Architecture et urbanisme Bureaux

Une réhabilitation imaginée comme un retour aux sources

A Paris XXe, couleur, transparence et lumière sont au cœur d’une réhabilitation discrète, qui fait renouer un bâtiment singulier avec sa volumétrie intérieure d’origine.

Installé en proue entre la rue Stendhal et la rue des Pyrénées, à Paris XXe, cet ancien sanatorium a été construit en 1904 par l’architecte Louis Bonnier. Sa consœur Ingrid Taillandier (agence Itar) en signe la réhabilitation pour le Service social départemental polyvalent (SSDP) de la Ville.

Modifié au fil du temps, l’édifice avait été surélevé, rhabillé et, surtout, compartimenté. A l’inverse, Ingrid Taillandier a repensé les circulations pour les fluidifier, rouvert les espaces pour apporter de la lumière et de la transparence, et redonné une physionomie d’ensemble cohérente. Un escalier a ainsi été créé à la pointe du bâtiment. L’escalier central existant, prolongé pour desservir les trois étages, est complété par un ascenseur vitré. « La relation entre le haut et le bas du bâtiment est ainsi rendue possible. Avant, la circulation était ingérable, explique l’architecte. Nous avons également créé une passerelle au centre du bâtiment, liaison nouvelle entre deux parties qui avaient été séparées. C’est le nouveau point névralgique de l’édifice, qui lui redonne de la fluidité. Elle figurait d’ailleurs dans les plans de Louis Bonnier. »

Réinventer l’espace

Outre les circulations, Ingrid Taillandier a repensé les lieux et libéré les volumes originels. « Pendant les travaux, nous avons découvert des espaces et de belles hauteurs, masqués par les réhabilitations successives, raconte l’architecte. Nous avons conservé les courbes, les arcs, les linteaux arrondis, etc. Le projet de Louis Bonnier était atypique et méritait d’être remis en valeur. » L’ancienne courette, au centre du bâtiment, a ainsi été couverte d’une verrière pour créer un nouvel espace intérieur. Le nombre de bureaux et de box pour l’accueil du public a été optimisé. « Nous voulions apporter de la lumière. Nous avons déposé les faux plafonds et ouvert les espaces », poursuit Ingrid Taillandier. La façade, protégée au titre des monuments historiques, n’a pas été modifiée. « Nous avons joué sur le contraste entre l’extérieur, très ancien, et l’intérieur, plus gai, plus coloré », souligne-t-elle.
L’utilisation du verre et de la couleur sont les deux éléments clefs de l’intervention. « Il y a des éléments verriers sérigraphiés un peu partout, depuis l’ascenseur jusqu’aux bureaux, en passant par les garde-corps de la passerelle. La transparence amène davantage de fluidité et de lumière. » La couleur, subtile et omniprésente, joue pleinement son rôle : une nuance entre bleu et vert, « douce et apaisante pour tous… Exactement ce que nous recherchions », conclut Ingrid Taillandier.

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ENCADRE

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Paris/Dases/DPA. Maîtrise d’œuvre : Itar Architectures, Ingrid Taillandier (architecte mandataire). BET : CET (économiste et TCE). Entreprise générale : GCC Ile-de-France. Surface : 1 880 m2 Shon. Coût total : 2,75 millions d’euros HT.

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