Architecture Ouvrage d'art

Une passerelle de 102 m posée à la grue

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier - Ouvrage d'art

Le mode constructif a permis de réduire les délais de chantier de ce pont métallique.

Le pont métallique qui enjambe l’Orb, à Sérignan (Hérault), était le seul accès vers la RD37 et la RD37E11 qui rejoint Sérignan-Plage. Une structure accidentogène puisque la largeur de la chaussée et celle des trottoirs ne permettent pas aux piétons et cyclistes de circuler en toute sécurité. D’où la décision de construire, à 200 m en aval de cet ouvrage, une passerelle métallique à trois travées de 102,3 m de longueur (largeur utile 3 m), comportant une travée centrale de 74,4 m. Réservée aux piétons, aux adeptes de la petite reine et aux personnes à mobilité réduite, elle doit aussi contribuer à remédier aux problèmes de stationnement. En parallèle, un parking est en effet réalisé dans son prolongement sur la rive gauche, pour rejoindre le centre-ville à pied.

« Nous avions le choix, à coût quasiment identique, entre un pont suspendu et un bow-string », explique Olivier Reveyaz, chef de service grands travaux du Piémont biterrois qui relève du département. Le choix final s’est porté, après consultation des Monuments historiques, sur la première solution. « L’ouvrage, situé dans l’axe de la collégiale de Sérignan, bâtiment classé, ne devait pas nuire à sa visibilité, poursuit Olivier Reveyaz. Le pont en arc contribue, au contraire, à en souligner l’architecture. »

Mieux faire face aux risques de crues.

Principale difficulté : la prise en compte des effets du vent. « Nous sommes en présence d’une structure très légère, située par ailleurs en zone sismique 2, précise Maxime Thoumyre, ingénieur d’études chez Profractal, société d’ingénierie spécialisée dans les ouvrages d’art. Sa conception a donc nécessité des simulations pour évaluer les effets dynamiques et offrir une réponse vibratoire garantissant le confort des usagers. » La consultation laissant en variante le mode de construction, l’entreprise Buesa a proposé un montage à la grue. « Contrairement à un lançage classique, cette solution nous exempte de réaliser un appui provisoire en rivière, avec, à la clé, une sécurisation du planning si l’on tient compte des risques de crues particulièrement violentes et imprévisibles de l’Orb », explique Jean-Christophe Dupoux, son responsable de projet. Selon François Mathieu, conducteur de travaux du charpentier Gagne, la variante par grutage a permis de réduire de deux à trois mois la durée des travaux du tablier, pour un chantier fini en neuf mois . Et d’ajouter : « Nous disposions de peu de place pour assembler les éléments sur la base d’une solution par lançage. » L’ouvrage est constitué de six tronçons (deux pour l’estacade et quatre pour la passerelle proprement dite) pesant de 14 à 16 t, et longs de 27 m maximum. Ceux-ci ont été mis en œuvre au moyen de deux grues de 200 t, positionnées sur chaque berge. Une fois les tronçons de rive installés et repris par des suspentes provisoires constituées de tire-forts et de poulies, ce fut le tour des deux éléments de la partie centrale, un espace de 6 cm étant ménagé afin de disposer d’une marge de manœuvre suffisante. « L’espace a été comblé en effectuant un mini-lançage de 6 cm du tablier, grâce à un vérin placé sur la culée rive droite », explique François Mathieu. Les suspentes provisoires ont ensuite été remplacées, une par une, par les suspentes définitives. La réussite de l’opération passait par un réglage fin de l’ouvrage à sa cote définitive. Celui-ci a été assuré par la mise en œuvre de neuf cibles, réparties le long de la structure et calées à leur altitude théorique, auxquelles est venue s’ajouter une cible en tête de chacun des pylônes. Ces deux éléments métalliques tronconiques de 5 t, hauts de 15 m, sont inclinés dans des directions différentes des axes de symétrie de la passerelle.

Maîtrise d’ouvrage : conseil départemental de l’Hérault.

Maîtrise d’œuvre : Profractal (conception), agence AEI (architecte).

AMO : Cerema. Bureau de contrôle : Cerema, Profractal. Coordinateur SPS : Qualiconsult. Entreprises : groupement Gagne (mandataire), Buesa, Vertical Levage Montage. Coût des travaux : 2,3 M€HT.

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