Architecture Technique Economie circulaire

Une seconde vie pour les sédiments portuaires

Une plate-forme de tri, de traitement et de valorisation est en cours de test à Dunkerque.

Préoccupations environnementales obligent, depuis quelques années, de nouvelles réglementations ont interdit le rejet, dans le milieu naturel marin, d’une partie des sédiments – les plus pollués – issus du dragage des ports. En France, près de 55 millions de m3 de ces matériaux sont dragués chaque année. Cette situation a naturellement conduit les gestionnaires de ports à réenvisager la gestion à terre de ces derniers. C’est ainsi que le recyclage des sédiments portuaires est devenu un enjeu fondamental, pour les exploitants comme pour les pouvoirs publics, en termes environnementaux mais aussi économiques.

Pour la première fois en France, une plate-forme de tri, de traitement et de valorisation multifilières de différents types de sédiments portuaires – pollués et non immergeables – a été mise en place, début 2016, dans le Grand port maritime de Dunkerque (Nord). Dénommé Covased (pour co-valorisation de sédiments), ce projet a pour objectif principal de produire 2 500 t de matériaux recyclés à partir de 2 000 m3 de sédiments collectés. « L’idée est de valoriser, en les mélangeant, deux matériaux considérés jusqu’à récemment encore comme des déchets : les sédiments de dragage et les sous-produits industriels, comme les laitiers de hauts fourneaux, les cendres volantes, etc. » précise Laurent Thannberger, directeur scientifique et technique de la société Valgo, partie prenante du projet. Ces « nouveaux matériaux composites », pour reprendre les termes des promoteurs de Covased, pourraient être – si les formulations, encore à définir, le permettent – employés dans la construction des infrastructures routières.

Eponge argileuse.

Au cœur de ce projet de R & D : la technologie Hydrosplit. Cette dernière repose sur un hydrocyclone qui sépare physiquement les matériaux contaminés des matériaux sains. « Il s’agit de trier les sédiments, selon leur granulométrie, pour obtenir, d’un côté, des fractions graveleuses et sableuses “ propres et, de l’autre, une fraction boueuse. Via des réactions physico-chimiques, c’est dans cette dernière que se concentre la pollution, les argiles se comportant comme une éponge », explique Laurent Thannberger.

A Dunkerque, une plate-forme d’essai de 6 000 m² a été aménagée pour stocker les granulats, avant et après traitement, et installer les équipements nécessaires au projet. L’expérimentation dunkerquoise constitue-t-elle le laboratoire « grandeur nature » d’une nouvelle filière industrielle vertueuse ? Eléments de réponse à la fin du premier trimestre 2016.

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