Architecture Technique Travaux routiers

Une tranchée couverte en béton fibré

Mots clés : Béton - Ouvrage d'art - Produits et matériaux - Travaux publics

Des fibres polypropylènes permettent aux structures du nouveau tunnel de Boissy-Saint-Léger de résister deux heures à 1 300 °C.

A Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne), une tranchée couverte de grande longueur – avec deux tubes unidirectionnels de 740 et 770 m chacun – et large de 30 m, est en train de voir le jour. Cet impressionnant ouvrage fait partie du chantier de la phase sud de la déviation de la RN 19, élaborée pour le compte de l’Etat par la Direction des routes d’Ile-de-France (Dirif), qui sera officiellement achevée en 2019.

Pour la construire, le groupement d’entreprises mené par Sogea TPI a réalisé trois parois moulées (deux latérales et une centrale), qui représentent un total de 2 700 mètres linéaires. Ces parois, qui serviront de murs au futur tunnel, seront ensuite liaisonnées par une dalle de couverture de 1 m d’épaisseur, avant que les opérations de terrassement en taupe ne débutent. « Ce chantier nous a permis de mettre en œuvre une innovation dans le domaine de la protection au feu des structures de tunnels. Nous avons, en effet, opté pour l’emploi d’un béton à base de fibres polypropylènes, de 12 mm de longueur, capable de résister deux heures à une température de 1 300 °C », indique Karim Zidouh, chef de projet chez Arcadis, maître d’œuvre de l’opération avec Ingérop. Sur les 80 000 m3 de béton produits sur le chantier, via deux centrales mobiles, au rythme de 300 à 800 m3 par jour, 50 000 m3 contiennent des microfibres monofilament MasterFiber 12 de BASF. « En cas d’incendie, la chaleur fait fondre les fibres, augmentant ainsi la porosité du béton. Cela génère un transfert de vapeur qui permet in fine d’éviter l’éclatement des bétons de l’ouvrage », explique Franck Thomas, directeur de Qualibéton, le fournisseur de béton sur le chantier.

Des fibres mélangées aux granulats.

A matériau spécifique, matériel spécifique. Une autre particularité du chantier de déviation de la RN 19 réside dans l’utilisation d’un doseur de fibres totalement automatisé et intégré au processus de production du béton sur site. Une première en France. Entièrement conçue et fabriquée par l’entreprise DP Fluides, cette machine mélange les fibres aux granulats de façon homogène – en évitant la formation de « boules de hérisson » – tout en assurant la traçabilité du dosage (1,2 kg/m3).

« Une bonne dispersion des fibres est la condition sine qua non pour une bonne ouvrabilité du béton », résume Franck Thomas. Et le directeur d’ajouter : « Il nous fallait trouver la formulation idoine qui offre au béton un long maintien en rhéologie (2 h 30), tout en étant proche, en termes de fluidité, d’un béton autoplaçant, et ce avec adjonction de fibres, ce qui paraissait contradictoire ! » Résultat : le couplage du plastifiant réducteur d’eau MasterPolyheed 510 et du superplastifiant haut réducteur d’eau MasterGlenium Sky 841 de BASF s’est révélé idéal. Le chantier de contournement de Boissy-Saint-Léger s’avère déjà être un concentré d’innovations.

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ENCADRE

50 000 m 3

de béton à base de fibres polypropylènes de 12 mm de long.

2 700 ml

de parois moulées constituant les murs du futur tunnel.

De 300 à 800 m 3

de béton produits, chaque jour, sur le chantier à l’aide de deux centrales mobiles.

ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Direction des routes d’Ile-de-France (Dirif). Maîtrise d’œuvre : Ingérop, Arcadis. Groupement d’entreprises (génie civil) : Sogea TPI (mandataire) ; GTM TP Ile-de-France ; Botte Fondations ; Vinci Construction Terrassement ; Emulithe ; SDEL Transport/Cegelec. Bétons : Qualibéton. Adjuvants : BASF France. Coût (marché tranchée couverte) : 77 M€ HT. Calendrier des travaux : début décembre 2013 – fin 2019.

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