Territoires Toulouse

Une nouvelle dynamique pour le quartier Empalot

Au bord de la Garonne, à Toulouse (Haute-Garonne), le quartier Empalot, lié par convention à l’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru) depuis 2007, est aujourd’hui l’un des trois quartiers reconnus d’intérêt national en Midi-Pyrénées. En attendant le détail des opérations soutenues par l’Anru dans le Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU), la cité, construite sur le modèle des grands ensembles des années 1960, poursuit sa mue. Celle-ci a démarré en 2007 avec le choix, par la Ville de Toulouse, d’un groupement de maîtrise d’œuvre urbaine (Germe & Jam, Atelier Villes & Paysages, Egis France, PTV, Alphaville, Marc Pons). Cinq ans plus tard, Toulouse Métropole confiait à sa société d’économie mixte (SEM) d’aménagement Oppidea, via une concession d’une durée de quinze ans, le pilotage du projet urbain dans le cadre d’une ZAC de 31 hectares avec, en son centre, Empalot et les secteurs Daste et Calvaire. La SEM se voit confier le suivi des opérations de logements et la réalisation des espaces publics avec le parti d’améliorer les circulations internes et les connexions entre la Garonne, à l’ouest, et les faubourgs, à l’est.

« Notre travail consiste à acquérir le foncier, à le viabiliser, à consulter les opérateurs, à leur vendre le terrain. Une préoccupation importante de notre intervention est le renforcement de l’attractivité du quartier autour de la station de métro, de nouveaux commerces, services et espaces verts valorisés », précise Pierre Bodoira, chargé d’opérations à Oppidea. De son côté, la Ville de Toulouse porte les projets de réhabilitation, restructuration et construction d’équipements publics. Les collectivités prennent leur part en portant les 16 millions d’euros de déficit sur un bilan d’opération de 56 millions d’euros. Propriétaire majeur du parc social actuel (80 % des 3 600 logements recensés en 2011) et du foncier, Toulouse Habitat est un acteur essentiel du programme qui vise à démolir 1 200 logements. L’office public de l’habitat devra cependant respecter la règle imposée par l’Anru de reconstituer 30 % des logements locatifs sociaux démolis sur site et 70 % hors site.
La démolition, cet été, d’une barre de 12 étages permet de franchir une étape. A proximité du site libéré, le promoteur Gotham va commencer, à la fin de l’année, la construction d’un premier îlot mixte (conception : Espagno & Milani Architectes). Baptisé « Cœur de Garonne », l’ensemble immobilier de près de 11 000 m2 SP se compose d’un socle abritant 2 600 m2 de surfaces commerciales, dont une surface alimentaire de 1 200 m2, sur lequel seront posés 128 logements mixtes (8 700 m2). Avec la future place centrale d’environ 150 m de long et 60 m de large en vis-à-vis de la station de métro, ainsi que les deux îlots confiés à Saint-Agne Promotion et Habitat Toulouse pour créer une centaine de logements livrés à la fin 2018, il sera le futur pôle de centralité. Au sud de cet ensemble et à l’angle du futur mail est-ouest, Promologis va déposer, en juin 2016, le permis de construire de 38 logements (conception : Arua).
« Ces opérations illustrent le parti d’engager la rénovation urbaine à partir du cœur du quartier, de construire avant de démolir et de valoriser au mieux le foncier disponible », explique Marie Attard, chef de projet à la mission du Grand projet de ville de Toulouse. Ainsi, une fois ce cœur de quartier réalisé en 2018, un groupe scolaire existant sera déplacé pour le rapprocher du pôle de centralité à l’est. En parallèle, à l’ouest, des terrains sportifs existants seront déposés pour réaliser un lien avec la Garonne et y aménager deux lots constructibles (choix des opérateurs : courant 2016). Tout cela avec une logique d’îlots ouverts et correctement maillés, de résidences moyennes, de dégressivité des hauteurs en correspondance avec l’espace public.

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18 quartiers d’intérêt national dans le Grand Sud-Ouest

Toulouse accueillait, en novembre, le Forum interrégional des acteurs du renouvellement urbain. L’occasion pour Nicolas Grivel, directeur général de l’Anru, de faire le point sur le NPNRU. En Midi-Pyrénées, trois quartiers d’intérêt national ont été identifiés (à Toulouse et Auch), contre neuf en Languedoc-Roussillon (à Montpellier, Nîmes, Alès, Béziers et Perpignan), trois en Aquitaine (à Bordeaux et Pau), deux à Limoges, un à Poitiers. Les protocoles de préfiguration seront signés début 2016. Les opérations réalisées et en cours représentent en Midi-Pyrénées environ 1 milliard d’euros d’investissement (219 millions de l’Anru), environ 1 milliard aussi pour le Languedoc-Roussillon (268 millions de l’Anru), 1,34 milliard pour l’Aquitaine (157 millions de l’Anru), 178 millions en Limousin (27 millions de l’Anru) et 883 millions d’euros d’investissement en Poitou-Charentes (210 millions de l’Anru).

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