Architecture et urbanisme Aménagement

Une place de marché fait respirer le centre-ville de Pantin

La récente création, à Pantin (Seine-Saint-Denis), de la place Olympe-de-Gouges crée le vide qui manquait dans un tissu urbain hétérogène dense et contribue au remaillage d’un quartier en mutation.

Déjà partie prenante du Grand Paris, la Ville de Pantin offre quelques atouts à ses habitants comme aux entreprises qui ont franchi le périphérique. Bordée au nord par le faisceau de voies ferrées de la gare de l’Est, elle est scindée par le canal de l’Ourcq et la RN3. Mais, si la ville est bien desservie dans la continuité du réseau parisien, elle ne s’est que tout récemment dotée d’un vrai centre-ville. Fruit d’un patient travail de recomposition urbaine, la ZAC homonyme, créée en 2003 et opérationnelle depuis 2007, aboutit aujourd’hui à un quartier « urbain » dans tous les sens du terme : « Il fallait créer des perméabilités et des ouvertures dans ce tissu sans espace de respiration ni dégagement », explique l’architecte Arnaud Devillers, directeur de l’agence Faubourg 2/3/4/.

Le quartier se développe de part et d’autre de la rue Hoche qui relie la mairie au métro. A mi-chemin, la création de la place Olympe-de-Gouges et de la rue des Ateliers forme un espace public unitaire piétonnier articulant les éléments du projet urbain. Une place aux usages multiples qui accueille aussi bien le marché que la Fête de la musique. Un lieu où flâner et jouer.

Parquet de pierre

Ouverte sur la rue Hoche de manière à l’étendre visuellement côté est, la place est tenue à l’ouest par un immeuble de logements et de commerces (Anne Démians, architecte) dont la façade métallique impose son graphisme. Un pavillon en meulière délimitant la place au nord devrait être transformé en restaurant. Enfin, l’immeuble à façade de brique de la Cité des métiers Hermès (RDAI architectes, Equerre d’argent 2014) forme la limite sud et borde la rue des Ateliers qui se prolonge vers l’ouest en créant une perméabilité. L’implantation des constructions dessine une place à la géométrie simple de 35 x 50 m. La diversité et la présence des bâtiments environnants ont conforté Faubourg 2/3/4/ dans l’idée de réaliser la place avec un minimum de matériaux. Ainsi, le sol est un « parquet de pierre », fait de lames de granit rehaussé de cabochons en laiton, sur lequel prennent place des bancs en béton et quelques arbres. S’y ajoute le mobilier urbain : corbeilles, candélabres et potelets. « Nous souhaitions un aménagement épuré, une neutralité nécessaire par opposition à la vibration de la brique et de la tôle, avec des surpiqûres dessinées par l’alignement des cabochons », précise Agate Mordka, architecte-paysagiste. Solide et pérenne, le sol est imperméable mais les eaux sont récupérées dans deux bassins pour l’arrosage et le nettoyage. Eve Jouannais

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Fiche technique

Concédant de la ZAC : Ville de Pantin. Aménageur et maître d’ouvrage : Semip. Coordination urbaine et architecte de la ZAC : Faubourg 2/3/4/ (Arnaud Devillers). Maîtrise d’œuvre des espaces publics : Faubourg 2/3/4/, architectes. Agate Mordka, paysagiste. BET : Berim (VRD). Entreprises : La Moderne (VRD), Euro Vert (espaces verts). Surface : 4 341 m2. Coût des travaux : 2,2 millions d’euros HT.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X