Architecture Technique Centre pénitentiaire

Une prison livrée en kit

Mots clés : Béton - Entreprise du BTP - Établissements pénitentiaires et judiciaires - Technique de construction

Pour construire les 14 bâtiments de l’établissement de Riom, Spie Batignolles a opté pour des éléments préfabriqués où le béton prédomine.

Depuis l’hôtel de ville de Riom (Puy-de-Dôme), il suffit de s’engouffrer dans la première rue à droite, puis de poursuivre sur quelques mètres pour se heurter aux murs d’une prison en activité. Voisinage d’un autre temps qui rejoindra bientôt les souvenirs. En effet, en périphérie de la commune, au milieu des champs, le consortium Odyssée 4 mené par Spie Batignolles met la dernière main à un nouveau centre pénitentiaire. Cet établissement de 34 000 m² Shon et d’une capacité de 554 détenus sera mis à disposition le 5 octobre prochain. « Il est l’une des trois prisons – avec celles de Beauvais et de Valence – réalisées par Odyssée 4 dans le cadre d’un partenariat public-privé signé en janvier 2013 avec l’Agence publique pour l’immobilier de la justice (Apij) », souligne Norbert Larue, directeur des opérations du groupement d’entreprises. Sous la forme de deux contrats (Valence et Riom pour l’un, Beauvais pour l’autre), l’accord porte sur le financement, la conception et la réalisation des trois projets, ainsi que l’entretien et la maintenance des installations pendant vingt-cinq ans et des services à la personne pendant neuf ans. Le budget de l’opération de Riom s’élève à 85,1 millions d’euros.

La sûreté du béton.

Les travaux ont débuté, en juillet 2013, par la réalisation de 1 200 pieux de fondation. Le gros œuvre a suivi trois mois plus tard pour s’achever en novembre 2014. Les exigences de sécurité et le délai de trente-trois mois ont conditionné les choix techniques du chantier. « Nous devions éviter toute surface qu’un occupant pourrait soulever ou arracher », explique Nicolas Delplanque, le directeur de site de Spie Batignolles. La structure des 14 bâtiments, dont un gymnase, des ateliers et un pôle d’insertion, se compose donc presque exclusivement de béton pour assurer la sécurité passive des locaux. Pour ce faire, le groupe a employé des éléments préfabriqués. « Avec trois prisons à construire simultanément, nous avons pu faire jouer l’effet de volume auprès des préfabricants », précise Norbert Larue. Des prémurs isolés forment les façades du complexe. Les ouvertures destinées aux fenêtres comportaient déjà à la livraison un précadre avec des barreaux. La qualité était ainsi mieux maîtrisée. Quant aux blocs sanitaires, eux aussi en béton, ils incluaient déjà les orifices nécessaires aux passages des tuyaux d’évacuation. Ces derniers ne circulent pas dans les cellules, mais dans un local technique adjacent.

Le second œuvre a fait l’objet d’une précision similaire. Les planchers chauffants sont alimentés par une chaudière principale biomasse, suppléée par une chaudière à gaz pour les pointes de consommation. Un système de secours au fioul prend le relais en cas de panne. A l’intérieur des bâtiments, les fixations des équipements sont renforcées pour éviter toute dégradation. Les portes de cellule peuvent être ouvertes par un mouvement de poussée ou de tirage. Au quotidien, le gardien la poussera vers l’intérieur de la cellule. Toutefois, si l’occupant bloque l’ouverture, il pourra actionner deux manettes et faire tourner le panneau vers l’extérieur pour libérer le passage.
Parmi les objectifs de performance de la prison, la sûreté active consiste à assurer une parfaite surveillance en continu, grâce à la redondance des équipements. Outre 500 caméras, des appareils de contrôle d’accès par biométrie (reconnaissance faciale) sont largement employés.
Tout est bientôt prêt pour accueillir les premiers détenus en janvier 2016, venus des prisons du centre-ville de Riom et de Clermont-Ferrand.

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ENCADRE

27 mois de chantier.
85,1 M€ TTC d’investissement
25 000 m. 3 de béton utilisés.

ENCADRE

Personne publique : Agence publique pour l’immobilier de la justice. Conception-réalisation, entretien-maintenance : groupement Spie Batignolles (mandataire), Barclays Infrastructure Funds, Fideppp, Gepsa. Architecte : Synthèse Architecture. BET acoustique : Avel Acoustique. BET structure : Betom Ingénierie. Paysage : Naurhtica et Sites & Cités. Ergonomie : Rainbow Ergonomie. Bureau de contrôle : Socotec.

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