Architecture Technique Restructuration

Une tour transfigurée

Mots clés : Lieux de travail

Elargi, rehaussé et doté d’une extension, un immeuble de bureaux de quarante ans entame une nouvelle vie.

A Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), la tour Courcellor1 réalisée dans les années 1970 n’a pas seulement changé de nom. Devenue « So Ouest Plaza » et livrée au printemps dernier, elle est méconnaissable. L’immeuble de bureaux au plan rectangulaire de 12étages de1200m² chacun sur quatre niveaux de sous-sol est devenu une tour en forme deT de 17niveaux de 2000m² posée sur un socle accueillant huit salles de cinéma (soit 1400sièges) et un parking de 220places. Ce projet constitue la dernière étape de l’opération de requalification urbaine du quartier Eiffel conduite par Unibail-Rodamco depuis 2009. Après avoir participé, pour le gros œuvre, à la restructuration de la tour Courcellor 2et à la construction, à son pied, du centre commercial So Ouest, le groupe GCC s’est vu confier les travaux de transformation de Courcellor1en entreprise générale pour un budget de travaux de 100millions d’euros TTC.

Le bâtiment a été mis à la disposition de l’entreprise entièrement curé, le béton mis à nu. « Nous avons mené à bien les travaux en trente-trois mois, dont quatre de préparation », explique Bernard Crost, directeur de projet de GCC. Après avoir démoli les deux derniers étages ainsi que le socle existant, du rez-de-chaussée au niveau 2, plus large que les étages courants, il a fallu reconstruire jusqu’au 4e sous-sol un socle élargi, qui occupe toute la parcelle, et y intégrer les salles de cinéma, du 2e sous-sol au rez-de-chaussée. Des poutres de grande portée assurent le pontage des salles de cinéma et deux méga-poutres de 7 m de haut et 80 cm de large, pour 25 m de portée, assurent la reprise des charges des poteaux de façade de la contre-tour de 17 étages qui est venue s’adosser contre la tour d’origine. Sur le côté opposé de cette tour initiale, les planchers existants ont été élargis de 10 m et des niveaux supplémentaires créés pour atteindre 17 étages. Des interventions programmées selon un phasage original pour toujours assurer l’équilibre des charges.

Fondations renforcées.

Le radier et les semelles existantes ont dû être renforcés, tandis que des fondations étaient créées pour supporter les extensions du bâtiment. Paroi berlinoise, micropieux, inclusions rigides pour renforcer le sol… un large panel de techniques de fondations superficielles et profondes a été déployé. S’ajoutant à la difficulté technique, « ces travaux d’envergure ont été réalisés sur un site dense, sans zone de stockage, entouré de riverains excédés par cinq ans de travaux dans le quartier », rappelle Farid Ben Ahmed, directeur d’exploitation de l’agence GCC IDF 2.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Unibail-Rodamco. Maîtrise d’œuvre : Barthélémy & Griño (architectes), SCO (maître d’œuvre d’exécution), AE 75 (économiste), RH Conseil (BET structure), Façades 2000 (BET façades). Bureau de contrôle technique : Socotec. Entreprise générale : GCC.

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Enveloppe - Façade double hauteur d’étage

La conception des 20 000 m² de façade, représentant un budget de 13 millions d’euros, constitue une première en France, selon l’entreprise GCC : chaque élément représente une double hauteur d’étage, soit 6,60 m. « Une autre particularité, liée à la forme en T du bâtiment, porte sur la sécurité incendie et lui a valu une demande d’appréciation technique d’expérimentation (Atex) », ajoute Julien Srage, directeur de travaux des corps d’état architecturaux. Le bâtiment est soumis au règlement de sécurité pour la construction des immeubles de grande hauteur qui stipule que, lorsque deux plans de façade consécutifs forment un dièdre rentrant vertical d’angle inférieur à 100°, les parties de façade situées de part et d’autre de l’arête du dièdre doivent être pare-flamme une heure sur une largeur d’au moins 4 m, afin de limiter la propagation d’un feu par effet de tirage thermique.

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Etages courants - Adapter la structure

La structure du bâtiment comportait un noyau en béton et un plancher constitué d’une dalle en béton armé de 20 cm d’épaisseur sur des nervures espacées de 1,50 m portées par des poteaux périphériques. Pour aérer le projet, l’architecte a dessiné une nouvelle structure porteuse en façade, avec un poteau tous les 6 m. De plus, la création d’une extension imposait l’ouverture d’une partie de la façade existante pour assurer la liaison entre les deux parties du bâtiment. En partant du bas de la tour, les nouvelles colonnes ont été réalisées étage par étage, à 50 cm à l’intérieur du bâtiment. Puis les poteaux d’origine espacés de 1,50 m et les poutres de façade ont été démolis en partant, cette fois, du haut de la tour.
L’extension formant un T est désolidarisée du bâtiment existant par un joint de dilatation. Elle a sa propre structure de contreventement et repose sur des fondations indépendantes.
Enfin, pour assurer le contreventement de la tour épaissie de 10 m et surélevée de cinq niveaux, les voiles du noyau ont été renforcés et complétés par des murs de refend.

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