Territoires Haute-Normandie

Valentin Bernard, architecte sans frontières, en reconquête sur ses terres

Mots clés : Architecte

C’est un surdoué. A 34 ans, ses références sont déjà nombreuses. Natif de Bois-Guillaume, Valentin Bernard a été élevé à Dieppe. Après de multiples expériences à l’étranger, il revient sur sa terre natale pour réaliser un équipement public polyvalent destiné à réveiller, dans le cadre d’une opération Anru, le Val Druel, qu’il connaît bien. « J’avais des amis au lycée qui y habitaient et j’aimais bien ce quartier, malgré sa mauvaise image injustifiée à mes yeux », se souvient-il.

En 2006, Valentin Bernard sort de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles avec une mention très bien. Son mémoire porte sur l’urbanisme à Valparaiso (Chili), à la suite de rencontres et contacts établis à Barcelone. « Dieppe, Barcelone, Valparaiso… Toujours des ports, sourit-il. A chaque fois, j’ai été fasciné par le contraste entre les vieilles bâtisses des armateurs ou d’inspiration coloniale, et les quartiers auto-construits, de pêcheurs par exemple », retient-il.

Repéré par Foster, Adjaye et Nouvel.

Son excellent dossier lui vaut d’être recruté par Foster + Partners à Londres, une « usine » de 900 collaborateurs au sein de laquelle il est affecté au « Département 4 ». Face à des investisseurs « parfois colossaux », il défend lui-même ses projets, à l’image de la réhabilitation du Commonwealth Institute près de Holland Park. Il collabore également quelques mois avec David Adjaye, puis revient à Paris pour rejoindre les Ateliers Jean Nouvel qui l’avaient contacté avant son départ au Royaume-Uni. Muté à New York au sein d’une équipe internationale de six architectes, il planche entre autres sur l’extension du MoMa (Museum of modern art) et sur le projet de la tour SunCal à Los Angeles. « Une expérience exaltante, mais très théorique, sans aucun suivi de chantier », regrette-t-il.

La crise des subprimes signe son retour dans l’Hexagone. Le jeune architecte décide alors de voler de ses propres ailes et de s’installer sous forme d’EURL Entre 2010 et 2013, il réalise plusieurs maisons individuelles, dans le Bordelais (Le Cap Ferret, Le Pyla-sur-mer, Bordeaux, Arcachon, Le Bouscat) et la région parisienne (Paris VIIe, Noisy-le-Sec, Bagnolet, Suresnes), en construction neuve comme en réhabilitation. Il œuvre également à l’extension d’un hôtel au Pyla et à l’aménagement de bureaux (Paris VIe). En 2014, Valentin Bernard crée, à Paris, la Soda (Société d’architecture) avec Hélène Latour, une consœur de promotion. Ensemble, ils se portent candidats à plusieurs concours en Normandie. Leur ambition : « Retravailler et réinterpréter les fondamentaux du patrimoine local, les colombages comme les matériaux nobles (bois, pierre, brique), dans une approche contemporaine, durable et économiquement accessible. » Actuellement, la Soda se penche sur la rénovation de logements de standing à Levallois-Perret.

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