peter Cook, sans oublier les historiens Nikolaus Pevsner et Reyner Banham. Tous durent ainsi assumer leurs belles demeures edwardiennes, victoriennes ou italianisantes… et leurs contradictions. Tous auront en effet « collaboré activement et fanatiquement, selon Krier, à la destruction des villes et campagnes anglaises » !

« Hypocrisie inégalée »

Les années post-68 sont celles du « tout est politique ». Dis-moi comment tu habites, je te dirai qui tu es. D’où parles-tu, camarade ? combien gagnes-tu ? as-tu une femme de ménage ? Guy Hocquenghem interpellait ainsi les « vedettes » du gauchisme dans son Après-mai des faunes, en 1974. Quelques années plus tard, la série grinçante de Léon Krier – qui poursuivra son enquête à Berlin et au Luxembourg – marque une forme de désillusion autant qu’une radicalisation.

S’y trouvent opposés le logement privé, « toujours des maisons parfaitement traditionnelles », et les projets des architectes modernistes, ces «...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 260 du 17/05/2017
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