Architecture Technique Maison revisitée (6/6)

Une néobergerie les pieds dans l’eau

En Corse, la résidence secondaire d’une famille expatriée réinterprète, sur ses terres, le langage architectural local.

C’est à plus de 10 000 kilomètres de distance que Pascal a suivi le chantier de construction de sa résidence secondaire, implantée sur les terres familiales à Conca (Corse-du-Sud). Sa résidence principale – à Singapour – avait été rénovée par l’architecte Yann Follain, installé là-bas depuis 2008. Entre le maître d’ouvrage et son maître d’œuvre, des liens professionnels et amicaux se sont noués. Sur l’île de Beauté ou pour d’autres projets ailleurs, il semble « inenvisageable » au propriétaire de « travailler avec une autre agence que Wy-To ».

Les plans ont été élaborés avec Pauline Gaudry, architecte associée à Paris. Elle a rencontré la famille en Corse et supervisé les travaux sur place avec « toute la confiance » des expatriés à Singapour. Tous étaient d’accord sur l’idée d’une maison au style « vernaculaire contemporain ». « Ce n’est pas un ovni venu se poser et s’imposer là n’importe comment, mais une architecture au vocabulaire traditionnel réinterprété qui fait naturellement partie du village », indique Pauline Gaudry. Même si, « les randonneurs du GR20 sont parfois intrigués », admet-elle.

Culture locale.

Le client souhaitait « une maison en pierre, aux lignes pures et simples, proche des bergeries corses ». Les concepteurs ont proposé une bâtisse au profil familier avec sa toiture à deux pentes recouverte de tuiles. L’habitation, la piscine et le jardin arboré se succèdent de haut en bas d’un terrain pentu, à l’image des cultures locales en terrasses soutenues par des restanques. La pierre, matériau noble et cher, habille la piscine, la façade principale de la maison et les deux pignons aveugles. La façade arrière, où se situe l’entrée, demeure blanche. Les pierres, du granit de Figari, ont été taillées à la main en respectant leur géométrie initiale, puis calées entre elles. « Un travail de maçon extraordinaire », estime Pascal. « Les arêtes du bâtiment ont été particulièrement soignées pour donner l’impression d’un monolithe », souligne Pauline Gaudry. Elles dissimulent les chéneaux et les descentes d’eaux pluviales par la même occasion.

La paroi pierreuse, d’une épaisseur de 15 cm, n’est pas porteuse. Mais elle participe de l’inertie thermique globale de l’enveloppe. Les murs porteurs sont constitués de parpaings, avec isolation par l’intérieur. Les menuiseries extérieures et les persiennes sont en bois. Au cœur de la maison : une grande pièce à vivre en double hauteur, avec charpente apparente au plafond et béton ciré au sol. Cet espace équipé d’une petite cuisine dessert de part et d’autre des chambres avec salles de bains. Elles sont surmontées par deux mezzanines. Par beau temps, les occupants peuvent franchir la porte coulissante du séjour pour aller profiter de la pergola associant canisses et cadre acier. Le propriétaire se dit aujourd’hui « 100 % » satisfait de sa maison de vacances. « La réalisation est identique au projet, explique-t-il, mais en beaucoup plus beau, plus grand, plus chaleureux que nous l’avions imaginé. » Même les locataires occasionnels la trouvent « beaucoup plus belle en réel qu’en photo ».

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : privée. Maîtrise d’œuvre : Wy-To, architecte. BET : Sudetec (structure), Altern’Eco (thermique), Diag’Immo Expertises (tests d’étanchéité). Entreprises : JM Construction (gros œuvre et second œuvre), Andr Elec (électricité, plomberie), EP (ferronnerie), DT.P (paysage), Paul Sud Constructions (piscine). Surface de plancher : 113 m². Coût des travaux : 430 000 euros HT.

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