Architecture Technique Véhicules électriques

Une offre de recharge en test dans l’habitat collectif

Mots clés : Mobilier urbain

Le projet BienVEnu a posé ses premières bornes dans des immeubles franciliens.

La question de la recharge demeure l’un des principaux freins au développement des véhicules électriques. La perspective d’installer une borne dans une maison individuelle a sans doute effrayé de nombreux acheteurs potentiels. L’opération se révèle encore plus malaisée en habitat collectif, malgré le « droit à la prise ». Lancé en septembre 2015, le projet BienVEnu cherche à faciliter l’intégration de cette technologie. Un groupement de huit partenaires (1) coordonné par ERDF travaille à la conception d’une offre complète de recharge adaptée aux immeubles résidentiels. Elle comprend la pose d’un câble de connexion au réseau électrique et de deux bornes de 7 kW, la gestion de l’infrastructure par l’opérateur Park’n Plug, ainsi qu’un service de location administré par l’entreprise MOPeasy avec deux véhicules en libre accès.

Soutien financier de la région.

Les bailleurs publics et privés, ainsi que les copropriétés d’Ile-de-France, peuvent souscrire à ce service expérimental. Dix sites recevront un soutien financier de la région. Cinq ont déjà été sélectionnés. Les premières installations sont en cours dans des logements sociaux à Cergy (Val-d’Oise) et dans le XIXe arrondissement de Paris. BienVEnu sera l’occasion de tester de nombreuses innovations. Dans le domaine des équipements, l’infrastructure électrique se distingue par sa modularité. La ligne d’alimentation principale courra tout le long du parking. Les bornes viendront se greffer à cette colonne vertébrale par le biais d’un raccord à perforation d’isolant, conçu par la société Nexans. L’ajout ou le retrait d’un point de recharge nécessitera seulement quelques tours de vis. « La connexion d’une borne s’effectue ainsi à un tarif très bon marché. Nous essaierons également plusieurs configurations de raccordement entre le câble et le réseau », précise Domitille Alozy, coordonnatrice du projet pour ERDF. Le même câble tiendra aussi lieu de bus de communication. G2Mobility et Nexans, les deux fournisseurs de bornes, ont adapté leurs appareils afin qu’ils puissent émettre et recevoir des messages en courant porteur en ligne (CPL). Les échanges entre le système de contrôle et les appareils s’effectueront par ce biais.

Etaler la recharge des véhicules.

Par ailleurs, le pilotage du dispositif constitue l’un des enjeux essentiels du projet. Le laboratoire de génie électrique et électronique de Paris, sous l’étiquette CentraleSupélec, réfléchit à un logiciel de gestion dynamique de la charge. Son déclenchement et sa durée dépendraient de la demande sur le réseau électrique, du nombre de véhicules branchés et des besoins futurs de chaque conducteur. Par exemple, une voiture qui doit effectuer un long trajet le lendemain aura la priorité sur une autre qui reste au garage. « Ces algorithmes étaleront la recharge des véhicules dans le temps. La puissance à souscrire pour l’immeuble et les impacts éventuels sur le réseau seront ainsi limités », explique Domitille Alozy. Avec cet appui informatique, un abonnement de 36 kW, encore en tarif bleu, pourrait suffire à alimenter dix bornes de 7 kW.

Enfin, les deux opérateurs, MOPeasy et Park’n Plug, pourront éprouver différents modèles économiques. Outre les deux voitures fournies, les propriétaires d’un véhicule électrique pourront le mettre en location au tarif de leur choix.

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(1) ERDF, CentraleSupélec, G2Mobility, MOPeasy, Nexans, Park’n Plug, Tetragora, Trialog.

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