Territoires Saint-Denis

Une seconde jeunesse pour l’immeuble Coignet

Mots clés : Enfance et famille

Après dix-huit mois de travaux, l’une des premières constructions en béton, l’immeuble Coignet à Saint-Denis, entièrement réhabilité, a été inauguré le 15 janvier. Il offre désormais 58 logements (du studio au trois pièces, de 24 à 60 m²) : un total de 2 236 m². Dix appartements ont été vendus en accession, le reste est destiné à la location : un tiers en loyers conventionnés, un tiers en loyers intermédiaires, un tiers en loyers libres. Un succès : tout est vendu. Un studio était commercialisé 115 215 euros.

Construit en 1856 par un industriel fouriériste, François Coignet, cet immeuble (R + 5), destiné à ses ouvriers, compte trois bâtiments disposés en « U », réunis par une entrée commune sur rue et une cour pavée en son cœur. Il proposait à l’origine 72 logements, des deux-pièces exigus. Inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques, il est remarquable par la technique du matériau utilisé, appelé « béton Coignet », « pierre artificielle », ou « béton de Pisé ». Ce n’est pas un béton armé (pas d’armature métallique). Composé d’un mélange de chaux, de sable et de ciment Portland, il présente les caractéristiques d’une pierre. La construction est inspirée de celle du pisé, avec un caisson de branchage. On monte, étage par étage, un matériau dur. Monolithique, le bâtiment est mi-moulé.

La greffe de béton Coignet.

« Ce fut un chantier expérimental. Nous n’avions pas encore travaillé sur ce type de béton, presque préhistorique », explique Bertrand Monchecourt. Pour restaurer l’immeuble, la technique utilisée est celle de la greffe de béton Coignet. Notamment en façade pour les linteaux décorés, les moulures, les fleurs et les petites sculptures. « Plus de 30 % de la façade ont ainsi été restaurés pour un immeuble qui, laissé à l’abandon depuis les années 1950, a beaucoup souffert », ajoute l’architecte du patrimoine. L’ensemble de la structure a été respecté, notamment les murs de refend (60 cm au rez-de-chaussée, 45 cm au cinquième étage) et les cages d’escalier. Tous les éléments remarquables ont été mis en valeur : escaliers en béton moulé, sols des parties communes en ciment, garde-corps en fer forgé, linteaux décorés des fenêtres. « La restauration de l’immeuble Coignet s’inscrit dans notre mission de préservation du patrimoine et de restructuration des centres-villes », souligne Alexandre Mauret, directeur général délégué d’Histoire & Patrimoine, maître d’ouvrage. Prix total de l’opération : 6 millions d’euros, à quoi s’ajoute le coût d’acquisition de l’immeuble – 1,2 million – auprès de la Ville de Saint-Denis.

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ENCADRE

La maison Coignet

Outre cet immeuble d’habitation ouvrière, il reste quelques éléments de l’usine à proximité – on y fabriquait du béton Coignet –, mais aussi la maison de François Coignet, construite en agrégat de mâchefer, datant de 1853, en mauvais état. « La Maison Coignet », une association réunissant les descendants de l’industriel, souhaite la réhabiliter et en faire un « lieu de réflexion et d’histoire » (manusala@club.fr).

ENCADRE

Maître d’ouvrage : Histoire & Patrimoine. Maîtres d’œuvre : Ateliers Monchecourt & Co. BET structure : Brizot-Masse Ingénierie (BMI). Entreprises : Genere (entreprise générale) ; Laboratoire Lerm (composition du béton).

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