Edito Coup de griffe

Va voir maman, papa travaille

Après l’annonce de la suppression des départements, nous venons d’élire de nouvelles assemblées départementales. C’est sans doute ça l’exception française. Sur le bureau des arrivants, un dossier brûlant : les CAUE (Conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement). Ils ont été institués dans le cadre de la loi sur l’architecture de 1977 afin de faciliter l’accès à la qualité architecturale, urbaine et paysagère pour tous : maîtres d’ouvrage, acteurs de la construction et grand public. Les CAUE sont des Ovni – des Objets volontairement non identifiés – et au regard du droit, des organismes privés – associations – investis d’une mission de service public.
Les CAUE ont un papa (l’Etat) et une maman (l’assemblée départementale), qui les nourrit via le reversement de la taxe d’aménagement payée par le contribuable. Mais depuis 2013, ce système est atteint d’un grave dysfonctionnement. Papa a changé la règle du jeu et maman a coupé les vivres au nom d’autres priorités, comme si l’aménagement n’était soudain plus d’intérêt public.
Ce différend familial est le reflet de la crise de nos institutions, incapables de mener à son terme une décentralisation dont les CAUE, catalyseurs d’idées, ont précisément toujours été des précurseurs. A l’époque des « zadistes », ils apparaissent même comme les places idoines pour réinviter toutes les composantes de la société à la table du dialogue et apprendre à ajuster ensemble nos projets à la réalité de nos moyens.
Mesdames et Messieurs les nouveaux conseillers départementaux, ne vous privez pas de ces outils que l’Europe nous envie. Vous tenez là une formidable occasion de prouver que la classe politique française ne gère pas uniquement des carrières.


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