Territoires Lille

Une tour haute de 130 m pour le siège de la métropole

Une réunion publique quelques heures avant l’ouverture du Marché international des professionnels de l’immobilier (Mipim) : ça ne pouvait être le hasard de l’agenda. Sous prétexte d’une restitution des trois mois de concertation préalable à l’aménagement du quartier du Ballon (« Le Moniteur » du 22 janvier 2016, p. 37), la Métropole européenne de Lille (MEL) a confirmé aux riverains ce qui se disait jusqu’ici à voix basse, à savoir qu’elle avait bien l’intention de construire une tour pour héberger son futur siège. Et pas une petite tour ! Un édifice d’environ 130 m de hauteur qui établira donc un nouveau record dans la ville en dépassant la tour de Lille de Christian de Portzamparc. Une délégation lilloise s’apprêtait à partir à Cannes avec ce projet sous le bras, il fallait bien en informer au préalable la population pour s’éviter un retour de bâton.

« Rien n’est figé. Nous n’avons pas encore choisi l’architecte. La perspective que nous allons vous montrer n’est qu’une esquisse. » Damien Castelain, le président (SE) de la MEL, a, bien sûr, pris des gants pour présenter la chose – un immeuble d’une trentaine d’étages ça n’est pas rien ! – mais chacun a compris que le coup était parti. Un calendrier a d’ailleurs été présenté en fin de réunion : l’enquête publique relative à la modification du plan local d’urbanisme (PLU) se tiendra à l’automne, dans l’objectif de lancer les études dès 2017. Si tout va bien, la première pierre devrait être posée en 2019 pour une livraison quatre ans plus tard.

108 contributeurs à la concertation.

« Ce n’est pas tant le projet, dont on peut toujours discuter, que la méthode qui nous chagrine, réagissaient à chaud quelques-uns des 108 habitants ayant apporté leur contribution à la concertation. On nous caresse dans le sens du poil en nous disant que nos préoccupations rejoignent celles de la métropole : qualité du cadre de vie, densité raisonnable, préservation des espaces verts, pluralité des équipements et des commerces, sécurisation des déplacements doux, construction respectueuse des riverains, pour au final nous annoncer qu’on va construire la plus haute tour qu’on n’a jamais vue à Lille. On faisait comme ça dans les années 1970 ! »

A peine dévoilée et alors que – répétons-le – l’esquisse signée par Nicolas Michelin n’est qu’une « première proposition de faisabilité volumétrique », la composition architecturale « en forme de vague » du futur quartier du Ballon (depuis le secteur résidentiel du Romarin, sur la commune de La Madeleine à Euralille, avec la nouvelle tour en bordure de périphérique) risque donc de déclencher une déferlante de contestations.
Rappelons que la MEL a besoin d’un immeuble de 50 000 m2 pour abriter l’ensemble de ses services, qu’elle est propriétaire de 3 ha de terrain à cet endroit et qu’elle entend financer en partie l’opération par la vente de ce foncier. Damien Castelain qui, comme tout le monde, compte ses sous, a beaucoup communiqué sur un projet « à zéro euro », prenant en considération les économies de loyer et d’énergie envisageables. C’est peut-être là aussi s’engager un peu imprudemment.

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