Territoires Nancy

Une métropole en mode intense

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier

Métropole depuis le 1er juillet, Nancy se range dans la catégorie « petit mais costaud ». Forte de son statut, elle veut s’affirmer à une échelle territoriale plus vaste.

Depuis le 1er juillet, le Grand Est ne compte plus une métropole, mais deux. Après l’incontestable Strasbourg, Nancy a décroché le sésame. Les autres agglomérations de la nouvelle région n’auraient guère de motif de jalousie : certes, le Grand Nancy leur est comparable en population, mais l’étendue de son « aire d’influence » et surtout sa profonde culture de l’intercommunalité fondent la légitimité de son nouveau statut. Héritier de l’un des plus anciens districts urbains, déjà doté des fonctions métropolitaines et des principaux transferts de compétences communales, il détient l’un des records de France du coefficient d’intégration fiscale, un ratio qui exprime la part de la fiscalité intercommunale dans l’imposition d’un territoire. Même la géographie y va de sa contribution : ce territoire en cuvette, fait de vallées et plateaux, rend floues les limites communales et génère des enjeux spontanément partagés, comme l’eau.

Nombreux programmes déjà en cours.

D’où le défi presque paradoxal qui se présente à la métropole : qu’apportera-t-elle de plus à ce fait intercommunal déjà si intense ? Sans compter que les grands programmes qui lui donneront corps sont déjà connus, engagés, voire en train de s’achever. Autour de la gare de centre-ville, Nancy Grand Cœur enclenche le deuxième tiers de ses 165 000 m2. Artem, réunion de l’art et de l’industrie dans l’esprit de la célèbre Ecole de Nancy, livrera l’an prochain les derniers pans de ses 243 millions d’euros. Le pôle de thermalisme et bien-être Nancy Thermal est attendu pour 50 millions d’euros en 2020 (attribution fin 2016-début 2017 du contrat de conception-construction-exploitation). Un grand technopôle Henri-Poincaré réunira dans une même approche d’aménagement Artem et le site de Brabois. En outre, le calendrier de l’urbanisme réglementaire fait coïncider l’aube de la métropole avec l’élaboration du diagnostic du premier plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) de type « 3 en 1 » – il inclut le plan de déplacements urbains et le programme local de l’habitat – en vue de son adoption au printemps 2018.

Alors, une métropole pour quoi faire ? La réponse est attendue dans le Projet métropolitain, à rédiger dans les douze mois. André Rossinot, président du Grand Nancy, le conçoit comme un guide stratégique, porteur d’une « ambition nouvelle », dont la valeur ajoutée viendra notamment de l’investissement des forces vives qu’on n’entend pas souvent (lire son interview page 31).

Projet partagé à venir.

La nouvelle métropole peut aussi être perçue comme « petite » par le nombre de ses communes : 20. Mais elle compte s’élargir, sous deux formes : classique, par l’adhésion de collectivités limitrophes ; plus originale, par un fonctionnement en mode réseau avec d’autres agglomérations ou territoires plus éloignés. Dans le premier cas, le schéma de cohérence territoriale (Scot) Sud Meurthe-et-Moselle s’impose comme l’échelle pertinente de la mobilité : « 94 % de ses habitants se déplacent à l’intérieur de son territoire et 3 déplacements sur 4 sont générés par le Grand Nancy », rappelle Pascal Taton, directeur général de l’Agence de développement et d’urbanisme de l’aire urbaine nancéienne (Aduan). Mais ses nombreuses autorités organisatrices de transport (AOT) – pas moins de 13 – devront confirmer leurs bonnes intentions de rationalisation.

Le projet métropolitain se veut également « partagé » avec la minorité de gauche qui gère six communes, dont des poids lourds comme Vandœuvre-lès-Nancy. A ce stade, cet objectif tient dans un papier, le « pacte de gouvernance » qui a abouti à attribuer à la gauche deux présidences de commission ainsi que 4 vice-présidences sur 19. Pour l’un des membres de ce quatuor, Bertrand Kling, maire de Malzéville, « ceci implique un changement de logiciel, pour la majorité par rapport à son approche passée qui était clivante… mais aussi pour nous ».

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Le Grand Nancy en chiffres

14 320 hectares dont 640 ha libres pour être urbanisés
254 074 habitants (432 788 pour l’ensemble de l’aire urbaine)
20 communes

26 % de logement social
45 800 étudiants

1 063 logements par an commencés en moyenne depuis cinq ans

32 960 m 2 Moyenne des transactions de bureaux sur cinq ans

180 900 emplois (aire urbaine), dont 6,1 % dans le secteur du BTP
140 millions d’euros d’investissements en 2016
672,6 millions d’euros de budget primitif 2016 avec les annexes

ENCADRE

Le Grand Nancy en 5 dates

12 octobre 1959 : création du district urbain.
1er janvier 1996 : transformation en communauté urbaine.
2007 : arrivée du TGV Est et lancement du projet urbain Nancy Grand Cœur.
20 novembre 2015 : vote du dossier de passage en Métropole, à l’unanimité des 20 communes.
1er juillet 2016 : naissance de la Métropole.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X