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Une plateforme de forage suspendue au bout d’une grue

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier - Travaux publics

Génie civil. Pour pouvoir travailler dans une zone particulièrement instable, Soletanche Bachy a fabriqué une plateforme qui permet de forer sans toucher le sol.

Les quais du port de Rouen sont des ouvrages centenaires, fondés sur des pieux en bois qui ont pourri au fil des années. Un fontis l’a prouvé : il fallait vite intervenir. Mais comment faire circuler des hommes et des engins sur un terrain aussi fragile ? « La solution la plus évidente aurait été d’intervenir depuis l’eau à l’aide de matériels fluviaux », explique Stéphane Galy, responsable de l’antenne Normandie de Soletanche Bachy. Les services travaux et matériels ont réfléchi ensemble pour proposer d’intervenir depuis la terre ferme, mais en surplombant la zone fragile à l’aide d’une plateforme suspendue. « Le quai fragilisé mesure 12 m de large sur 200 m de long. Nous plaçons une grue sur chenilles loin du bord. Elle suspend une plateforme longue de 15 m sur laquelle nous avons installé un mât de forage. Le corps de la foreuse reste à terre, relié au mât par un cordon de flexibles hydrauliques. Cette déportation permet de limiter le poids à suspendre [26 t, tout de même ! NDLR]. » Un autre flexible beaucoup plus long relie la foreuse suspendue à une centrale à injection placée au bout du chantier. Pour sa stabilité, la plateforme est également fixée au châssis de la grue, non pas pour la porter mais pour éviter son ballant. Le mât de forage est installé sur une sellette orientable hydrauliquement. Reste le problème de la précision : les forages de micropieux en acier longs de 30 m doivent se faire entre les antiques pieux en bois préalablement repérés par des plongeurs. « Ce sont les amorces qui sont délicates. Une fois que le taillant est bien en terre, plus rien ne bouge », témoigne le foreur qui pilote tout à l’aide d’une radiocommande. La conception, la validation et la fabrication de ce matériel ont pris plusieurs mois, mais cela s’est avéré payant. « Nous sommes très ouverts aux variantes, et l’idée de Soletanche nous a séduits. Elle apporte de la sécurité tout en permettant d’intervenir au droit du trou, ce qui est gage de qualité », apprécie Jérôme Vetillard, du service études du port de Rouen, le maître d’ouvrage. « Je pense que cette plateforme nous resservira car cette solution est reproductible », espère Stéphane Galy. « Je vois d’autres endroits où elle pourrait effectivement reprendre du service », anticipe Jérôme Vetillard. En attendant cette hypothétique seconde mission, la plateforme sera stockée sur le parc matériels de Soletanche Bachy, à Montereau-Fault-Yonne, en Seine-et-Marne.

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