Territoires Centre

Une pépinière pour remettre les jeunes archis d’équerre

Depuis le début du mois de février, Tarik Meziane dispose d’une nouvelle adresse professionnelle, au 44 quai Saint-Laurent, à Orléans. Dans cet espace de coworking flambant neuf et sobrement décoré, ce jeune architecte de 37 ans voisine avec trois autres confrères, locataires, comme lui, de la première pépinière dédiée à la profession en France. L’initiative a été lancée par le conseil de l’Ordre de la région Centre-Val de Loire et son président, Frédéric Skarbek, « pour tenter de répondre aux difficultés » que traverse la profession. « Nous sommes confrontés à un très fort recul des appels d’offres, de l’ordre de 20 % à 30 % et nous ne voyons pas d’éclaircie. Les prix sont tirés vers le bas et les agences finissent par mettre la clé sous la porte. Dans la région, nous comptions environ 560 architectes inscrits il y a cinq ans. Nous sommes aujourd’hui 512, explique-t-il. Pour aider les jeunes ou les moins jeunes qui n’ont pas les moyens de se payer un bureau, nous avons donc eu l’idée de créer un espace de travail commun qui puisse leur permettre de redémarrer ».

De l’espace pour six architectes.

L’an dernier, le conseil de l’Ordre régional a profité d’une opportunité pour concrétiser son projet. Les locaux qui jouxtaient son siège étaient à vendre. Il les a rachetés et a investi 150 000 euros pour réaménager ces 90 m2 de bureaux avec vue sur la Loire. La pépinière, où il ne manque plus que quelques portes, offre un espace de travail en open space qui peut accueillir jusqu’à six architectes, avec armoire de rangement, connexion Internet et imprimante à disposition, une salle de réunion, un petit bureau privatif et un espace détente et cuisine. Le tout pour un « loyer » de 200 euros par mois. Un tarif calculé au plus juste « pour couvrir les charges et non pas pour faire de l’argent », précise Frédéric Skarbek.

Restait à trouver les candidats. Ils ne se sont pas fait attendre. « Le conseil de l’ordre nous avait envoyé un mail d’information, j’ai aussitôt répondu positivement. Pour moi c’est une forme de parrainage solidaire », témoigne Tarik Meziane. Après avoir travaillé plus de cinq ans seul dans un local chez son père à Olivet (Loiret), il espère retrouver le plaisir d’échanger avec des confrères et relancer son activité qui a baissé ces deux dernières années. « Et puis avoir un bureau, une vitrine, cela redonne une forme de légitimité, qu’on le veuille ou non… » Même son de cloche chez sa collègue Eva Praud, ravie de pouvoir « séparer vie professionnelle et vie privée » en rompant l’isolement dont elle souffrait en travaillant seule chez elle depuis plusieurs années.
Comme dans toute pépinière, l’accueil est conçu pour être temporaire, avec une résidence maximum de dix-huit mois. Toutefois, les usages pourront évoluer en fonction de la demande, précise Frédéric Skarbek, qui avoue « n’avoir jamais imaginé » qu’il aurait, un jour, à mener ce genre de projet pour la profession. Quant au concept, il pourrait faire école ailleurs, notamment dans les nouvelles régions où l’Ordre des architectes, qui calque son organisation sur celle de la carte administrative, pourrait bientôt disposer de locaux vacants.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X